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Pour la 23ème édition des Assises nationales des commissaires aux comptes, la profession est venue en nombre. En effet, mille congressistes assistaient les 9 et 10 décembre à cette grande manifestation annuelle qui se tenait au Palais des congrès de Bordeaux.
Si le thème retenu « l’adaptabilité et l’utilité de la mission du commissaire aux comptes » a suscité de nombreuses interventions, des débats animés, le livre vert sur l’audit proposé par Michel Barnier, commissaire européen en octobre dernier était au cœur des préoccupations de ces professionnels qui, comme l’a rappelé Claude Cazes, président de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes ont su après notamment les tempêtes de 2008 et la loi de Modernisation de
l’économie apporter des réponses concrètes, au-delà de la seule question sur leurs seuils d’intervention, à la façon dont leur mission devait s’adapter désormais au paysage économique et social français.

Une profession en ordre de marche
« Aujourd’hui, avec la norme PE, avec les guides d’application spécifiques aux Pme, avec l’engagement des commissaires aux comptes, notre mission dans les petites entreprises aboutit à une excellente performance. En s’adaptant, notre mission est devenue plus universelle, enveloppant désormais un périmètre plus large », soulignait le président Cazes, expliquant « de la plus petite à la plus grande entité, mais aussi aux plus variées, du secteur économique au secteur universitaire, en passant par les hôpitaux, les syndicats, les fonds de dotation, bientôt les comités d’entreprise et demain, pourquoi pas les collectivités locales ». 15 000 professionnels se sont ainsi mobilisés, se sont formés et ont adapté leur métier avec un seul impératif : donner de l’assurance pour chacun et une qualité d’audit irréprochable, gage de la sécurité financière légitimement attendue.
« Si l’adaptabilité était indispensable, la démonstration de l’utilité l’est encore plus pour retrouver le rapport coût/ efficacité toujours positif », constatait le président Cazes, faisant part de sa conviction que les missions de l’auditeur doivent être davantage tournées vers l’évaluation du futur que le constat du passé et de montrer aux clients PME les bénéfices de la mission de l’auditeur, trop perçue encore comme une contrainte.
Haro sur le livre vert
« En ce qui concerne la responsabilité de notre profession dans la crise, on dit non et on l’explique », assène Quitterie Lenoir, présidente de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes : « Nous faisons notre travail selon des normes légales. Nous ne faisons que certifier les comptes. Un banquier a besoin de comptes certifiés pour avoir un maximum de confiance dans ses clients PME. Néanmoins, nous ne nions pas la concentration du marché. 80% des missions s’exercent dans des structures de moins de 50 personnes ».
Le président Cazes s’est aussi insurgé contre ce livre vert qui reproche ni plus ni moins aux commissaires aux comptes de ne pas avoir anticipé la crise financière de 2008.
Venu clôturer les Assises, le nouveau ministre de la Justice Michel Mercier a essayé de calmer les esprits en déclarant que le modèle français du commissariat aux comptes est exemplaire et que le gouvernement s’engagera auprès de l’Union européenne à défendre notre conception de l’audit ». Affaire à suivre…
S.D.
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