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Mobilité : l’autopartage s’impose peu à peu

Transports 16 juin 2017

Parmi les nouveaux modes de mobilité qui se développent, l’autopartage : une démarche qui ne parvient à se déployer que dans le cadre des politiques publiques locales de transport, témoigne le réseau Citiz. 

Avec le succès foudroyant de la plateforme en ligne Blablacar, le covoiturage est devenu le symbole des nouveaux modes de mobilité. Pourtant, d’autres pratiques se développent, comme l’autopartage, qui propose des véhicules en libre-service pour une location de courte durée. « La finalité environnementale est de réduire la place de la voiture dans les villes, en permettant aux gens de se démotoriser. Cela permet un changement de comportement (…). Les gens orientent leur mobilité de manière différente, vers la marche à pied, le vélo, ou les transports en commun. La voiture, c’est quand il n’y a pas d’autres solutions », explique Jean-Baptiste Schmider, l’un des fondateurs et co-gérant du réseau Citiz, pionnier du secteur né en 2002.

A Paris, le 24 mai, il présentait un état des lieux de son activité. Aujourd’hui, cette coopérative compte 13 structures locales, un millier de véhicules, un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros et 25 000 abonnés en France. Et si le réseau est présent dans des villes moyennes, à l’image de Dijon et Poitiers, les abonnés sont majoritairement situés dans des grandes agglomérations, comme Lyon, Bordeaux, Marseille ou encore Toulouse. « Les contraintes pour rouler et stationner sont déterminantes dans le choix de passer à l’autopartage. Les petites villes sont moins propices à cette pratique car il est plus facile d’y circuler en voiture et il existe moins d’alternatives comme les transports en commun », analyse Jean-Baptiste Schmider.

Concrètement, l’abonné réserve son véhicule via Internet et va le chercher sur l’un des emplacements dédiés, situés sur la voirie. En sus de l’abonnement (40 euros), il paie une location, selon un tarif qui combine durée et kilométrage. « Nos utilisateurs ont entre 35 et 50 ans. Ce sont des urbains, actifs. Un tiers d’entre eux sont des familles avec enfants. Et le niveau d’études est plus déterminant que la catégorie socio-professionnelle (…). Un utilisateur moyen utilise le service deux fois par mois, pour 4 heures environ, soit un panier moyen mensuel d’une cinquantaine d’euros. Il s’agit souvent de déplacements périurbains. Et nous touchons de plus en plus de professionnels. Ils représentent 40 % de notre clientèle aujourd’hui, essentiellement des PME de centre-ville qui ne disposent pas nécessairement d’un parc de véhicules », détaille Jean-Baptiste Schmider.

L’indispensable soutien des collectivités

Aujourd’hui, certaines des structures locales du réseau Citiz ont atteint leur seuil de rentabilité, par exemple à Strasbourg, Bordeaux, Marseille et Dijon. Et dans tous les cas, l’accompagnement des collectivités a été primordial. « Le premier soutien est de nous attribuer des places sur la voirie, parfois gratuitement ou très peu cher », démarre Jean-Baptiste Schmider. Mais surtout, le réseau Citiz s’emploie à intégrer sa prestation dans l’écosystème local des transports. « Nous travaillons avec quasiment tous les réseaux de mobilité dans chaque ville », précise Jean-Baptiste Schmider. L’enjeu : l’inclusion de l’offre d’autopartage dans les cartes multi-transports proposés aux habitants, comme à Saint-Étienne, par exemple.

Par ailleurs, « notre modèle de départ prévoyait que l’on demande un soutien de la collectivité pour pouvoir assumer les pertes, le temps qu’on atteigne la masse critique d’abonnés. Aujourd’hui, dans les plus petites villes, on demande à la municipalité non pas de subventionner, mais de devenir client, en réduisant son propre parc auto, ou en intégrant les véhicules de la municipalité dans la flotte d’autopartage », explique Jean-Baptiste Schmider. Et c’est ainsi qu’à Valence, les services de l’agglomération ont souscrit au service. Quant à la municipalité de Dijon, elle a réduit son parc automobile après avoir passé un marché avec le réseau. Au total, la participation des collectivités, sous une forme ou une autre, représente moins de 20 % des revenus de la coopérative. Laquelle s’emploie aussi à nouer des contrats avec des grandes entreprises : à Strasbourg, Arte a ainsi renoncé à sa flotte de véhicules. Au pied de ses locaux, une station d’auto-portage… A Grenoble, c’est le CEA, organisme de recherche sur la défense, la sécurité et les énergies, qui a signé…

Au niveau national, dans un contexte plutôt favorable au développement de l’autopartage, Citiz est loin d’en être le seul acteur. « L’autopartage est devenu très varié, cela complexifie le marché, devenu protéiforme », analyse Jean-Baptiste Schmider, qui constate la floraison des divers acteurs, comme Drivy, Ubeeqo, Koolicar, Oui Car ou Communauto, dans lequel le groupe automobile PSA a pris des parts. « Les plateformes lèvent des fonds très facilement, mais sans avoir de vrai modèle économique », conclut ce patron de coopérative qui trace sa route depuis quinze ans.

Anne d’AUBRÉE

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