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Les Echos Judiciaires du 18 mai 2012
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«Cadavres à la pelle»

John Landis, réalisateur du film : « Il s’agit d’une comédie macabre et très divertissante.»

 Au début du 19ème siècle, à Edimbourg, haut-lieu européen de la médecine, deux sommités rivales, le Dr Knox et le Dr Monroe, ne trouvent pas facilement les morts nécessaires à leurs cours de dissection. Alors que les pilleurs de tombes ne leur apportent que du deuxième choix, deux jeunes immigrés irlandais, arnaqueurs à la petite semaine, William Burke et William Hare, se chargent de leur fournir du cadavre bien frais et, face à une demande en hausse constante, aident parfois les vivants à mourir. Mais un modeste et pittoresque capitaine de police va perturber leur lucratif petit commerce. John Landis, réalisateur américain d’œuvres délirantes comme « Un Fauteuil pour deux » et « Blues Brothers », mais aussi du « Loup-garou de Londres », part d’une histoire vraie. Il explique comment elle a été renforcée et améliorée pour devenir un divertissement macabre jubilatoire. « Deux autres films peu connus « Le Récupérateur de cadavres » et « Le docteur et les assassins » ont exploité dans le genre horreur ce sujet dont on a peine à croire l’authenticité. Pour moi, il y avait matière à comédie macabre avec un ton d’humour noir britannique. Or, j’avais envie de quitter un peu Hollywood et de travailler en Angleterre, avec des scénaristes et des acteurs anglais. Ils m’ont permis de mettre au point ce mélange sombre, effrayant, absurde et burlesque que, je l’espère, les spectateurs apprécieront ».

Assassins presque romantiques

Alors que Burke et Hare étaient d’affreux voyous, « Cadavres à la pelle » les transforment en Laurel et Hardy ingénus et presque romantiques désirant améliorer le sort de leurs compagnes. Il ajoute la version féminine d’un drame de Shakespeare montée par une troupe de prostituées et la chronique d’une époque vue sous un angle distrayant sans éviter le réalisme des situations. On se rapproche de « La Famille Adams », « Délicatessen », « C’est arrivé près de chez vous » et autres classiques du genre. « Mes scénaristes, poursuit John Landis, m’ont fait visiter les hauts-lieux et repaires de la vie de Burke et Hare dans une attraction touristique qui leur est consacrée à Edimbourg, à l’époque capitale mondiale de la médecine. Mes producteurs, les studios Ealing, sont ceux de « Noblesse oblige » ou « Ladykillers », histoires très amusantes de tueurs et tueuses, mais de fiction. A la vérité historique, nous avons ajouté des éléments romancés, inventé des personnages. « Le loup-garou de Londres » était un film d’épouvante avec de l’humour. « Cadavres à la pelle » est un film drôle avec quelques moments effrayants. » Cette fois, John Landis n’a travaillé qu’avec des acteurs anglais venus du cinéma, du théâtre, de la télévision. Il explique le choix de Simon Pegg et Andy Serkis pour composer le jovial tandem Burke et Hare : « Je suis un grand fan de Simon Pegg, un spécialiste des one man show comiques qui vient de tourner dans « Les aventures de Tintin » de Steven Spielberg. Mon film fait découvrir un Simon Pegg plus doux que d’habitude. Andy Serkis a joué des rôles dramatiques dans des gros films de science-fiction. Celui de William Hare le rend charmant. Je crois que l’association de deux talents aussi différents a donné un bon résultat. » Jessica Haynes et Isla Fisher jouent leurs compagnes avec beaucoup de fantaisie. Le capitaine têtu est campé avec truculence par l’acteur le plus populaire d’Ecosse, Ronnie Corbett.  Dans de petits rôles apparaissent Christopher Lee, Paul Whitehouse, Costa Gavras, amis du réalisateur qui termine en évoquant le tournage : « Il a eu lieu pendant un hiver terrible au Royaume-Uni, sous des pluies battantes, dans la grisaille ou la neige et les images apportent ainsi au film un climat très particulier de réalisme et de fantastique. Pour le confirmer apparaît le vrai William Burke, ou tout au moins son squelette prêté par le musée. »


R. Q.



© Les Echos Judiciaires Girondins - Journal N° 5795 du 22/07/2011. Tout droit révervé.

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