Il faisait partie de ces derniers monstres sacrés du cinéma français, de ceux que l'on a toujours vus à l'écran depuis «La Vie de château» et surtout le fabuleux «Alexandre le Bienheureux». Sa carrière au cinéma faisait presque oublier le grand comédien de théâtre qui travailla longtemps au TNP de Jean Vilar. Philippe Noiret, c'était d'abord cette silhouette impressionnante, toute d'énergie rentrée, une silhouette qui lui permettait de camper aussi bien les personnages lunaires, voire loufoques, de «Clérambard» ou de «La Vieille fille», que les hommes déchirés, aux limites de la folie, de «Coup de torchon» et du désormais classique «Vieux fusil». Et puis il y avait la voix, une superbe voix de basse chantante au timbre chatoyant qui faisait si bien passer l'émotion ou l'ironie. Rien mieux que cette voix ne manifestait cette force traversées de failles secrètes. Philippe Noiret a été l'un des seigneurs du petit écran, une espèce en voie de disparition. Souhaitons que son paradis ressemble à une longue balade avec ses chevaux qu'il aimait tant.
Erwan VIOLIN
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