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Kenneth Branagh réunit les Vikings, les super-héros Marvel et Shakespeare…
Au royaume d’Asgard, Thor est un guerrier aussi puissant qu’arrogant dont les actes téméraires déclenchent une guerre ancestrale. Banni et envoyé sur Terre par son père Odin, il est condamné à vivre parmi les humains. Pour retrouver ses pouvoirs, il devra apprendre à se comporter comme un véritable héros… Kenneth Branagh n’était pas attendu à la réalisation d’un film adapté d’un comic book et pourtant avec «Thor», il réussit à tirer le meilleur parti de cette aventure de super-héros inspirée par la célèbre légende scandinave. Les séquences se passant dans le monde céleste sont grandioses, portées par des effets spéciaux et des décors impressionnants, évoquant l’univers des drames shakespeariens chers au cinéaste. «Je suis né à Belfast et j’y ai passé mes premières années, dit Kenneth Branagh. Il pleut très souvent en Irlande, et je m’évadais de la grisaille en lisant des comic books, dont les couvertures colorées m’attiraient dans les boutiques. Ce n’est pas du tout un domaine inconnu pour moi, Shakespeare est entré bien plus tard dans ma vie. Dès le départ, Thor a été mon personnage préféré, j’aimais les qualités fondamentales des albums : le rapport à un monde antique, la beauté des armes, l’aspect monumental de la calligraphie et de la force physique du protagoniste. Le génie de l’association de Marvel et de la mythologie viking est que les créateurs de la série ont compris que c’est la dimension humaine au cœur du récit d’aventures qui en construit le ciment. »
Dans le fabuleux palais rouge et or, sur le pont arc-en-ciel ou dans les angoissants paysages du désert de glace, les personnages s’affrontent d’une façon théâtrale. On retrouve le Roi Lear dans le personnage d’Odin, Hamlet dans le fougueux Thor et Othello dans le jaloux frère Loki. L’impression est renforcée par l’interprétation d’Anthony Hopkins, qui règne avec sagesse sur Asgard et doit choisir celui qui lui succèdera.« Pendant la préparation du film, ajoute Kenneth Branagh, des livres d’architecture s’empilaient sur ma table de chevet. J’ai confié la création des décors à Bo Welch, lauréat de quatre Oscars, car je savais qu’il pouvait faire circuler les spectateurs non initiés avec fluidité entre les trois dimensions : Asgard, Jotunheim et la Terre. Pour les effets visuels, je tiens à saluer le talent de la société française BUF, qui s’était déjà brillamment distinguée dans «Avatar». Les graphistes ont mis en images mes rêves les plus fous. »
Lorsque le Dieu du tonnerre est banni et envoyé sur Terre, le film perd de sa flamme. L’acteur australien Chris Hemsworth, physiquement parfait en vaillant guerrier, est moins convaincant lorsqu’il doit jouer sa partition contemporaine face à une Natalie Portman en petite forme. Heureusement, l’intrigue revient dans le domaine du fantastique lorsque le frère, finement incarné par Tom Hiddleston, lance les forces du mal sur terre pour prendre le pouvoir. « La particularité de Thor, dit Chris Hemsworth, c’est qu’il est un Dieu déchu. Invincible à Asgard, il ne peut compter que sur son propre corps pour se défendre sur Terre. Dès que j’ai su que j’avais le rôle, je me suis entraîné comme un forcené pour avoir une silhouette de bodybuilder, puis j’ai appris qu’on m’avait justement choisi parce que je n’étais pas trop athlétique ! J’ai dû perdre du poids juste avant le tournage pour paraître plus humain, et la boxe que j’avais pratiquée m’a finalement plus servi que mes levers de fonte. »
Thor, armé de son marteau magique, reviendra prochainement dans «The Avengers» puisqu’il en a été le membre fondateur lors de sa première apparition dans l’écurie des éditions Marvel en 1962. Il y sera rejoint par Iron Man, les Quatre Fantastiques, les X-Men, Hulk et Spider-Man. Cette superproduction éclatante ouvre donc le bal d’une nouvelle ère fantasmagorique dont le filon est loin de s’épuiser. «Je suis heureux d’avoir participé à cette aventure, conclut Kenneth Branagh, car elle rassemblait tout ce que j’ai-
me : un héros tête brûlée qui doit se frotter à son passé et surmonter une relation difficile avec son père. Il y a des combats sanglants, des luttes de pouvoir et des actes héroïques, ce qui m’a beaucoup rappelé ma première réalisation «Henry V». D’une certaine manière, j’ai démarré ma carrière avec des films de super-héros, la seule différence, c’est que les gens y parlaient une drôle de langue. »
Marie-Dominique VANÇON
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