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Les forêts, au-delà de la « valeur refuge »

Économie 7 juillet 2017

Avec une hausse modérée en 2016, le prix des forêts reflète la baisse des taux d’intérêt et sa fonction de « valeur refuge ». Les professionnels du secteur espèrent faire du bien forestier un investissement d’avenir.

Le prix des forêts va-t-il baisser en 2017 ? C’est possible. Pour le moment, selon les derniers chiffres disponibles, ceux de 2016, le marché est toujours haussier, + 2,1 % l’année dernière. Mais cette tendance s’expliquait jusque là, entre autres, par le caractère de « valeur refuge » de ces biens, dans une période où dominaient « les incertitudes politiques », affirme Jean-Pierre Mesnil, expert forestier. Le processus électoral étant passé, les incertitudes politiques semblent s’éloigner et la forêt pourrait perdre son statut de « valeur refuge ».

En attendant, pour 2016, le prix moyen de l’hectare de forêt est passé de 4 020 euros à 4 100 euros. Ces chiffres, basés sur les données des notaires transmises aux Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer), sont issus de l’indicateur 2017 du marché des forêts en France, publié par la Société forestière, un organisme dépendant de la Caisse des dépôts et consignations, et la Fédération nationale des Safer. La hausse est similaire à celle des années précédentes, mais inférieure à celle des années 2010 et 2011.

Le bien immobilier qu’est la forêt obéit au temps long. « Lorsqu’on plante un chêne, on le récolte cinq générations après, au bout de 150 ans », aime rappeler Jean-Pierre Mesnil. C’est donc en décennies, non en années, qu’il convient d’apprécier l’évolution du marché. En euros constants, le prix des forêts non bâties a connu une forte hausse de 1970 au début des années 1980, avant de retomber progressivement jusqu’à un creux enregistré en 1998. Ensuite, le prix s’est lentement élevé, jusqu’à un petit pic en 2008, avant de retomber, puis de connaître ces dernières années cette hausse modérée. Mais, le record de 1981, près de 6 500 euros l’hectare (euros de 2017), n’a jamais été battu.

2016, donc, « année haussière », comme dit Gilles Seigle, PDG de la Société forestière, se manifeste dans pratiquement toutes les régions forestières, telles que définies par l’Institut géographique national, sauf dans l’Ouest. Le « Nord et Bassin parisien », une vaste zone qui court des Flandres à la Sologne et du Perche à l’Argonne, enregistre traditionnellement le prix moyen à l’hectare le plus élevé, plus de 6 000 euros. Dans le Sud-ouest, des Landes au Tarn, et le Massif central, comprenant le Morvan et la Montagne noire, le prix moyen ne dépasse pas 2 500 euros, quoique en hausse régulière.

Une grande diversité de biens

Mais ces données cachent une grande diversité de biens comme de prix. « Aucune forêt ne se ressemble, un bien dans les Causses et une forêt de chênes dans le Cher ne présentent pas la même valeur », souligne Jean-Pierre Mesnil. Un bois familial, bâti, voué aux loisirs, acquis par un propriétaire des environs, et une forêt de plus de 100 hectares, placement financier effectué par un investisseur, présentent peu de points communs. Les petites parcelles, inférieures à un hectare, représentent 86 % des biens échangés en 2016, mais 32 % des surfaces et 50 % de leur valeur. À l’inverse, les plus grandes forêts représentent seulement 1 % des transactions, mais concentrent 26 % des surfaces échangées et 22 % de leur valeur.

En 2016, le nombre de transactions a davantage progressé que les prix. Les notaires en ont enregistré 17 500, soit 9,1 % de plus que l’année précédente, pour une surface totale de 120 000 hectares. L’indicateur 2017 distingue plusieurs catégories d’acteurs sur le marché. Les personnes physiques, qui représentent 85 % des propriétaires de forêts (et 71 % de la valeur), se composent de trois catégories, selon qu’ils exercent la profession d’agriculteur ou non, ou qu’il s’agit d’indivisions. Les personnes morales sont également de deux types, agricoles comme les groupements forestiers, ou non agricoles tels les banques, assureurs et autres investisseurs. Cette dernière catégorie, qui détient 4 % des forêts et 14 % de sa valeur, est très active sur le marché, aussi bien en achats qu’en ventes. « Réunies, les acquisitions des personnes morales privées atteignent 43 300 hectares, un niveau élevé, comparable à celui des années précédant la crise » de 2008, peut-on lire dans l’indicateur 2017. L’activité de ces institutions porte en particulier sur les grandes forêts, celles de plus de 100 hectares, un secteur pour lequel elles réalisent 42 % des ventes et 70 % des acquisitions.

La stratégie des propriétaires privés n’obéit pas aux mêmes impératifs. Leur investissement vise « un usage de loisirs, la chasse, le bois de chauffage », énumère Loïc Jegouzo, ingénieur à la FNSafer. Il s’agit en outre d’un marché local : pour les biens inférieurs à 4 hectares, plus de la moitié des propriétaires vivent dans la commune ou le canton.

La FnSafer et la Société forestière misent moins sur ces « investissements d’agrément », comme les nomme Jean-Pierre Mesnil, que sur les débouchés industriels. Les bois de chêne et de douglas, un grand pin que l’on trouve aussi aux États-Unis, dans l’Oregon, se vendent notamment grâce à l’activité de tonnellerie, nécessaire au marché des grands crus. Gilles Seigle plaide pour sa part pour « la filière bois », l’industrie et la construction en bois, priorité des régions, proclamées « territoires à énergie positive ». Un investissement d’avenir, bien au-delà de la seule « valeur refuge ».

Olivier RAZEMON

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