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Hilary Swank incarne une pionnière de l’aviation dans ce film de Mira Nair.
1928 à New York. Une jeune campagnarde, fascinée par Charles Lindbergh, veut traverser l’Atlantique en avion. L’éditeur de l’aviateur, sentant la bonne affaire, lui propose de raconter ses impressions de… passagère dans un livre.
Cela ne suffit pas à Amelia Earhart qui remue ensuite ciel et terre pour organiser sa propre expédition. Mariée à son mécène, elle devient une icône de la femme moderne, traverse l’Atlantique puis le Pacifique et, en 1937, tente un tour du monde fatal.Mira Nair, auteur de «Salaam Bombay !», est une réalisatrice très engagée tant au cinéma que dans ses activités associatives. Il était naturel qu’elle soit fascinée par cette pionnière de l’aviation, surnommée «Miss Lindy» car elle s’est montrée aussi téméraire que Lindbergh.
«Je suis née dans une petite ville en Inde et Amelia dans une petite ville du Kansas, dit Mira Nair. J’ai donc été touchée par son désir de découvrir le monde et je m’y suis retrouvée. Je voulais que ce film soit un portrait vivant de cette femme qui a osé entreprendre des choses qui semblaient impossibles. Première véritable célébrité de l’époque moderne, Amelia a vécu intensément sans jamais étouffer ses émotions. Elle était heureuse dans le ciel, mais elle avait en même temps les pieds sur terre. Elle a mis sa notoriété au profit de combats comme le droit des femmes. Elle a toujours essayé de concilier vie sociale et individualité. C’est ce que beaucoup de femmes d’aujourd’hui pratiquent chaque jour. » Alors qu’elle entamait la dernière étape de son tour du monde, Amelia Earheart disparut dans l’Océan Pacifique le 2 juillet 1937, sans laisser de traces. Plusieurs hypothèses furent émises sur ce mystère, y compris une attaque des Japonais. «Les Américains suivaient avec passion toutes ses expéditions et sa disparition mit tout le pays en émoi, dit le producteur Ted Waitt. Elle avait traversé l’Atlantique et le Pacifique en solitaire, elle avait battu de nombreux records, elle avait piloté des prototypes. D’une certaine façon, on la pensait invulnérable comme une super-héroïne et les gens n’ont pas voulu croire à l’hypothèse la plus tangible, qui est celle d’un crash. Elle devait atterrir sur une minuscule île pour refaire le plein de carburant, la météo était mauvaise, sa radio ne fonctionnait plus et pour alléger l’avion, elle s’était débarrassée de plusieurs instruments de communication qu’elle pensait inutiles. Elle n’a pas pu trouver l’île et est tombée en panne. Le Président Roosevelt lança une dizaine de navires et une cinquantaine d’avions pour la retrouver, durant quatre mois, mais aucune trace de son appareil ne fut détectée. Elle n’a été déclarée morte que le 5 janvier 1939, officiellement à l’âge de 41 ans. » Le choix d’Hilary Swank pour incarner l’héroïne s’imposait puisqu’elle ressemble comme une jumelle à la vraie Amelia, que l’on voit dans des images d’archives. Comme dans «Boys Don’t Cry» et «Million Dollar Baby» qui lui ont valu deux Oscars, l’actrice s’impose facilement dans ce rôle de casse-cou. «Pour moi, dit-elle, le défi était surtout de rester fidèle à ce qu’elle a été. Elle avait une qualité que j’aime beaucoup : le courage de suivre son cœur, quelles que soient les difficultés, surtout dans un monde d’hommes. Le film montre qu’elle a vécu sa vie comme elle l’a voulu. Elle pensait qu’il fallait s’amuser, faire ce qu’on aime et aider les autres, et c’est ce qui lui a permis d’accomplir tant de choses. J’espère que les gens seront autant inspirés par Amelia que je l’ai été moi-même. Je pense que toutes les femmes doivent la remercier de nous avoir montré que nous pouvions nous aussi réaliser nos rêves. »
Richard Gere interprète George Putnam, le mari, et Ewan McGregor incarne Gene Vidal, constructeur d’avions qui fut peut-être l’amant de l’aviatrice.
« Le grand public connaissait l’aviatrice, mais peu la femme, ajoute Mira Nair. Grâce à des documents d’archives, j’ai découvert qu’elle avait aussi été une grande amoureuse. Putnam, qui a en quelque sorte créé les relations publiques, a lancé sa carrière, mais leur mariage n’était pas que du bizness. Elle s’est rapprochée de Gene Vidal car il comprenait mieux que son mari sa soif d’aventure. Elle voulait voler pour se libérer des contraintes sociales. Elle voulait voir le monde d’en haut. »
Marie-Dominique VANÇON
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