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Le patrimoine littéraire a pu être conservé dans les bibliothèques, et celui du cinéma, malgré nombre de destructions, dans les cinémathèques et chez les distributeurs et producteurs. Mais rien n’existait pour l’audiovisuel jusqu’à la création de l’INA par Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Depuis plus de 60 ans, 150 techniciens et autant de documentalistes collectent les documents issus des émissions de radio et de télévision et les mettent à la disposition des chercheurs et des professionnels. Sans les archives de l’Institut National de l’Audiovisuel, nombre de programmes, dont tous les montages consacrés à des personnalités, les émissions-souvenirs, les bêtisiers, les hommages, les magazines tels « Les Enfants de la télé », les ouvrages d’historiens ne pourraient exister. La loi du 20 juin 1992 a facilité le travail de cet organisme en instituant le dépôt légal des émissions de radio et de télévision, dépôt étendu par la suite aux chaînes du câble, du satellite et de la TNT. Ainsi sont conservées plus de 4 millions d’heures de radio et TV et plus d’un million de documents photographiques. Chaque année s’ajoutent 300 000 heures, captées, 24 heures sur 24 sur 100 chaînes TV et 20 stations radio. L’INA est considéré comme la première banque d’images et de sons au monde.
En 2001 a commencé la numérisation des archives afin de les rendre le plus largement disponibles. D’autres doivent auparavant être restaurées. Ce travail devrait se terminer en 2015. D’autre part, l’INA produit et édite des programmes et, à partir de ses documents, a déjà produit 2 000 œuvres concernant des personnages illustres de l’Histoire, des savants, des hommes politiques. L’institut édite aussi des collections sonores ou vidéo retraçant les grandes heures de la télévision et de la radio.
1 000 euros pour le rire de Denise Fabre
Les fonds consultables sur l’Inathèque de France sont le fonds radio, le fonds télévision, la presse filmée, le fonds publicité, le fonds théâtre, la musique, le fonds de création audiovisuelle contemporaine, ainsi que le fonds cinéma où se trouvent notamment les journaux d’actualité de Gaumont et Pathé.
Tout professionnel de l’image ou du son peut obtenir copie des documents dont il a besoin, cela moyennant finances et ce n’est pas bon marché. La vente d’extraits se négocie en tenant compte de l’importance des médias, des heures de diffusion, du type d’image. La fameuse crise de rire de Denise qui revient dans tous les bêtisiers de fin d’année peut être facturée 700 euros.
En moyenne il faut compter, pour une image de variété, 1000 euros la minute, parfois un peu moins, parfois beaucoup plus. Mais les extraits cinéma que l’on achète auprès des producteurs valent beaucoup plus. Il faut ajouter aussi les droits à payer au réalisateur de l’émission et parfois les droits à l’image aux artistes figurant dans l’extrait. Les décès de personnes connues, surtout celles qui appartiennent au monde artistique, dont il faut illustrer la carrière, coûtent cher aux chaînes TV. Mais ainsi l’INA peut boucler un budget de 125 millions d’euros, dont 70 millions fournis par la redevance.
Accessible au grand public
Les personnes privées ont cependant le droit de consulter gratuitement ou à peu de frais de nombreux documents. Sur le site www.inamediapro.com les archives de presse filmée et de télévision sont proposées en accès gratuit aux étudiants, journalistes, universitaires chercheurs, auteurs, réalisateurs, organismes institutionnels culturels et éducatifs. Il faut que les projets nécessitent la consultation de ces images. Elles concernent des émissions diffusées par les télévisions publiques françaises, ORTF, RTF, TF1, France 2, FR3, France 5 de diverses périodes ainsi que le fonds de presse filmée des Actualités Françaises couvrant la période 1940-1969. Depuis leur privatisation, TF1 et M6 possèdent leurs archives privées, hors INA. Il faut remplir un formulaire d’inscription pour obtenir un contact avec un responsable commercial. Il existe une possibilité d’enregistrer des extraits. Mais rien ne peut être diffusé ou exploité commercialement sans acquisition des droits, ce qui n’est d’ailleurs pas toujours juridiquement possible. L’INA est aussi le premier centre européen de formation aux métiers de l’audiovisuel et du numérique. 5 000 personnes profitent chaque année des stages, en bénéficiant d’installations techniques de pointe et de formateurs expérimentés et qualifiés. Ina’Sup, école supérieure de l’audiovisuel et du numérique, délivre deux diplômes de qualité master. www.Ina-Sup.com
L’INA travaille avec une quarantaine de pays afin de conseiller leurs entreprises et institutions dans leur travail de sauvegarde d’archives audiovisuelles et va commencer la numérisation de celles d’Arabie Saoudite. L’Institut poursuit aussi dans des pays en crise politique ou militaire comme, le Cambodge ou l’Afghanistan, une mission destinée à reconstituer leur mémoire audiovisuelle.
Dirigé par Mathieu Galey, cet organisme se porte bien. Les comptes de l’exercice 2009 qui viennent d’être publiés affichent pour la cinquième année consécutive un chiffre positif avec un bénéfice de 2,2 millions d’euros.
Faites régulièrement une incursion sur www.ina.fr. On y trouve les vidéos du jour traitant de l’actualité, de passionnantes images du passé et la possibilité d’écouter le journal télévisé de l’année de sa naissance. La numérisation n’étant pas terminée, cela concerne les journaux de 1973 et 1974 et du 13 février 1976 au 31 décembre 2008.
R. Q.
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