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A la veille de leur grève, les élèves de l’ex-ENA dénoncent un « cursus chaotique »

Un "cursus chaotique", une "improvisation permanente", de nombreux "dysfonctionnements" : les élèves de l'ultime promotion de l'ENA dénoncent vivement leurs "conditions de formation" dans une tribune publiée en ligne mercredi par Le Monde, à la...

Le logo de l'Institut national du service public (INSP) qui a remplacé l'ENA, le 28 janvier 2022 à Strasbourg (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Frederick FLORIN)

Un « cursus chaotique », une « improvisation permanente », de nombreux « dysfonctionnements » : les élèves de l’ultime promotion de l’ENA dénoncent vivement leurs « conditions de formation » dans une tribune publiée en ligne mercredi par Le Monde, à la veille d’un mouvement de grève quasi inédit.

Dans le sillage des diplomates, qui avaient fait grève le 2 juin, une première en vingt ans, les élèves de la promotion Germaine Tillon pointent une « succession de réformes » mises en oeuvre de manière « précipitée et non concertée ».

« C’est aujourd’hui l’attractivité même de la fonction publique qui est en danger », assènent ces futurs hauts fonctionnaires de l’Ecole nationale d’administration.

Créée en 1945 par le général de Gaulle, l’ENA a été supprimée le 1er janvier pour faire place au nouvel Institut national du service public (INSP) voulu par Emmanuel Macron dans le cadre d’une vaste réforme de la haute fonction publique.

« L’extinction du corps préfectoral et du corps diplomatique » et « la suppression de notre école » ont été « orchestrées sans visibilité suffisante » et « ont profondément déstabilisé les fonctionnaires concernés », déplorent-ils.

Quant à la création de l’INSP, « elle s’est jusqu’à présent traduite par un cursus chaotique », selon eux, avec des « modifications brutales du contenu des enseignements (qui) ont donné lieu à une improvisation permanente ».

S’ils partagent « la volonté d’améliorer la formation des fonctionnaires » au « service d’une action publique plus proche des citoyens », ils déplorent que « les dysfonctionnement au sein du nouvel INSP mettent en péril ces objectifs ».

Les élèves pointent aussi « l’incertitude et l’opacité générées par les nouvelles épreuves de sortie, qui ne sont toujours pas définies à moins de trente jours de leur échéance » alors qu’elle étaient censées « revenir sur un classement décrié depuis des générations ».

Ces nouvelles épreuves « renforcent au contraire l’arbitraire auquel notre promotion est confrontée », fustige la tribune, adoptée à la quasi-unanimité par les 82 élèves de la promotion.

Sans remettre en cause « la fin de l’accès direct » des énarques frais émoulus aux grands corps de l’Etat, ils affirment que « certains postes proposés à la sortie de l’INSP ne correspondent pas à des fonctions d’encadrement supérieur de l’Etat » et s’inquiètent d’un « recours accru à l’externalisation » des missions de l’Etat, en écho au débat sur les cabinets de conseil.

« C’est le modèle de l’INSP qui, après à peine six mois d’existence, est dangereusement remis en cause », concluent les élèves de la promotion Germaine Tillon, grande figure de la Résistance.

Par leur « mobilisation inédite », ils réclament « le respect des engagements pris envers (leur) promotion et la définition, en concertation, des conditions de carrières méritocratiques, ouvertes et transparentes des futurs fonctionnaires ».

Interrogée par l’AFP, la direction de l’INSP n’a pas souhaité réagir à cette tribune.

ha/bdx/bow

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