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L’U2P rabat les cartes du syndicat patronal

Entreprises 16 décembre 2016

Les syndicats des artisans et commerçants (UPA) et professions libérales (UNAPL) se réunissent au sein de l’U2P. Revendiquant la représentation de 2,3 millions d’entreprises, la nouvelle « Union des entreprises de proximité » inquiète la CGPME et le Medef, et entend peser dans la campagne présidentielle.

« Les strapontins, c’est fini », déclare Patrick Liébus, vice-président de l’U2P, l’Union des entreprises de proximité. C’était le 17 novembre, à Paris, lors de la conférence de presse de présentation de la toute nouvelle organisation syndicale patronale. Elle rassemble l’Unapl, l’Union nationale des professions libérales, et les structures déjà membres de l’UPA, l’Union professionnelle artisanale : la Capeb (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment), la Cnam (Confédération Nationale de l’Artisanat, des Métiers et des Services) et la CGAD (Confédération Générale de l’Alimentation en Détail). Au total, l’U2P revendique ainsi la représentation de 2,3 millions d’entreprises, soit deux entreprises sur trois en France.

En termes d’effectifs, cela représente 4 millions de salariés du privé, soit le quart de cette population. Et, globalement, le chiffre d’affaires de ces entreprises pèse pour 582 milliards d’euros. Forte de ce poids dans l’économie, et, surtout, de sa potentielle représentativité officielle, l’U2P a déjà commencé à bouleverser le paysage syndical patronal. « Cela aura des répercussions en termes de postes dans des instances sociales, de négociations. (…). Et aussi, j’imagine, en terme de financement », estime Michel Chassang, patron de l’Union des professions libérales (UNAPL).


« Bidouillage statutaire » et judiciarisation des relations

De fait, les réactions des autres syndicats ne se sont pas fait attendre : « Que les gens se rapprochent, ça les regarde (…)  Mais qu’il y ait un bidouillage statutaire destiné à répondre aux enjeux de représentativité patronale, c’est plus problématique », a commenté François Asselin, président de la CGPME, d’après le magazine l’Express du 17 novembre. Ce qui est en cause, c’est qu’avant la mi-décembre, l’U2P va devoir déposer son dossier auprès des pouvoirs publics, lesquels devraient valider la représentativité officielle du syndicat, d’ici le printemps prochain. L’enjeu est de taille : car, en fonction du résultat, le nouveau syndicat pourrait se voir ouvrir des perspectives en matière de places dans les instances paritaires comme l’Unedic ou l’Agirc-Arrco, et de parts accrues des subventions du Fonds pour le financement du dialogue social (75 millions d’euros environ). Et ce, au détriment des autres organisations. « On sait bien qu’il y aura des recours », a déclaré Michel Chassang, à propos de l’accueil fait à l’U2P par les autres syndicats patronaux. Car c’est une tradition : déjà, en 2013, le rapport sur « la réforme de la représentativité patronale » de Jean-Denis Combrexelle, directeur général du Travail, constatait une « judiciarisation croissante des rapports entre organisations professionnelles », notamment liée aux enjeux de financement du paritarisme et de représentation dans les instances paritaires.

Parallèlement à la démarche officielle pour faire reconnaître – et défendre – la représentativité de la nouvelle organisation patronale, l’U2P affiche clairement sa volonté de peser sur le débat politique, y compris dans le cadre de la présidentielle de 2017. Une liste de treize priorités est prête, sur lesquelles faire réagir les candidats, avec, par exemple, une simplification du Code du travail, jugé trop complexe, et de fait, taillé pour les grandes entreprises. « Il faut garantir une protection sociale aux salariés, mais il faut que ce soit lisible pour tous », réclame Michel Chassang, pour qui artisans, commerçants et professions libérales partagent « beaucoup de points communs ». Dans tous les cas, leurs représentants s’accordent sur une même analyse : « Les petites et moyennes entreprises sont insuffisamment considérées dans ce pays. Il est insupportable de construire la norme sociale sur le modèle des grandes entreprises. (…) Les orientations qui sont prises le sont pour 2 % des entreprises », a déploré Michel Chassang.

 

Anne d’AUBRÉE

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