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Cristiana Reali, justicière et tueuse en série…
A 40 ans, Valérie, psychiatre, est une femme belle, très active, épouse modèle, mère de famille impeccable et bonne chrétienne dévouée à sa paroisse. En somme, presque la perfection. A part que Valérie est aussi une meurtrière en série. Elle tue des hommes coupables de violences familiales, et sans trop d’état d’âme puisqu’elle se considère comme une justicière. Ce qui n’est pas le cas de la jeune Abi, une autre tueuse, adolescente, qui est sa mauvaise conscience. Valérie voudrait se débarrasser de ce mauvais ange diabolique. D’autant plus que son mari se rapproche de la vérité. Et il est commissaire de police. Pour interpréter Valérie dans ce téléfilm réalisé par Benoît d’Aubert, d’après un scénario de Mikaël Ollivier et Franck Thilliez, on n’a pas hésité à choisir une grande actrice romantique, Cristiana Reali. Elle aussi est belle, avec d’admirables yeux bleus, élève deux enfants nés de son union avec son mentor Francis Huster. Mais elle a suivi une route moins violente que son personnage, celle du théâtre, du cinéma, de la télévision où elle a notamment brillé dans un feuilleton à grand succès, « Couleur indigo ».
Dexter au féminin
L’actrice compare son personnage de Valérie à Dexter, héros d’une des plus populaires séries télévisées, brillant expert scientifique et par ailleurs serial-killer ayant sa propre conception de la justice : « Valérie, fille de notable, généreuse, est au-dessus de tout soupçon mais, en proie à ses démons, tue de sang-froid ceux qui abusent ou maltraitent des femmes ou des enfants. Elle pense ainsi rendre service à la société et d’ailleurs effectue une sélection en ne tuant que les coupables se trouvant en état de récidive. J’ai donc essayé de la rendre presque sympathique et, malgré tout, très humaine. » Le commissaire Jourdan, époux de Valérie, est joué par François Berléand qui fut déjà plus d’une fois policier à l’écran : «Il y a beaucoup de polars dans le cinéma français, explique-t-il, et on m’a souvent fait une place dans la « flicaille » parce que je peux m’adapter à tous les grades, à tous les services. Ce qui change un peu cette fois, c’est qu’il s’agit d’un polar psychologique et psychiatrique. Et j’ai aimé la subtilité du réalisateur Benoît d’Aubert. Dans cette histoire assez noire, jamais le trait n’est appuyé. J’ai eu droit à de très belles scènes comme celle où le commissaire comprend tout. Découvrir que sa femme est une tueuse et se trouver lié par son devoir de flic, voilà qui crée une situation cornélienne. » François Berléand ne connaissait pas sa partenaire, mais fut rapidement séduit par Cristiana Reali :« D’abord, je ne savais pas qu’elle était si drôle, et on s’est beaucoup amusé ensemble, pendant le tournage. Il s’est rapidement créé entre nous une amitié et une complicité sans ambiguïté. Nos jeux se sont accordés l’un à l’autre comme si nous nous connaissions depuis vingt ans. » François Berléand, qui se destinait au commerce et a rapidement viré de bord pour rejoindre l’art dramatique, est le plus prolifique des comédiens français. À la télévision, au cinéma, au théâtre, il a joué au moins 120 rôles et battu un record avec 39 films en cinq ans. Il a pu tout aborder, sachant passer du rire aux larmes, avec des emplois allant de pervers à sympathique. Citons particulièrement « Place Vendôme », « Mon Idole », « Ne le dis à personne », « Capitaine Conan », « Le Concert », ou « Ma Petite entreprise » qui lui a rapporté un César. On ne se lasse pas de lui, heureusement car il déborde toujours d’activité. Ilvient de tourner au Canada une série TV inspirée par « Le Transporteur » et pour France 2 une nouvelle adaptation de « La Chartreuse de Parme ».Il répète actuellement une pièce de Sacha Guitry, « Quadrille », et déjà trois nouveaux films l’attendent en 2012.
René QUINSON
« Insoupçonnable » - vendredi 2 décembre, 20 h 3, France 2.
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