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La vie dans les grandes villes, entre usages numériques et repas traditionnels

Économie 13 janvier 2017

Travailler, manger, faire ses courses… Depuis dix ans, le quotidien des habitants des grandes villes en France a été profondément modifié, notamment sous l’impulsion du numérique. C’est ce que montre une récente étude Auchan Direct/Opinion Way. Mais les Français demeurent attachés au repas traditionnel.

Avec Internet, la vie des habitants des grandes villes a fait plus qu’évoluer. Elle a changé de manière radicale. C’est ce que montre une étude d’Auchan Direct, filiale e-commerce d’Auchan Retail France, et de l’institut OpinionWay, présentée ce 17 novembre à Paris, lors d’une conférence de presse. L’étude, intitulée « Conso, travail, loisirs : la prise de pouvoir d’Internet sur le quotidien des urbains », a été menée auprès d’un échantillon de 1 028 personnes représentatives de la population française, dans les métropoles parisienne, lilloise, lyonnaise et d’Aix-Marseille Provence. En dix ans, le mode de vie des Français qui habitent dans de grandes métropoles a considérablement évolué. C’est le premier constat « massif » de l’étude, démarre Frédéric Micheau, directeur du Département Opinion d’Opinion Way. En effet, 93 % des personnes interrogées déclarent avoir le sentiment que leur mode de vie a changé. Plus de la moitié estime même qu’il a beaucoup évolué. Et ce résultat concerne l’ensemble des métropoles, hommes et femmes. L’un des marqueurs de ces changements de vie réside dans l’évolution du temps passé à effectuer les diverses tâches du quotidien. Ainsi, « le temps passé sur internet a explosé depuis dix ans », explique Frédéric Micheau. Près des trois quarts du panel jugent que ce temps-là a augmenté. A contrario, pour beaucoup d’individus, le temps consacré à d’autres activités a diminué : 41 % des personnes expliquent que le temps qu’elles consacrent aux loisirs est en baisse. Autres activités qui suivent la même tendance : la lecture, le sport, le temps passé avec les amis, ou encore, le sommeil. En revanche, d’autres activités sont restées « relativement stables », commente Frédéric Micheau. C’est le cas des repas, du travail, des trajets quotidiens ou encore des tâches ménagères et des courses alimentaires : 39 % des Français estiment que le temps qu’ils consacrent à ces dernières demeure inchangé.


Qu’est ce qu’on met dans l’assiette ?

Autre type d’évolution comportementale sondée par l’étude, celle qui concerne l’alimentation, qu’il s’agisse des produits choisis, du processus d’achat, ou de la manière dont se déroulent les repas. Pour ces derniers, les évolutions sont relativement lentes. Au contraire, souligne Sophie Chevallier, anthropologue et chercheuse à l’Université de Picardie Jules Vernes, qui intervenait en complément de la présentation de l’étude, on constate une « permanence de certaines pratiques ». Ainsi, les horaires des repas ont peu changé, mais surtout, « le temps consacré aux activités culinaires a peu évolué depuis 50 ans », constate la chercheuse. Il est passé de 95 minutes, par jour, en 1970 à 96 minutes, en 2000. Une spécificité française : dans les pays anglo-saxons, ce temps est bien plus réduit (42 minutes aux États-Unis). D’après l’étude d’Opinionway, 83 % des habitants des grandes métropoles préparent leurs repas et la moitié d’entre eux le font avec des produits frais. A contrario, 1 % seulement consomme des plats frais du traiteur ou livrés par les restaurants.

Quant au contenu même de l’assiette, « beaucoup de phénomènes concomitants se conjuguent dans l’évolution de la consommation des produits alimentaires », synthétise Frédéric Micheau. De fait, dans leurs choix, les consommateurs tiennent compte d’une pluralité de critères, le pouvoir d’achat n’étant pas des moindres. Ainsi, 50 % des consommateurs déclarent acheter plus de produits en promotion qu’il y a dix ans. Sur la même période, ils sont 37 % à acheter davantage de produits des marques distributeurs et un quart, plus de produits hard discount. Reste qu’au-delà du prix, d’autres tendances se sont déjà installées dans la consommation, comme l’attrait pour les produits « made in France » et les produits régionaux, et, surtout, pour les produits bio. Concernant ces derniers, 43 % des personnes interrogées déclarent en acheter plus qu’il y a dix ans. Par ailleurs, l’étude fait apparaître « des types de consommation encore émergents », poursuit Frédéric Micheau. C’est le cas des produits végétariens, Vegan et communautaires (halal ou casher).


Pour l’alimentation, Internet ne passe pas (encore ?)

La manière dont les habitants des grandes villes s’approvisionnent en nourriture est également variée. Tout d’abord, ils se répartissent de manière assez équitable entre ceux pour qui les courses constituent une corvée destinée à reconstituer un stock de produits indispensables (53 %) et ceux pour qui elles représentent un plaisir, permettant de varier les goûts et tester de nouveaux produits (46 %). Aux deux extrémités, les plus jeunes et plus âgés, retirés de la vie active, ont une vision plus positive de cette activité.

Mais pour tous, le lieu d’achat compte : il figure en troisième position, parmi les critères de confiance évoqués pour l’achat des produits alimentaires. La grande distribution arrive en tête des lieux de vente, citée par 22 % de l’échantillon, suivie par le marché (19 %), les commerces de proximité (14 %), et, très loin derrière, Internet (3 %), phénomène encore « émergent », constate Frédéric Micheau. Un critère de confiance qui se traduit dans les faits : les sondés déclarent se rendre 11,9 fois par mois chez leur boulanger, 5,8 fois par mois en grande surface et 4,9 fois chez leur marchand de légumes et fruits, ainsi qu’à la supérette. Le marché suit, fréquenté 3,9 fois, par mois. Quant à la livraison à domicile, elle reste utilisée de manière très limitée : les habitants des grandes villes déclarent se faire livrer 0,7 fois par mois des produits de restauration rapide, comme la pizza ou les sushis. Les nouveaux services comme Deliveroo et Foodora, qui proposent des plats préparés par des restaurateurs, émergent, avec une livraison de 0,2 fois par mois, d’après les personnes sondées.

 

Anne d’Aubrée

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