Ampélopolis, parc international de la vigne et du vin devrait ouvrir en 2005. Un site sous la forme d'une exploitation viticole in vivo, et fédérateur d'une filière oenotouristique de plus en plus vivace.
«Ampélopolis» : le nom est évocateur pour les férus de botanique, qui auront reconnu la parenté avec «ampélopsis», le nom savant de la vigne vierge. «Ampelos» pour la vigne, et «polis» pour la ville : le nom du projet de centre international de la vigne et du vin et des productions d'Aquitaine dit bien sa volonté de puiser aux sources de la civilisation du vin, et de représenter l'art de vivre en Bordelais.
Présenté le 16 décembre à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bordeaux dans le cadre du forum du tourisme vitivinicole, le futur parc international sur le thème de la vigne et du vin est porté par l'association Ampélopolis, présidée par Joseph-Marie Bové, ex-président de l'INRA Aquitaine (Institut National de Recherche Agronomique), et père de Joseph Bové. Viticulteurs, universitaires, scientifiques, chefs d'entreprises, syndicats interprofessionnels, élus, CIVB (Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux), Caisse des Dépôts Aquitaine ont ressorti des cartons en 1999 une idée formulée par le monde du vin dans les années 1980, André Lurton à sa tête.
Même si l'étude liminaire a fait l'objet d'une visite instructive au Parc Astérix, guidée par son PDG Olivier de Bosredon, il n'est nullement question de faire du parc sur le thème de la vigne un camp retranché. Implanté sur la Technopole Montesquieu à Martillac, son entrée sera libre, avec possibilité de participer à certaines activités payantes. Surtout, sur les 110 hectares du site, 40 hectares seront consacrés à l'exploitation d'un domaine viticole en AOC Pessac-Léognan. Prise directe sur la réalité économique également pour le centre d'interprétation de la vigne et du vin, vitrine de la recherche bordelaise en matière viti-vinicole. Les visiteurs pourront profiter d'éléments récréatifs, culturels, et d'agrément avec la présence de micro-exploitations et de chais thématisés gallo-romains et médiévaux, et la mise en valeur de l'eau omniprésente sur le site, avec des bassins paysagers.
L'oenotourisme, avenir des capitales viticoles ?
Situé entre le Bassin d'Arcachon et Saint-Emilion, Ampélopolis compte 3,8 M de personnes dans sa zone de chalandise, estime son marché utile à 1,8 M de personnes et ses conditions d'équilibre à 80 000 visiteurs l'an, selon l'étude menée par l'AFIT (Association Française d'Ingénierie Touristique). Les études de définition et de faisabilité menées par le cabinet Grévin Développement sont co-financées par le Conseil régional d'Aquitaine, le Conseil Général de Gironde et la Communauté de Communes de Léognan. L'investissement total est estimé à 33 M d'euros et le chiffre d'affaires billetterie à 652 Ke en année 3. La maison des produits d'Aquitaine, le domaine viticole et les restaurants constituent l'essentiel des sources de profit, auxquelles pourrait se greffer un programme hôtelier thématisé. Une phase de programmation détaillée est actuellement en cours, de même que l'arrivée de nouveaux adhérents au sein de l'association Ampélopolis, et l'achat des terrains AOC par la SAFER (Société d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural). Si le parc devrait voir le jour en 2005-2006, la première vendange ne devrait pas intervenir avant 2010-2012. Le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bordeaux, Laurent Courbu a rappelé son soutien au projet, s'est félicité de sa vocation à la fois «fédératrice» et «sensibilisatrice» dans le monde du vin. Deux mois après la remise des premiers prix internationaux «Best of Wine Tourism» par les «capitales de grands vignobles» (Bilbao, Bordeaux, Le Cap, Florence, Melbourne, San Francisco, Santiago du Chili et Porto), la présentation d'Ampélopolis est de bon aloi pour le développement du tourisme viti-vinicole en Aquitaine(*), à l'instar de ce qui se pratique déjà avec succès dans la Rioja.
Emmanuelle FERE
| (*) Pour plus d'informations sur les initiatives oenotouristiques en Aquitaine : www.arev.org/article/articleview/719/1/388 |
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