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Salon de l’agriculture : le bio s’est affiché

Salons/événementiel/Foires 24 mars 2017

Marché en croissance, le bio a été l’une des stars du Salon de l’Agriculture. Une conférence, tenue dans ce cadre, illustrait plusieurs accompagnements dont peuvent bénéficier les exploitants qui souhaitent s’installer dans ce type d’agriculture.

Fromages, confiture de lait et faisselles… tout est bio. C’est en 2009 que Claire Proust et son mari ont mis sur pied la ferme Cabri au Lait, à Sepmes, en Indre-et-Loire, où ils élèvent des chèvres, font pousser des plantes aromatiques et accueillent le public. L’aventure, qui n’a été possible que grâce au soutien de plusieurs acteurs, a été racontée lors d’une conférence sur « financer les projets de filières biologiques », qui s’est tenue le 2 mars, au Salon de l’Agriculture à Paris. Y participaient Jean-Philippe Gonenç, responsable de la finance participative de la Nef, coopérative financière qui propose des solutions d’épargne et de crédit pour les projets à utilité sociale ou écologique, Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio, groupement d’intérêt public qui œuvre pour le développement de l’agriculture biologique en France et Emilie Wietzke, directrice de la Foncière Terre de Liens, association qui accompagne les projets agricoles en circuits courts et bio, depuis 2003.

Au départ de l’aventure, témoigne Claire Proust, le couple, qui n’est pas issu du milieu agricole, ne possède pas de capital. Alors, la première étape, c’est trouver le foncier et le financer. « Nous voulions 15 hectares de terre et nous avons cherché des financements, car nous savions que nous n’aurions pas la capacité d’investir. Nous avons contacté Terre de Liens très rapidement, avant même de trouver la ferme », se souvient l’agricultrice, qui a finalement noué un bail rural environnemental avec l’association, à qui elle paie un loyer. « Cela devient de plus en plus compliqué de s’installer, du fait des difficultés d’accès au foncier. Les prix ont augmenté de 20 % en dix ans », confirme Emilie Wietzke, évoquant une spéculation issue du rétrécissement des terres agricoles grignotées par l’urbanisme et la concentration croissante des exploitations existantes. L’association collecte de l’épargne, des dons et reçoit des terres en dotation, qu’elle confie ensuite à des fermiers. Aujourd’hui, sur le territoire, ils sont environ 200 qui font fructifier 3 000 hectares, au sein de 122 fermes acquises par Terre de Liens.

Deuxième étape, pour la ferme du Cabri au Lait, la recherche de fonds pour installer les infrastructures nécessaires, comme la fromagerie. Là, c’est le soutien de la Nef, jointe à celle du Crédit Coopératif, qui a permis l’installation du couple, quand le réseau bancaire classique faisait défaut, raconte la jeune femme, dont les proches se sont portés caution. Troisième étape, ensuite, pour développer de nouveaux projets, la ferme pédagogique qui nécessitait un lieu d’accueil et le développement de plantes aromatiques qui impliquait un nouvel atelier de production, les fermiers ont recueilli 12 000 euros de dons sur la plateforme de financement participatif Zeste.coop, créée par la Nef. Cela fait 30 ans que celle-ci finance des projets à plus-values sociale et environnementale, rappelle Jean-Philippe Gonenç. Et le bio y occupe une place majeure : 2 000 financements pour 130 millions d’euros depuis la création de la Nef. Au début, nous étions « à part », rappelle Jean-Philippe Gonenç. Mais aujourd’hui, la Nef se trouve au cœur de nouvelles tendances qui se développent, comme les circuits courts et le bio : un projet sur trois qu’elle finance est en bio. Outre zeste.coop, où les internautes versent des dons et n’attendent donc pas de retour financier, la Nef a mis sur pied une autre plateforme de financement participatif, Prêtdechezmoi.coop. Les internautes peuvent y réaliser des prêts aux projets qui les intéressent. « Le cœur de notre métier reste le crédit (…) Prêtdechezmoi nous permet d’aller plus loin que le financement bancaire, en associant une part de financement participatif », précise Jean-Philippe Gonenç.

Structurer les filières pour réduire les importations

Avec l’Agence Bio, les projets prennent une autre dimension, qui dépasse – pour l’instant- celle de la ferme du Cabri au Lait. Mis en place en 2008, son fonds Avenir Bio, doté de 4 millions d’euros par an, vise à soutenir le développement des filières bio. Concrètement, il accompagne des projets « de milieu de chaîne », comme la transformation et le stockage, explique Florent Guhl. « Nous sommes plus sur l’aval, mais avec un impact sur l’amont. Dans le cadre du projet soutenu, nous demandons une évaluation du nombre d’hectares qui vont être convertis en bio », souligne-t-il. Autre spécificité, l’agence soutient en priorité des projets d’ampleur interrégionale, comme un projet de transformation de plantes aromatiques porté par des producteurs issus de plusieurs régions. « Aujourd’hui, notre priorité, ce sont les grandes cultures, comme les céréales, car nous avons de gros retards, en France, dans le bio dans ce domaine », explique Florent Guhl, qui espère arriver à ne plus importer de céréales bio en 2019, en dépit des mauvais résultats de l’an dernier liés à de mauvaises conditions climatiques. Depuis la création du fonds, celui-ci a financé 89 programmes de structuration des filières bio, pour environ 26,3 millions d’euros de soutien.

Au niveau national, le plan Ambition Bio 2017 du ministère de l’Agriculture, lancé fin 2013, prévoyait le doublement des surfaces en bio, soit 2 millions d’hectares en 2017. Aujourd’hui, ce sont environ 1,6 million d’hectares qui sont cultivés de la sorte. Un nouveau plan doit être présenté en avril prochain, a annoncé le ministre Stéphane Le Foll. Côté consommateurs, la demande est là : d’après l’agence Bio, le marché français des produits biologiques a connu une croissance de 20 % au premier semestre 2016, par rapport à la même période de 2015, pour un total des ventes atteignant 6,9 milliards d’euros. La pratique se généralise : le pourcentage de personnes consommant des produits bio au moins une fois par mois a doublé en quinze ans, passant de 37 % à 65 %. Et plus de huit Français sur dix achètent aujourd’hui des aliments bio, dont 55 % de manière régulière. Résultat, la production nationale a beau augmenter, elle demeure insuffisante : près du quart des produits bio consommés en France sont importés.

Anne d’AUBRÉE

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