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Le petit monde de la pharmacie apparaît en pleine ébullition. Début juillet, le gouvernement autorisait la vente en libre accès de deux cents médicaments dans les pharmacies. Quelques jours plus tard, l’Alliance européenne pour l’accès à des médicaments sûrs pointait du doigt les sites illicites de vente de médicaments sur Internet et constatait que ces produits étaient, une fois sur deux, des contrefaçons. Pour tenter de mettre bon ordre à cette anarchie, le Forum de droits sur Internet vient de se prononcer pour “une ouverture prudente” en France de la vente de produits de santé “dans un cadre maîtrisé”, en préconisant notamment le maintien du monopole des pharmaciens pour la vente des médicaments.Le Forum fait quatre propositions principales : permettre, sous certaines conditions, aux pharmacies ayant déjà pignon sur rue de vendre des médicaments de confort en ligne, autoriser le référencement de ces officines par les moteurs de recherche sous le contrôle de l’Ordre des pharmaciens, sensibiliser le public aux risques encourus par cette forme d’achats et enfin lutter contre les sites illicites. Il y avait une double urgence à intervenir pour réguler ce nouveau marché car d’une part “les professionnels de santé craignaient de rater le virage de l’Internet”, souligne David Melison, chargé de mission au Forum et, d’autre part, la réglementation européenne rend possible la vente en ligne de produits de santé lorsqu’ils peuvent être vendus en dehors d’une prescription par un médecin. La plupart de nos voisins européens ont d’ailleurs repris ce principe dans leur réglementation nationale. Les préconisations du Forum vont au-delà, car elles s’appuient sur le monopole des pharmaciens pour la délivrance des médicaments, qu’ils doivent être les seuls à les commercialiser en ligne et vont même jusqu’à proposer que les fraudes intervenant dans ce domaine constituent de nouvelles infractions à porter dans la loi sur la confiance dans l’économie numérique. Chacun devrait approuver ces précautions qui visent à défendre ce que nous avons de plus cher : notre santé.
Jacques DUCONSEIL
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