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Les insectes et autres nuisibles : un business florissant

Micro-économie 7 juillet 2017

Rats, frelons asiatiques et autres nuisibles prolifèrent, porteurs de maladies et dans certains cas, cause  de chute de revenus pour certains agents économiques. Mais pas pour les professionnels de l’élimination de ces animaux, essentiellement des TPE, dont l’activité est florissante.

« Sous les ors de la République, il peut y en avoir ». Ce sont les punaises de lit qu’évoque Stéphane Bras, porte-parole de la CS3D, Chambre syndicale des industries de dératisation, désinsectisation et désinfection, fondé en 1946 et qui représente 80 % de la profession. Le 6 juin, à Paris, à l’occasion de la journée mondiale de « prévention des nuisibles », l’organisme dressait un état des lieux de la situation des nuisibles en France et de la profession. Les deux sont florissants.

Aujourd’hui, deux types différents de nuisibles prospèrent : ceux historiquement installés, comme les rats, et de nouvelles espèces, invasives, à l’image des frelons asiatiques et des moustiques tigres. Sans parler des insectes qui connaissent un regain de vitalité : la punaise de lit, qui avait plus ou moins disparu en France il y a 50 ans, refait surface. Or, leur prolifération est lourde en conséquences multiples qui se cumulent parfois : économiques, de santé publique, de protection de l’environnement ou encore de mise en danger de la biodiversité. Ainsi, 10 à 15 % des pertes de la nourriture mondiale seraient le fait des rongeurs, d’après le syndicat. Et une trentaine de maladies sont susceptibles d’être transmises à l’homme par certains animaux, parmi lesquels les moustiques tigres ou le rat. Ces derniers répandent des germes, comme des streptocoques, lesquels, touchés ou ingérés par l’homme, peuvent provoquer des pathologies.

Et si le frelon asiatique ne cause pas de problèmes de santé, la prolifération de cette espèce probablement venue de Chine met en danger la biodiversité et l’activité économique de certains secteurs. Depuis son arrivée en 2004, cet insecte continue de se répandre à travers toute l’Europe : il n’y craint quasiment aucun prédateur, homme mis à part. Résultat, il cause de multiples dégâts : « le secteur apicole est très touché car l’abeille est l’une de ses proies », explique Éric Darrouzet, spécialiste des insectes à l’Université de Tours. L’existence des abeilles est menacée, ainsi que les revenus des apiculteurs. Tout comme ceux des commerçants sur les marchés : quand les frelons asiatiques, en quête de sucre et de protéines, fondent sur les étals, ce sont les clients qui prennent la fuite…

Une affaire de TPE

Au total, c’est une cinquantaine d’insectes que traquent les professionnels de la CS3D. Et si les rongeurs font l’objet de près de la moitié de leurs interventions, punaises de lit et chenilles processionnaires les occupent de plus en plus. En 2013, ces professionnels ont réalisé 2,7 millions d’interventions. Deux ans plus tard, 4,2 millions, auprès de 3 millions de sites. Les principaux concernés sont les exploitations agricoles (26,2 % des sites), suivies des habitats collectifs et individuels (18,2 %) et des cafés-bars-restaurants (18 %). Viennent ensuite les commerces (10,6 %), les industries agroalimentaires, le tertiaire et les établissements de santé.

Au total, le secteur connaît un véritable boom : après une croissance de 30 % entre 2011 et 2013, en 2016, il représente un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros, répartis entre quelque 1 200 entreprises. La quasi-totalité d’entre elles sont des très petites entreprises de moins de 9 salariés, qui comptent 5 500 salariés opérationnels sur le terrain. L’arrêté du 9 octobre 2013 leur impose d’être détenteurs d’un certificat d’aptitude, certibiocide. Ce dernier les autorise à utiliser les produits biocides dotés d’une fiche de sécurité.

Partant, le métier se transforme, insiste la CS3D, qui tient à se débarrasser de son image traditionnelle de « killeur », pour promouvoir une démarche de « management du risque nuisible », laquelle comporte la pose d’un diagnostic et l’utilisation d’autres outils que les biocides. Comme pour les rats, qui prolifèrent aujourd’hui dans les parcs et jardins publics, lesquels regorgent d’eau, de nourriture et de terre, ressources utiles à sa survie, au moment où les contraintes de santé publique limitent l’utilisation de produits chimiques traditionnellement utilisés pour éliminer ces rongeurs. D’où, la recherche de nouvelles stratégies : « On peut par exemple limiter l’accès à la nourriture pour les diriger vers des appâts et les tuer », illustre Jean Michaud, vétérinaire. « Certaines situations se règlent sans produits chimiques, ou en associant une solution mécanique et des produits chimiques », ajoute Stéphane Bras. Les professionnels de l’hôtellerie sont ainsi formés à détecter et reconnaître les punaises de lit et informés de méthodes pour en éviter la prolifération : notamment, laver les draps à 60 degrés…

Anne d’AUBREE

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