|
François Morel est un moderne bourgeois gentilhomme…
Terme argotique, accrédité par le dictionnaire le « pigeon » est une personne naïve facile à duper et à plumer. Mario Monicelli l’a utilisé comme titre d’un classique du cinéma où l’on voit de petits truands amateurs se prendre pour des casseurs de haut-niveau. Pour deux scénaristes Olga Vincent et Jeanne Le Guillou, Molière avait depuis longtemps inventé un pigeon idéal avec «Le Bourgeois gentilhomme », d’où l’idée d’un Monsieur Jourdain moderne. Leur Jean-Claude Jourdain patron de petite entreprise de produits laitiers au bord de la faillite va, par hasard, faire fortune. Il se trouve immédiatement entouré de requins de la finance. Contrairement au héros de Molière, il ne rêve pas d’entrer dans la haute-société, mais touché quand même par la folie des grandeurs, aimerait fréquenter les ténors de la politique. Ses employés décident de lui jouer un tour en lui faisant croire qu’il est invité à un voyage présidentiel. François Morel incarne ce pigeon crédule et tendre dans le télé-film réalisé par Lorenzo Gabriele. Et cet acteur-caméléon s’est tout de suite imaginé dans le rôle ainsi qu’il l’explique : «L’écriture du scénario était fluide avec de belles scènes de comédie, de savoureux quiproquos. Mais j’avais un emploi du temps tellement chargé que j’ai d’abord proposé de jouer un rôle moins important, celui de l’ami du personnage. Finalement, j’ai réussi àm’organiser pour devenir Jean-Claude Jourdain. En fait, depuis longtemps, j’avais envie de jouer « Le Bourgeois Gentilhomme » au théâtre, car j’ai toujours pensé qu’il y avait dans ce personnage un mélange de fureur et de naïveté qui cohabitent également en moi. Et même si on est loin de Molière, j’ai trouvé que les nombreux parallèles entre le XVIIème siècle et notre époque étaient justes. Ainsi mon Monsieur Jourdain ne s’initie plus à la danse et à la musique, mais au golf et à l’art moderne». Un autre personnage est celui de Hubert Dorante, dérivé aussi de Molière, un camarade de Jourdain qui l’admire parce que ce bel homme représente pour lui l’image de la réussite à laquelle il espère aboutir, rôle interprété par un comédien très estimé, Thierry Lhermitte. « Par le passé, déclare François Morel, nous avons parfois partagé les mêmes films, mais jamais joué de scènes ensemble. Cette fois, nous en avons partagé une seule et j’ai regretté de ne pas en avoir quelques autres de plus, car avec un acteur possédant comme lui le sens de la comédie, on peut évidemment se régaler ». Mais d’autres bons acteurs figurent au générique du « Pigeon », Jean-Michel Noirey interprète du meilleur ami de Jourdain, Camille Japy qui joue sa femme, et Claire Keim habituée des feuilletons de TF1 qui s’est lancée pour la première fois, et non sans stress dans la comédie. Si François Morel parle plus haut d’un planning surchargé qui faillit lui faire refuser le rôle, c’est parce que depuis quelque temps, ce comédien travaille énormément. Pendant le tournage, il quittait le plateau à 19 heures pour aller jouer au théâtre son spectacle « Bien des choses. Il lui fallait aussi préparer sa chronique sur France Inter diffusée à 7 heures du matin. Depuis ses débuts dans la série « Palace », il n’arrête pas, a tourné 50 films, interprété 20 pièces de théâtre, dont 5 écrites et mises en scène par lui, et a ajouté la chanson à ses activités. Son nom reste attaché à la fameuse série de Jérôme Deschamp « Les Deschiens.» Reviendra-t-il à France Inter ? La question reste posée car avec son redoutable franc-parler, François Morel a fortement critiqué, lors de sa dernière émission, le patron de la station, Philippe Val. Lequel s’est déjà débarrassé de deux humoristes perturbateurs, Stéphane Guillon et Didier Porte.
René QUINSON
Le Pigeon, TF1 à 20 h 45, lundi 6 septembre.
Photo TF1 |
|