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Achat de votes à Corbeil-Essonnes: détention requise en appel contre des ex-proches de Serge Dassault

Deux ans de détention, dont 18 mois avec sursis, ont été requis lundi à l'encontre de l'ancien maire LR de Corbeil-Essonnes et ex-bras droit de Serge Dassault, Jean-Pierre Bechter, jugé en appel aux côtés de quatre personnes pour des soupçons d'achat...

Jean-Pierre Bechter (D), alors maire de Corbeil-Essonnes, au côté de Serge Dassault, le 13 mars 2014 à Corbeil-Essonnes (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - FRANCOIS GUILLOT)

Deux ans de détention, dont 18 mois avec sursis, ont été requis lundi à l’encontre de l’ancien maire LR de Corbeil-Essonnes et ex-bras droit de Serge Dassault, Jean-Pierre Bechter, jugé en appel aux côtés de quatre personnes pour des soupçons d’achat de votes lors des municipales de 2009 et 2010.

Le maire réélu de Corbeil-Essonnes Jean-Pierre Bechter donne un coup de téléphone au quartier général de la campagne UMP pour l’élection municipale, le 12 décembre 2010 à de Corbeil-Essonnes (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – BERTRAND LANGLOIS)

M. Bechter, âgé aujourd’hui de 77 ans, était « partie prenante de ce système d’achat de votes », a affirmé le procureur dans son réquisitoire.

Le parquet a requis à son encontre deux ans de détention à domicile sous bracelet électronique, dont 18 mois avec sursis, une amende de 15.000 euros, 10 ans d’inéligibilité et cinq ans d’interdiction du droit de vote pour achat de votes et financement illégal de campagne électorale.

Il a requis 12 mois de détention dont 10 mois avec sursis, 15.000 euros d’amende, cinq ans d’inéligibilité et cinq ans d’interdiction du droit de vote contre l’ancien adjoint à la mairie Jacques Lebigre, 80 ans.

Lors du procès en première instance, MM. Bechter et Lebigre avaient été condamnés à deux ans de détention à domicile sous bracelet électronique.

Le procureur a, par ailleurs, requis 12 mois de détention avec sursis contre l’ex-adjointe Christelle de Oliveira, poursuivie pour blanchiment de financement illégal de campagne et recel. En première instance, elle avait été condamnée à 18 mois de prison dont un an ferme sous bracelet électronique.

En première instance, le tribunal correctionnel avait condamné six personnes au total, le 17 décembre 2020, pour leur participation à un système pyramidal de corruption électorale alimenté par la fortune du milliardaire, Serge Dassault, décédé en 2018.

Selon l’accusation, le système consistait à recruter des équipes dans les quartiers populaires pour convaincre les habitants de voter pour la liste Bechter en échange d’argent, de promesses de logement ou d’emploi.

En 2009, Serge Dassault, maire RPR puis UMP de cette commune de l’Essonne depuis 1995, avait été déclaré inéligible, du fait de « dons d’argent » suspects.

Il avait alors passé la main à Jean-Pierre Bechter qui avait remporté une première élection partielle en 2009, à nouveau invalidée pour irrégularité de bulletins. M. Bechter avait finalement gagné en 2010.

Seuls MM. Bechter, Lebigre et Mme de Oliveira étaient présents à l’audience.

Condamné à deux ans de prison pour avoir été un intermédiaire, Younès Bounouara n’a fait appel que de la confiscation de 150.000 euros et du refus par le tribunal de confondre sa peine avec celle de 15 ans qu’il purge actuellement pour une tentative d’assassinat, liée à ces soupçons d’achat de votes.

Machiré Gassama, ancien directeur du service Jeunesse et sports de la ville, qui s’était vu infliger un an de prison sous bracelet pour avoir été une cheville ouvrière du système, s’est finalement désisté.

Enfin, Mounir Labidi, ex-agent municipal condamné en son absence à deux ans de prison, est toujours en fuite.

Le procès doit s’achever mardi.

aje/pga/tes

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