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Les Schtroumpfs font leur entrée au grand écran à New-York.
Chassés de leur village par le méchant sorcier Gargamel, six Schtroumpfs (le chef, le maladroit, le Schtroumpf à lunettes, le grognon, le courageux et la Schtroumpfette) traversent un portail magique et se retrouvent à New-York. Perdus dans la grande ville, ils se réfugient chez un jeune couple, dont la femme attend un enfant et le mari, cadre d’une grande société de cosmétiques, est menacé de licenciement par une patronne capricieuse. Les êtres minuscules vont bouleverser le cours des choses…
Après «Scooby-Doo» et «Le Chihuahua de Beverly Hills», Raja Gosnell réalise un rêve qui obsède le producteur Jordan Kerner depuis trente ans : «J’en parlais à chaque occasion, dit-il, et cela donna lieu à une série TV de 256 épisodes, diffusés en huit saisons, mais je n’étais pas encore satisfait. Je pensais que les Schtroumpfs méritaient un long métrage de cinéma, car ils représentent un phénomène mondial. Dans n’importe quel pays, les gens connaissent les Schtroumpfs, ces petits êtres bleus adorables qui vivent dans des champignons. Il était incroyable qu’aucun film ne leur ait jamais été consacré. » De fait, le peuple miniature créé par le dessinateur belge Peyo en 1958 a traversé les frontières et les générations sans faiblir. Leur succès fut immédiat et ils s’imposèrent en un demi-siècle comme une référence de l’imaginaire collectif, leur nom passant même dans le langage courant. L’auteur a publié seize albums et son fils Thierry Culliford a pris le relais à sa mort en 1992. 300 millions de figurines et peluches ont été vendues dans le monde, ils ont été les mascottes d’un parc à thème en Lorraine et plusieurs villages d’attractions au Canada et aux Etats-Unis ont leur «quartier Schtroumpfs». Des livres, des disques, des jeux vidéo et même des bonbons portent leur nom. Véronique Culliford, fille de Peyo, est chargée de l’héritage de son père. Elle n’avait jusqu’à présent pas été intéressée par les projets que les cinéastes lui proposaient, mais elle a été tout de suite séduite par celui de Raja Gosnell : «Enfin, dit-elle, j’ai rencontré quelqu’un qui avait la même conception que nous sur le film que nous voulions faire. C’était important pour moi car je suis née en 1958, l’année où mon père créa ces personnages. Ils font partie de ma vie depuis toujours, j’ai grandi avec eux et lorsque je rentrais de l’école, je découvrais le nouveau travail de mon père. Chez nous, il y avait des Schtroumpfs partout, je trouvais normal d’être entourée de Schtroumpfs ! Ils ont un attrait universel car ils se ressemblent, mais chacun est unique. Tout le monde peut se reconnaître dans l’un d’entre eux. Leurs histoires sont toujours aussi populaires à travers les générations parce que les gens ne changent pas. Nous pouvons nous adapter aux nouvelles technologies mais au fond, nous restons ce que nous sommes. »
Alors que les séries TV les cantonnaient dans leur village, ils quittent leur milieu naturel dans ce film pour se retrouver dans un univers aux antipodes du leur, la mégapole new-yorkaise : « Le public de cinéma est exigeant, il ne fallait pas recopier ce qui avait déjà été fait à la télévision, dit Raja Gosnell. L’idée de leur faire découvrir un monde inconnu m’a semblé le bon moyen de leur faire vivre des aventures inédites. Ils sont un peu désorientés au début, mais ils s’adaptent très vite à la ville. Comme ils sont petits, ils voyagent sur le dos de pigeons, ils comprennent comment fonctionnent les humains et les machines, ils ne se sentent pas en état d’infériorité. Leur population peut être assimilée à une nation, avec ses codes et ses coutumes. Ils s’avèrent plus malins que les Américains puisque leur culture représente la quintessence de l’humanité. Ils soulignent l’importance de la famille et de la coopération, ce qui va aider le couple en pleine crise chez qui ils atterrissent. »
Grâce à une technique impeccable, les personnages animés se fondent bien avec les vrais acteurs, Neil Patrick Harris et Jayma Mays les jeunes mariés, Hank Azaria le méchant Gargamel, flanqué de son maléfique Azraël, chat réel légèrement modifié par ordinateur. Le très jeune public rira des gaffes du Schtroumpf maladroit, des déboires de Gargamel et du ton pipi-caca-vomi omniprésent. Les autres s’amuseront de voir les Schtroumpfs découvrir, dans une bibliothèque, leurs origines en feuilletant l’œuvre complète en BD de leur «papa» Peyo !
Marie-Dominique VANÇON
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