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André Ride, 61 ans, a été installé lundi 30 janvier dans ses fonctions de Procureur général près la cour d’appel de Bordeaux devant une salle comble…
Assis au premier rang des personnalités, dans un fauteuil placé au centre de la travée comme le veut l’usage, André Ride, 61 ans, le nouveau Procureur général près la cour d’appel écoute la Première Présidente. Sont présents dans la salle entre autres figures de l’institution judiciaire, Vincent Lamanda, Premier Président de la Cour de cassation et Jean-Claude Marin, Procureur général près la Cour de cassation. La salle est comble pour ce qui est un moment important. « Je tiens à redire, à l’occasion de son départ, combien j’ai apprécié pendant les deux années que nous avons passées ensemble, la qualité et la franchise du dialogue que nous avions su nouer avec Jean-Marie Darde », précise, en préambule la Première présidente, Chantal Bussière, dressant ensuite les grandes lignes du parcours du nouveau Procureur général : « Très longtemps magistrat de terrain, du plus petit tribunal de grande instance à une cour d’appel d’importance, vous venez pendant quatre années de diriger l’inspection générale des services judiciaires, véritable observatoire de notre institution ». André Ride est le 31ème Procureur général à inscrire son nom à la cour d’appel de Bordeaux.
Deux dirigeants à pouvoir égal
Une nomination qui intervient alors qu’au palais s’instruisent plusieurs affaires sensibles. Une juridiction qui ne lui est pas étrangère. Alors inspecteur général des services judiciaires (IGSJ), véritable « police des juges », il y avait initié plusieurs contrôles de fonctionnement. « La sincérité de nos premiers échanges me laisse augurer un exercice harmonieux de cette dyarchie (organisation de la justice reposant sur deux dirigeants à pouvoir égal) à laquelle je suis très attachée puisque, comme en toute démocratie, il ne peut exister de pouvoir sans contre pouvoir... » poursuit la Première présidente. S’abstenant de répondre précisément sur ce point, le nouveau Procureur général, s’adressant à Chantal Bussière, répond : « Nous n’avons jamais travaillé ensemble, mais nous nous connaissons de longue date. Nous portons sur les gens et les choses un même regard. Nous avons de la justice une même idée et nous connaissons les forces et les faiblesses de ceux qui la servent... ».
Un parquet «plus visible»
Pour André Ride, le Procureur général a un rôle multiple : « Il est d’abord le responsable du Ministère Public auprès de la juridiction d’appel (…) Il fait prendre la parole par ses avocats généraux et ses substituts généraux à l’audience ». André Ride entend, qu’outre les formations pénales, ses collaborateurs soient « visibles » aux audiences civiles, commerciales ou sociales, « à chaque fois que cela s’avèrera nécessaire si les moyens m’en sont donnés ». Autre cercle de compétences, le Procureur général « doit veiller à l’application de la loi pénale dans toute l’étendue du ressort de la cour ». Ainsi, André Ride rappelle qu’il souhaite « une politique pénale cohérente appliquée dans l’ensemble des parquets afin que les citoyens n’aient pas l’impression d’être traités différemment selon l’endroit ». Un souci de lisibilité de l’action publique qui doit « être prégnant vis-à-vis des forces de police et de gendarmerie ». Le Procureur général pointe l’existence d’une jurisprudence de la cour : « n’est-il pas souhaitable qu’il y ait une réponse du parquet ? ». André Ride évoque enfin ses priorités : « La lutte contre la délinquance et la criminalité organisée, contre la délinquance quotidienne et juvénile». Le tout nouveau Procureur général met, pour conclure, l’accent sur « l’exécution effective des peines pour que commence le processus de réinsertion du condamné tant il est vrai que la crédibilité de l’autorité judiciaire serait ruinée aux yeux de tous si les peines prononcées n’étaient pas subies ».
Eric MOREAU
| Légende photo : André Ride, Procureur général près la Cour d’appel de Bordeaux. |
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