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Dans les laboratoires de l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique), on avance à grands pas sur la robotique du 21ème siècle. Le dernier prototype vient de faire sauter une génération aux humanoïdes…

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On lui donne la main comme à un enfant et il vous suivrait presque pour faire une promenade au jardin d’acclimatation. Dans les bureaux de l’INRIA, à Talence, on se croirait un peu dans l’annexe des studios de Hollywood à la préparation d’un film de science fiction. Sauf que là, la science fiction, c’est le réel ! Acroban est le fils de chercheurs venus d’horizons très divers avec en tête des rêves de lendemains différents. Sur la table de l’un, des lampes qui chantent et échangent entre elles, sur la table de l’autre, l’outillage du parfait bricoleur… Le jeune robot s’apprête, pour sa part, à jouer les vedettes au salon Innorobo qui se tiendra fin mars à Lyon. Un lieu incontournable pour tous les scientifiques. Et là, force est de constater que les Talençais ont une longueur d’avance : Acroban est le prototype d’une nouvelle génération appelée à bouleverser l’ordre établi dans la hiérarchie des humanoïdes à la sauce japonaise…
Une curiosité artificielle
« Il a été conçu à l’aide de matériaux simples et peu onéreux », précise Pierre-Yves Oudeyer, le responsable scientifique de cette unité de 12 personnes aux compétences complémentaires qui s’est penché sur le berceau du nouveau né. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : « Les ingénieurs savent concevoir des machines capables de rivaliser avec un Kasparov aux échecs, conçues selon la logique d’un cerveau humain adulte et bien garni. Sauf que quand on met les mêmes machines face à un enfant de cinq ans, elles sont perdues…». Un enfant, c’est bien de cela dont il s’agit : « On s’est dit que l’intelligence résidait dans la capacité d’apprendre. Nous travaillons à ce qu’Acroban ait un jour la capacité d’évoluer par lui-même comme un enfant. L’objectif est qu’il découvre son corps, le monde qui l’environne. Nous cherchons à créer une curiosité artificielle », poursuit Pierre-Yves Oudeyer qui décrit la prochaine étape : « On va essayer de fabriquer une sorte de cerveau artificiel avec pour objectif que notre robot évolue comme un jeune humain d’un an ». Un petit pas pour Acroban...
Accompagner l’homme
A chacun son robot domestique, pour faire le ménage, réaliser de menus travaux ou assister les personnes âgées …
Les scientifiques bordelais de l’INRIA sont convaincus que le 21ème siècle sera celui d’une société mixte où la robotique tiendra une place prépondérante : « Des robots comme Acroban devraient permettre d’accompagner dans les tâches domestiques des personnes à mobilité réduite ou d’assister des personnes âgées dans une société qui va compter de plus en plus d’anciens», déclare Olivier Ly qui vient de consacrer deux années complètes à l’élaboration d’Acroban. « Nous voyons déjà émerger toute une famille de robots aspirateurs. La prochaine étape est sans doute une série plus sophistiquée qui, tout en assurant des tâches ménagères, seront capables de mettre en relation un malade avec son médecin». Le marché de la robotique ne cesse de progresser et le cabinet ABI Research estime qu’il atteindra 14 milliards d’euros à l’horizon 2015. Au 21ème siècle, les robots personnels feront, selon les études scientifiques les plus récentes, partie de notre quotidien «comme au 20ème siècle les ordinateurs et l’automobile». De belles batailles en perspective sur un marché plus qu’émergent…
Eric MOREAU
Légende photo 1 : Le robot Acroban est une petite révolution dans le domaine de la recherche.
Légende photo 2 : Acroban, le must en matière de robots… |
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