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A J-24 de la présidentielle, les syndicats peinent à mobiliser sur les salaires

"Plus de salaires! Moins de précaires!": à moins d'un mois de la présidentielle, des milliers de manifestants ont battu le pavé jeudi pour réclamer une revalorisation des salaires, avec des rangs peu fournis dans un...

Manifestion à Nantes pour réclamer une revalorisation des salaires le 17 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Loic VENANCE)

« Plus de salaires! Moins de précaires! »: à moins d’un mois de la présidentielle, des milliers de manifestants ont battu le pavé jeudi pour réclamer une revalorisation des salaires, avec des rangs peu fournis dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine.

Manifestants à Nantes le 17 mars 2022 pour une revalorisation des salaires (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Loic VENANCE)

« Près de 80.000 participants » et 160 rassemblements et manifestations ont été recensés par la CGT, qui appelait à manifester avec la FSU, Solidaires, l’Unsa et plusieurs organisations lycéennes.

(Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Agnes COUDURIER)

Le ministère de l’Intérieur a lui compté 165 événements pour 30.800 participants dans toute la France, dont 3.200 à Paris.

Manifestion à Nantes pour réclamer une revalorisation des salaires le 17 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Loic VENANCE)

La journée du 27 janvier avait réuni 89.000 manifestants en France selon les autorités, plus de 150.000 selon les organisateurs.

Côté agents publics, l’appel à la mobilisation semblait peu suivi, avec un taux de grévistes « inférieur à 2% à midi » dans la fonction publique d’Etat, selon le ministère.

Peu de perturbations étaient constatées dans les transports, sauf dans l’est de la France où seul un TGV sur deux circulait vers Strasbourg, Reims et Metz/Nancy. Les syndicats de la RATP réservent leurs forces pour une journée de grève le 25 mars.

– « Année record des bénéfices » –

A Paris, le cortège –aux rangs distendus– s’est élancé en début d’après-midi de la place de la République vers Chaussée d’Antin-La Fayette, derrière une banderole: « Exigeons l’augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux ».

« Il faut d’urgence augmenter les salaires », a plaidé le numéro un de la CGT Philippe Martinez, s’inquiétant de la « petite musique face aux événements dramatiques et la guerre en Ukraine » sur les difficultés vécues par les entreprises. Il a noté que « 2021 a(vait) été une année record des bénéfices des grosses entreprises, des dividendes versés aux actionnaires », malgré la crise liée au Covid-19.

Quant aux fonctionnaires, il a plaidé –après l’annonce lundi du dégel du point d’indice « avant l’été »–, pour que le rattrapage « soit au niveau des pertes accumulées depuis 12 ans », estimant que les agents ont perdu « au moins 10% ».

Même « urgence » pointée par les représentants des autres syndicats, Guillaume Trichard, secrétaire général adjoint de l’Unsa évoquant une situation « explosive ».

Les cortèges ont réuni quelque 800 personnes à Clermont-Ferrand selon la CGT, entre 550 (selon la police) et un millier (syndicats) à Rennes, et près d’un millier également à Lyon, selon la police. A Dijon, ils n’étaient qu’une centaine. La guerre en Ukraine « écrase beaucoup de choses. C’est difficile », reconnaissait Fabian Clément (FSU).

Ils étaient 300 à défiler à Besançon et à Perpignan, quelques centaines à Toulouse, un demi-millier à Strasbourg et environ 700 à Lille selon la préfecture. La police a compté 600 manifestants à Bordeaux et la CGT 2.000.

– « Un peu de bonheur » –

Dans le cortège parisien, auquel les candidats Fabien Roussel (PCF) et Philippe Poutou (NPA) ont participé, un speaker au micro a crié son « soutien aux travailleurs et travailleuses ukrainiennes ».

Certains se disaient « soucieux ». Sabrina, 32 ans, conductrice de bus chez Transdev, constate que « le coût de la vie quotidienne augmente significativement, pas les salaires ».

Avec le conflit ukrainien, l’inflation, mesurée par l’Insee à 3,6% sur un an en février, pourrait encore accélérer. Le Smic pourrait en conséquence connaître une nouvelle revalorisation automatique d’au moins 2% dans les prochains mois.

La mobilisation se tenait avec la participation de l’Unsa, absente des précédentes journées, mais sans la confédération Force ouvrière, pourtant présente en janvier. C’est « dommage », a jugé le responsable de Solidaires Simon Duteil, qui plaide pour « l’unité la plus large possible ».

L’annonce d’Emmanuel Macron sur les retraites –il souhaite relever l’âge légal à 65 ans s’il est réélu– s’ajoutait aux motifs de colère jeudi. « La retraite à 60 ans ça se discute pas, la retraite à 65 on n’en veut pas! », entendait-on dans le cortège parisien, peu ou prou à l’heure où Emmanuel Macron confirmait son projet lors d’une conférence de presse télévisée. 

Dans la manifestation lilloise, Didier Hurblain (CGT) jugeait qu' »aller jusqu’à 65 ans ça va être dur ». « Quand on arrive à 60 ans on mérite d’avoir un petit peu de bonheur », estime ce boucher.

Ce sujet devrait aussi animer le 1er-Mai, vers lequel se projettent déjà les leaders syndicaux. Une manifestation des organisations syndicales de retraités est en outre prévue le 24 mars.

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