Les contribuables qui engagent des dépenses d’aide à domicile peuvent bénéficier d’un avantage fiscal. Le plafond des dépenses a été relevé pour la première année d’emploi d’un salarié à domicile, à compter de l’imposition des revenus de 2009. L’administration fiscale vient de commenter cette modification (1).
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Aide à domicile : crédit ou réduction d’impôt ?
Le crédit d’impôt est accordé pour les dépenses engagées pour l’emploi direct d’un salarié à domicile ou le recours à une association, une entreprise ou un organisme agréés pour les services rendus à domicile aux contribuables qui exercent une activité professionnelle ou sont inscrits sur la liste des demandeurs d’emplois durant trois mois au moins au cours de l’année du paiement des dépenses. Les personnes mariées ou pacsées, soumises à une imposition commune, doivent toutes deux satisfaire à l’une ou l’autre de ces conditions. L’aide prend la forme d’une réduction d’impôt pour les personnes autres que celles pouvant bénéficier du crédit d’impôt, notamment les retraités et les couples dont un seul des conjoints travaille ou est demandeur d’emploi et les contribuables pouvant bénéficier du crédit d’impôt mais qui ont réalisé ces dépenses pour des services rendus à la résidence d’un ascendant susceptible de bénéficier de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Un même contribuable peut à la fois bénéficier du crédit d’impôt pour les dépenses de services à son propre domicile et de la réduction pour les dépenses engagées au domicile d’un ascendant. Dans ce cas, le plafond des dépenses à retenir est déterminé en tenant compte prioritairement de celles ouvrant droit au crédit d’impôt.
Impôts 2009 : quelques limites actualisées
. Déduction forfaitaire de 10% pour frais professionnels des salariés. Les frais professionnels des salariés et des dirigeants et associés de sociétés, sont pris en compte, sauf option expresse pour la déduction de leur montant réel et justifié, sous la forme d’une déduction forfaitaire de 10 % dont le montant est compris entre un minimum et un plafond. Pour l’imposition des revenus de 2009, le montant minimum de la déduction forfaitaire de 10 % est porté à 415 euros dans le cas général et, à 910 euros pour les personnes inscrites auprès de Pôle emploi en tant que demandeurs d’emploi depuis plus d’un an. La déduction ne peut excéder pour chacune des personnes salariées du foyer fiscal 13 948 euros.
. Abattement spécifique de 10% sur le montant des pensions et retraites. Les pensions et retraites font l’objet d’un abattement de 10 % dont le montant est compris entre un minimum, apprécié par retraité ou pensionné membre du foyer fiscal, et un plafond calculé sur le montant total des pensions et retraites perçues par l’ensemble des membres du foyer fiscal. Pour l’imposition des revenus de 2009, ces limites sont relevées respectivement à 368 euros et 3 606 euros.
. Exonération des salaires versés aux apprentis. Pour l’imposition des revenus de 2009, la limite d’exonération des salaires des apprentis s’établit à 16 052 euros (8,82 euros, Smic horaire brut au 1er juillet 2009 x 1 820 heures). La limite est ajustée prorata temporis en cas d’année d’activité incomplète ou de modification de la situation familiale de l’apprenti en cours d’année.
. Exonération des salaires versés aux étudiants. Les salaires versés aux jeunes âgés de 25 ans au plus au 1er janvier de l’année d’imposition en rémunération d’une activité exercée pendant leurs études secondaires ou supérieures ou durant leurs congés scolaires ou universitaires sont, sur option des bénéficiaires, exonérés d’impôt sur le revenu dans la limite de trois fois le montant mensuel du Smic. Pour l’imposition des revenus de 2009, la limite d’exonération s’établit à 4 013 euros. |
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Rappel. L’avantage fiscal peut être, selon les situations du contribuable, une réduction ou un crédit d’impôt (Cf encadré). Sont concernées les dépenses de garde d’enfant, d’assistance aux personnes agées, de soutien scolaire à domicile, travaux ménagers...L’avantage fiscal accordé est égal à 50 % des dépenses effectivement supportées, retenues dans la limite d’un plafond annuel.
Plafonds. A compter de l’imposition des revenus de 2009 (déclaration 2010), la limite de droit commun de l’avantage pour l’emploi d’un salarié à domicile, pour la première année d’imposition au titre de laquelle le contribuable demande à en bénéficier, est porté de 12 000 à 15 000 euros. Cette limite peut être majorée de 1 500 euros par enfant à charge, pour tout membre du foyer fiscal âgé de plus de 65 ans ou encore par ascendant lorsque le contribuable bénéficie d’une réduction d’impôt pour les frais qu’il engage personnellement au titre des dépenses d’emploi d’un salarié travaillant à la résidence d’un ascendant. Toutefois, ces majorations ne peuvent porter le plafond de dépenses au-delà de 18 000 euros.
Exemple. Un couple marié avec trois enfants a embauché pour la première fois en 2009 un salarié à domicile pour un coût de 19 000 euros. Il peut prétendre à 4 500 euros de majoration pour ses trois enfants (1500 x3). Le plafond théorique des dépenses est de 19 500 euros ( 15 000 + 4 500). Compte tenu de la limite globale revalorisée, le montant des dépenses retenues effectivement s’élèvera à 18 000 euros, soit un avantage maximal de 9 000 euros (50% des dépenses). Cette nouvelle mesure ne concerne que les dépenses supportées pour l’emploi direct d’un salarié à domicile. La limite de l’avantage fiscal demeure donc inchangée en cas de recours soit à une association, une entreprise ou un organisme agréés, soit à un organisme à but non lucratif ayant pour objet l’aide à domicile et habilité au titre de l’aide sociale ou par un organisme de sécurité sociale, pour les services rendus à domicile.
Conséquences. Le contribuable peut prétendre au bénéfice de l’augmentation du plafond lorsqu’il emploie pour la première fois un salarié à domicile à titre direct, alors même qu’il a perçu les années antérieures, l’avantage fiscal au titre des dépenses de recours soit à une association, une entreprise ou un organisme agréés ; la limite de 12 000 euros s’applique pour les années suivantes au titre desquelles le contribuable demande à bénéficier de l’avantage. Le plafond reste fixé à 20 000 euros pour les foyers dont l’un des membres répond à certaines conditions d’invalidité.
Justificatifs. Le contribuable doit pouvoir justifier du paiement des salaires et des cotisations sociales, de l’identité du bénéficiaire, de la nature et du montant des prestations payées à l’association, l’entreprise ou l’organisme. Lorsqu’il recourt à l’emploi direct d’un salarié, il doit joindre à sa déclaration ou conserver l’attestation annuelle établie par l’Urssaf ou la caisse de la MSA (Mutualité sociale agricole) et préciser les nom, prénom et adresse du ou des salariés employés au cours de l’année civile précédente ainsi que le montant net des sommes versées à chacun d’eux et des indemnités ou allocations directement perçues pour l’aider à supporter les frais d’emploi d’un salarié. Ces modifications concernent les dépenses payées pour l’emploi d’un salarié à domicile à compter de 2009.
Précision. Les sommes versées aux ESAT (Etablissements ou service d’aide par le travail qui ont remplacé les CAT, centres d’aide par le travail) pour l’emploi des handicapées pour l’exercice au domicile d’un service admis au dispositif donnent droit à l’avantage fiscal. En revanche, les prestations réalisées en milieu fermé, par exemple dans des ateliers centraux gérés par un ESAT, n’y ouvrent pas droit.
R. CHOTIN et B.L
1- BOI n° 9 du 19 janvier/ 5 B-6-10 |
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