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Nous entamons cette semaine une série d'articles consacrés à l'Espagne et aux possibilités d'implantation des entreprises françaises dans la péninsule ibérique.
La France a la réputation d'encadrer les entreprises dans une réglementation contraignante. L'Espagne est célèbre pour un certain laisser-aller. La France est fière de son niveau de couverture sociale, sans se préoccuper de son coût, à la charge des entreprises. Les salariés espagnols ne bénéficient pas des mêmes avantages, mais ils trouvent du travail dans des entreprises qui cotisent moins, et qui sont plus compétitives. La demande du marché intérieur français est saturée, et la croissance ne peut qu'être externe, en rachetant des parts de marché, d'où le phénomène de fusions et de concentration dans des groupes de plus en plus tentaculaires. Les prévisions de croissance à court terme du Pib espagnol sont les meilleures de l'Union européenne ; le niveau de vie a considérablement augmenté dans les quinze dernières années, mais beaucoup reste encore à faire. D'où une ambiance dynamique que l'on peut mesurer à la création d'entreprises, ou à leur croissance. En France, le climat est généralement à la morosité. Il faut dire que les pouvoirs publics se sont quelque peu acharnés sur les entreprises ces dernières années. Tout au contraire le gouvernement espagnol a pris des mesures pour encourager les entreprises et leur permettre de se développer dans un environnement sécurisé. Combien de conseillers fiscaux français savent qu'un régime de faveur a été institué il y quelques années pour les sociétés dites «holding», sur le modèle hollandais, présentant un véritable attrait pour toute société française ?
Autant de bonnes raisons de s'intéresser à l'Espagne. Les entreprises françaises ont tendance à «étouffer» et viennent chercher en Espagne de l'oxygène. Elles y trouvent un vent de liberté qui les ramène quelques années en arrière. Oui, mais. On ne se lance pas sur un marché que l'on ne connaît pas, et dans un pays que l'on a pratiqué seulement pendant quelques semaines de vacances, sans prendre des risques. Même si la frontière tend à disparaître au fil de l'évolution de la réglementation européenne, il faut être conscient que l'on passe d'un pays à un autre. Les mentalités ne sont pas les mêmes,les habitudes dans les affaires non plus. L'erreur à ne pas commettre est de se croire en pays conquis. Aborder le marché espagnol se fait avec des ressources, financières bien évidemment, mais surtout humaines. Si l'entreprise n'en dispose pas en interne, il faut les rechercher à l'extérieur. La prudence demande à se faire accompagner et conseiller par des professionnels spécialisés. Faire des affaires en Espagne ? Certainement, mais le marché comporte ses règles, avec ses pièges et ses risques. Beaucoup en ont fait les frais. Les temps de l'Eldorado ou du Far West sont dépassés, et la clé du succès passe par le professionnalisme mis en oeuvre pour se lancer dans cette aventure.
(A suivre)
Philippe ARRAOU
Expert Comptable, Commissaire aux Comptes, Auditor de Cuentas
Eurosud - Barcelona
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