Pablo n'a pas la place qu'il mérite dans la mémoire des hommes. Son nom devrait figurer dans le Grand livre des inventions et le jury du prix Nobel devrait lui ériger une statue.
Pablo était issu d'une tribu andine qui, il y a 8 000 ans, vivait ou plutôt survivait, tellement les conditions de vie étaient difficiles, sur les hauts plateaux du Pérou et de la Bolivie, proche du lac Titicaca, dont le nom ne risque pas d'être oublié par les potaches, tellement il suscite de plaisanteries faciles.
Pablo, préoccupé par les famines qui décimaient régulièrement sa tribu, parvint à domestiquer un tubercule sauvage qui poussait sur les pentes des montagnes. Ainsi naquit la pomme de terre qui allait changer le cours de l'histoire.
La pomme de terre débarqua en Espagne, durant la deuxième partie du XVIème siècle. Cette «invention» de Pablo permet de produire de la nourriture, plus rapidement, sur de plus petites parcelles et en grande quantité.
La pomme de terre, dans ce domaine capital, détient le quatrième rang mondial, après le blé, le maïs et le riz, mais plus que viande et poisson réunis.
Ce trésor de l'humanité doit être préservé. Il y a, heureusement, une banque de gènes avec 8 000 spécimens différents.
Le monde a couronné Alfred Nobel, inventeur d'un explosif puissant et Albert Einstein dont les recherches (qu'il a été le premier à regretter), ont permis d'aboutir à la bombe atomique.
Le temps est venu de saluer Pablo, cet humble bienfaiteur de l'humanité dont le nom, mais pas l'histoire, a été inventé, faute d'avoir traversé les millénaires.
Le Papyravien
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