Chantal Bussière est solennellement entrée en fonction le 2 octobre dernier dans une période de profonde mutation de l’institution judiciaire.
«Je sais pouvoir compter sur votre dévouement d’autant plus exemplaire que l’institution judiciaire traverse des zones de turbulences bien souvent injustifiées ». En préambule à son discours, la nouvelle Première présidente de la cour d’appel de Bordeaux fixe le cadre de l’action qu’elle entend mener devant un aéropage de hautes personnalités venues lui exprimer leur amitié à commencer par Gilbert Azibert, le secrétaire général du ministère de la justice. Dans le public, les avoués de Bordeaux et leurs salariés très remontés à quelques jours du vote à l’Assemblée Nationale d’un projet de loi (adopté trois jours plus tard par les députés) visant à faire disparaître leur profession.
« Je serai attentive aux mesures d’accompagnement que nécessite la mise en œuvre de la réforme concernant votre profession », indique à leur attention Chantal Bussière qui « souhaite poursuivre la modernisation dont l’institution judiciaire a besoin afin de faire face aux défis du 21ème siècle notamment par l’émergence de pôles de compétence … qui ne doivent pas conduire à une justice à deux vitesses ».
«Les défis du 21ème siècle»
Pour la première Présidente de la cour d’appel, il conviendra afin de ne pas « fragiliser l’exercice de l’autorité judiciaire » de mettre en place une commission de filtrage » afin de ne pas provoquer d’embouteillages face à « la réforme du Conseil supérieur de la magistrature et la possibilité d’une saisine par les justiciables ». Après avoir constaté que « les réformes intervenues depuis plus de 20 ans ont fini par complexifier notre système… », Chantal Bussière a conclu son discours sur la refonte de la procédure pénale qui devrait continuer à animer les palais.
La nouvelle Première présidente de la cour d’appel de Bordeaux entend rappeler que « la suppression du juge d’instruction envisagée va permettre une réflexion sur le rôle du ministère public, celui du nouveau juge des libertés, la place de l’avocat dans l’enquête et la nécessaire égalité des chances de chacun dans l’administration de la preuve… ».
Eric MOREAU