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Le défi «winery» de Philippe Raoux
Philippe Raoux, PDG de la société de négoce Marjolaine, a décidé de rompre avec la tradition viticole du bordelais en construisant la première « winery » pour touristes du Médoc. Ouverture prévue en janvier 2007.
20 hectares de terrain le long de la route touristique du Médoc, 10 000 m2 de bâtiments, un parc avec des aires de pique-nique, un plan d'eau et des oeuvres d'art comme signature du maître des lieux : la première « winery » médocaine est en train de voir le jour sur la commune d'Arsac, sous l'impulsion de Philippe Raoux.
Le PDG de la SA de négoce Marjolaine, spécialisée dans la vente de vin par correspondance, a décidé d'investir 12 millions d'euros dans ce projet à la fois industriel, commercial et oeno-touristique.
Dès le mois de décembre, il y installera le siège de sa société de négoce, ses locaux de production, d'emballage et d'expédition jusqu'ici implantés dans de vieux entrepôts du quartier des Chartrons à Bordeaux.
Il en profite d'ailleurs pour abandonner le nom Marjolaine et la marque Chamvermeil pour tout regrouper sous son nom et au sein d'un seul site : la « winery Philippe Raoux ».
La partie commerciale et touristique de ce complexe devrait ouvrir début janvier 2007 et conduire à l'embauche d'une douzaine d'employés supplémentaires. Philippe Raoux compte y attirer 80 000 à 100 000 visiteurs par an. Il y aura un restaurant, des salles de séminaires, des aires de pique-nique dans le parc et bien sûr une grande boutique. Si le concept est bien connu dans les vignobles anglo-saxons du « nouveau monde », il est encore quasiment inexistant dans le Bordelais, où la tradition continue d'associer le vin aux belles propriétés viticoles, aux chais anciens et à un certain décorum.
En pleine crise viticole, Philippe Raoux a décidé de prendre un pari différent : paniers-repas, attractions variées, «oenoprofil», tous les moyens seront bons pour attirer les touristes et les inciter à quitter les lieux avec quelques bouteilles de vin dans le coffre de leur voiture, au risque d'y perdre un peu de « l'âme » du vin de Bordeaux. «
La tradition n'a de sens que si elle sait évoluer, répond-il. Si les vins du nouveau monde ont su gagner du terrain, c'est parce que l'absence de tradition leur a permis de coller aux évolutions du marché et des demandes des consommateurs. C'est ce que nous voulons faire également. Le vin est devenu un produit comme un autre, explique-t-il. Nous devons multiplier les occasions de le vendre et attirer une clientèle la plus large possible ». Dans sa winery, les touristes plus ou moins initiés aux subtilités du vin pourront ainsi déguster, déjeuner, se divertir ou participer à des séminaires. Philippe Raoux entend également mettre en place des circuits touristiques de visite et de dégustation dans divers châteaux médocains. L'art contemporain, véritable passion pour celui qui a fait du château d'Arsac un musée à ciel ouvert, y aura également sa place.
Des oeuvres acquises au fil du temps viendront baliser les itinéraires de promenade. Dès l'ouverture du site, une immense sculpture mobile de 15 mètres de haut de l'artiste japonais contemporain Susumu Shingu sera d'ailleurs installée à l'entrée de la winerie. Philippe Raoux espère drainer sur ce site une partie du flux important de véhicules qui empruntent chaque année la route du Médoc. On peut également supposer que si le grand contournement venait à passer non loin de là, il ne fera certainement pas partie de ceux qui défileront pour s'y opposer.
Sophie LEMAIRE
| Légende photo : 12 millions d'euros sont consacrés à ce projet d'envergure. |
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| © Les Echos Judiciaires Girondins - Journal N° 5296 du 10/10/2006. Tout droit révervé. |
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