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Les Echos Judiciaires du 19 décembre 2014
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Billet d’humeur : L’imagination créatrice

«Un week-end mortel! Je me suis ennuyé à mourir; c’est le cas de le dire!

J’étais invité par des amis dans leur bicoque perdue au fin fond de la campagne. Pas de radio, pas de télé, pas même un bon bouquin à me mettre sous la dent.

Ces 3 jours m’ont paru une éternité.»

Sébastien nous relate ainsi sa récente fin de semaine.

Jean, qui a de l’amitié pour lui, s’étonne :

«Mon cher Sébastien,

Je ne te comprends pas.

Blaise Pascal faisait déjà remarquer, il y a près de quatre siècles, que la vie de l’Homme est misérablement courte,

Plus tu avanceras en âge, plus tu seras conscient de cette vérité.

Aussi, le temps étant une denrée rare, donc précieuse, c’est péché que de le gaspiller. La formule populaire «tuer son temps» le reconnaît implicitement puisqu’elle qualifie de meurtre son mauvais usage.

Or, y a-t-il pire gaspillage de temps que l’ennui?

Certainement pas, d’autant plus qu’il existe un outil pour le combattre : L’imagination créatrice.

C’est sur la pointe des pieds que j’aborde le sujet, tellement le risque est grand de se faire taxer de suffisance ou d’arrogance au seul énoncé de ces deux mots : L’imagination créatrice.

C’est stupide car nous en sommes tous pourvus, peu ou prou.

Bien sûr, Dame nature, capricieuse comme elle est, ne nous a pas dotés uniformément de cette imagination créatrice. C’est un peu comme pour la musique.

Certains sont nés avec une excellente «oreille» et peuvent devenir de remarquables musiciens.

D’autres comme moi, n’ont qu’un piètre don en la matière. Ils ne chanteront jamais juste. Mais peu importe! Lorsqu’ils sont seuls et qu’ils ne dérangent donc personne, rien ne les empêche d’entonner à pleine voix leurs refrains favoris.

Mais revenons à l’ennui qui n’est pas un trouble physique, mais mental.

C’est donc par l’esprit qu’on en vient à bout et son outil est cette imagination créatrice.

Voyons comment elle fonctionne et l’usage qu’on peut en faire.

L’imagination créatrice est souvent paresseuse et a donc, plus souvent qu’à son tour, besoin, pour se mettre en route, d’un salutaire coup de pied au c.., sous la forme d’un point de départ, qui peut être l’article qu’on vient de lire, l’incident dont on a été témoin, etc. Il faut ensuite que les choses vues ou entendues ne s’arrêtent pas à notre vue et notre ouïe, mais s’acheminent jusqu’à la partie du cerveau apte à l’exploiter.

Bien sûr, nous ne sommes pas pareillement doués. Le peintre et le sculpteur de génie verront, dans le sujet qu’ils ont sous les yeux, des aspects invisibles au profane, donc que vous et moi ne décelons donc pas.

Nous n’en devenons conscients qu’à la vue de l’œuvre achevée. Ces génies voient au-delà de l’apparence.

Croyez-vous que Newton, sans son imagination créatrice, aurait découvert la loi d’Attraction Universelle ?

Des centaines de millions de gens, avant lui, avaient vu des pommes tomber de leur pommier, sans que ce spectacle, ô combien banal, ne déclenche une réflexion aboutissant à une «découverte» majeure.

L’imagination créatrice, dont nous sommes pourvus, peut aller plus loin, en démarrant ex-nihilo, sans qu’un événement extérieur ou une lecture fasse office de déclic.

J’en ai fait, mon cher Sébastien, l’expérience bien involontaire.

Je n’ai, certes, pas fait, à cette occasion, de découverte ni créer la moindre œuvre. Mais, grâce à elle, j’ai survécu en gardant intact le peu de facultés intellectuelles que je peux avoir et j’ai surmonté l’ennui qui, à haute dose, est une arme redoutable. Les anciens le savaient bien : En enfermant leurs ennemis dans un cul de basse-fosse, sans lumière, sans personne à qui parler, sans rien à lire ni à voir, ils les détruisaient.

Les hasards de la vie ont fait que je me suis trouvé, dans notre bonne vieille ville de Besançon, mis au secret, seul, dans une cellule qui prenait l’air et un peu de lumière par un vasistas hors de portée, sans, bien entendu, rien à lire, avec un geôlier qui m’apportait ma pitance trois fois par jour, mais sans jamais ouvrir la bouche. Je ne savais pas si j’étais là pour des semaines ou pour l’éternité.

Compter les jours ne sert à rien dans ce cas. Chaque instant risque d’avoir un relent d’éternité quand on ignore totalement la date de sortie ou même s’il y aura une sortie.

C’est là que j’ai compris qu’il fallait faire appel à la «folle du logis», à l’imagination créatrice, en se passant des déclics extérieurs, des «points de départ» qui faisaient défaut. Chacun a sa folle du logis, tapie quelque part dans sa tête, prête à bondir.

Il faut, sans tarder, s’imposer un emploi du temps et une discipline. Les seules activités possibles étant intellectuelles, il est nécessaire de les organiser en faisant appel à sa mémoire, vu l’impossibilité de coucher ses réflexions par écrit.

Mon séjour a duré quelques mois.

Ne me plains surtout pas. Tu serais ridicule. Compte tenu des raisons pour lesquelles je me trouvais entre ces quatre murs, c’était, de loin, ce qui pouvait m’arriver de mieux.

Cette petite expérience m’a permis de me rendre compte que vivre en liberté est un luxe qu’il faut savourer. On n’apprécie vraiment les choses que lorsqu’on en a été privé.

Tout cela, mon cher Sébastien, pour te dire que tes lamentations à propos de l’ennui mortel que tu as connu, le week-end dernier, ne sont pas de mise.

Même si ton imagination créatrice n’est pas bien dotée d’une génération spontanée, même si elle ne démarre pas au quart de tour, même si elle a besoin qu’on lui donne un petit coup de manivelle, tu ne devrais pas connaître de problème. Tes souvenirs te fourniront plus de points de départ que tu n’en as besoin.

L’ennui naquit un jour de l’uniformité. Ton imagination créatrice est là pour te fournir la diversité.


Le Papyravien



© Les Echos Judiciaires Girondins - Journal N° 5601 du 11/09/2009. Tout droit révervé.

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