L’année 2010 ne pouvait mieux commencer pour les ostréiculteurs du Bassin d’Arcachon. En guise d’étrennes, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche a en effet confirmé le 31 décembre l’abandon du test souris au profit d’un test chimique plus fiable et plus précis.

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«C’est la fin d’un combat que nous menons depuis 2005, date de la première fermeture !», se réjouit Marc Druart, ostréiculteur à Gujan-Mestras à la retraite depuis quelques semaines : A titre personnel, ces crises successives m’ont conduit à perdre des marchés notamment avec les grandes surfaces. Avec, en plus, la crise des naissains, j’ai mis la clef sous la porte...» L’ostréiculteur a été pendant de nombreuses années le président de la section régionale conchylicole. A ce titre, il a eu à gérer quelques années difficiles lorsque les interdictions préfectorales se succédaient : «Nous avons été fermés jus-qu’à six fois par an pendant cinq ans sans que l’on puisse jamais nous dire de quoi mouraient les huîtres ! Avec la méthode chimique que nous n’avons cessée de réclamer, notre activité aurait été interrompue seulement deux fois...» Marc Druart n’a pas oublié le 6 septembre 2006 lors-que Dominique Bussereau (NDLR : le ministre de l’Agriculture et de la Pêche de l’époque) avait évoqué le décès de deux personnes ayant mangé des huîtres : «On nous a mis deux morts sur le dos ! La suite nous a innocentés. C’était une injustice...».
« J’ai perdu 50% de mon chiffre »
A 28 ans, Benjamin Lefèvre est l’un des plus jeunes professionnels du Bassin d’Arcachon. L’été dernier, il a, comme la majorité de ses collègues ostréiculteurs, bravé l’interdiction de vente des coquillages. Interdiction consécutive au test sur les souris.
Une entrée en résistance qui a conduit le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Bruno Le Maire à accélérer le processus de modification des tests : «C’est un grand soulagement ! On va peut-être pouvoir enfin envisager de travailler correctement l’été prochain, poursuit Benjamin Lefèvre. Quand je me suis lancé, il y a quatre ans en juillet, la décision d’interdiction de vente est tombée comme un couperet dès le mois suivant... L’été dernier, à cause des tests, j’ai perdu 50% de mon chiffre ». Le jeune ostréiculteur de Gu-jan-Mestras n’en a pas pour autant fini avec les difficul-tés : «Cette année, j’ai eu chaud, mais mon banquier m’a fait confiance. Pour l’instant, nous vivons au jour le jour sans investir et j’ai dû renoncer à une embauche... ».
Prévenus par SMS
Le premier test chimique entrera en application sur le Bassin d’Arcachon lors des prochains prélèvements programmés pour le 18 janvier. C’est par SMS qu’Olivier Laban, l’actuel président de la section régionale conchylicole a prévenu ses collègues, la veille du réveillon. C’est au moyen de la même méthode qu’ils étaient informés des résultats du test sur les souris: « Les SMS étaient attendus avec angoisse ... ». De son côté, le ministère précise que « le test chimique décidera désormais des fermetures de bassin, mais le test souris est maintenu comme dispositif de vigilance vis-à-vis des toxines inconnues ou émergentes. Les tests souris consistent à injecter des extraits d’huîtres aux rongeurs pour déceler la présence éventuelle de micro-algues toxiques pour l’homme. Si deux souris sur trois meurent dans les vingt quatre heures, les coquillages sont déclarés impropres à la consommation et le ramassage et la vente sont interdits.
Eric MOREAU
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