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Récemment, le Conseil national de l’ordre des médecins publiait ses statistiques sur les effectifs médicaux, leur répartition par région et par spécialité. Pour la première fois, on relève un retournement de tendance significatif : le nombre de médecins en activité est passé de 340,4 médecins pour 100.000 habitants au 1er janvier 2007 à 322,44 au 1er janvier 2008.
Il s’agit là des conséquences d’une gestion à courte vue des effectifs médicaux depuis une quarantaine d’années. La diminution du numerus clausus des étudiants en médecine admis en seconde année était considérée comme le meilleur moyen de freiner les dépenses de santé. Ce numerus clausus est passé de 8600 étudiants dans les années 1970 à 4000 dans les années 1990. Il est remonté par paliers successifs jusqu’à 7300 étudiants en 2008. Mais la longueur des études médicales apparaît telle que cette augmentation des effectifs se fera sentir au mieux dans une dizaine d’années ! Si on regarde les statistiques de l’ordre des médecins, on relève que cette diminution globale dissimule de nombreuses variations régionales : les effectifs médicaux augmentent encore en région Ile-de-France et en région PACA, par exemple et diminuent sensiblement en Picardie ou en Bourgogne. La féminisation croissante de la profession induit souvent un exercice salarié à l’hôpital ou en clinique en ville plutôt qu’en libéral à la campagne.
Il faudra donc revenir un jour sur la liberté d’installation, sujet tabou pour les gouvernements successifs qui préfèrent se contenter de mesures incitatives sans grands effets.
Conséquence : 40 % des anesthésistes installés l’année dernière dans notre pays et 17 % des chirurgiens viennent de l’Union Européenne, notamment de Roumanie et de Bulgarie où des agences de recrutement leur font miroiter des revenus sans rapport souvent avec la réalité.
Jacques DUCONSEIL
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