''Le rôle des femmes dans l'entreprise'' était le thème de la conférence organisée par l'IAE en présence d'Alain Juppé à l'occasion d'une remise de diplômes. L'occasion de vérifier que les filles excellent dans les études... et de réfléchir aux moyens d'atteindre l'égalité professionnelle.
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• L'IAE en quelques mots
Depuis plus de 40 ans, l'Institut d'Administration des Entreprises assure au sein de l'université Montesquieu-Bordeaux IV la formation et la recherche en sciences de gestion. L'objectif de ses formations est de donner aux diplômés des compétences en management et de préparer aux métiers de la profession comptable, de l'expertise et du commissariat aux comptes. L'IAE compte 800 étudiants en formation initiale ou en apprentissage, dirigeants et cadres en formation continue, et 30 enseignants chercheurs permanents et doctorants. |
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Bientôt les quotas nous protègeront, nous les hommes », face à un amphithéâtre peuplé d'étudiantes en majorité, la boutade d'Alain Juppé était de bon aloi. Parmi elles, les 25 diplômés (dont 3 garçons) du Dess Gestion des Ressources Humaines de l'IAE (Institut d'Administration des Entreprises) de l'Université Bordeaux IV. La cérémonie de remise de leurs diplômes le 31 octobre a été l'occasion de questionner le rôle de la femme dans l'entreprise au cours d'une conférence en présence du député-maire de Bordeaux, de Florence Cathiard, propriétaire du château Smith Haut Lafitte grand cru classé de Graves, de sa fille Alice, directrice des Sources de Caudalie, centre de soins de beauté issus de la vinothérapie et hôtel 4 étoiles ; et animée par Vincent Rousset, journaliste au magazine La Vie Economique.
Enseignement, magistrature, médecine : nombreux sont les secteurs où les étudiantes réussissent, voire sont surreprésen-tées comme l'a souligné Alain Juppé. Dans un ouvrage paru en 1992 (''Allez les filles !'' Ed. du Seuil), Christian Baudelot et Roger Establet notaient déjà l'inexorabilité de la réussite des filles dans le système éducatif qui « l'emportent sur les garçons aux quatre étages de l'édifice scolaire ».
Cependant, hors de la fonction publique et du système méritocratique de l'enseignement, les femmes sont en minorité aux postes dirigeants : seules 7% exercent une fonction d'encadrement supérieur parmi les 5 000 plus grandes entreprises.
Leur succès y est encore montré en exemple... Ainsi, celui de Florence Cathiard, qui estime avoir bénéficié de l'effet de surprise à une époque où les fonctions dirigeantes étaient quasi exclusivement masculines, avoir acquis sa légitimité à force de compétences, et qui n'établit pas de frontière entre vie professionnelle et vie privée...
80% des 3,4 millions de salariés percevant le SMIC ou moins sont des femmes, elles sont plus souvent touchées par le chômage (10,8% contre 7,1% pour les hommes), et majoritaires dans les emplois à temps partiel : la protection du rôle des hommes dans l'entreprise n'est donc pas à l'ordre du jour.
Egalité professionnelle et négociation
Légalement, les femmes ont le même accès que les hommes à l'ensemble du monde du travail, travail de nuit inclus. Concrètement, elles représentaient 6% des mandats sociaux des sociétés du CAC 40 en juillet 2003 selon l'ouvrage ''Femme-Pouvoir et entreprise'' édité par l'association Action de femme.
Et l'écart moyen des rémunérations entre hommes et femmes demeure très élevé : 25 %, preuve que les comportements évoluent lentement.
Surtout, les négociations annuelles entre syndicats et entreprises prévues par la loi Génisson du 9 mai 2001 pour l'égalité professionnelle tardent à s'organiser, en partie par méconnaissance de la loi elle-même.
Négociations, tel est également le dispositif souhaité par Nicole Ameline, ministre déléguée à la parité et à l'égalité professionnelle, qui souhaite « faire de l'égalité professionnelle un principe actif de la vie de l'entreprise », avec un «label égalité professionnelle'' pour les bons élèves. Aucune mesure n'est prévue pour aider les salariées à concilier vie professionnelle et vie privée, la première raison invoquée par 71% des salariés (*) à la sous représentation des femmes dans les fonctions de direction en entreprise.
Pourtant, avec un taux de recours de 59% en 2002, le congé paternité est un succès.
Emmanuelle FERE
| (*) Sondage CSA / Enjeux Les Echos de mars 2001 : L'entreprise est-elle machiste ? |
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