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Au Salon de l’agriculture, Neige, les « experts » et la joie retrouvée

La première gorgée de bière, l'odeur de la viande grillée, la beauté d'une robuste vache montagnarde: loin du conflit qui secoue l'Europe, le public retrouvait samedi avec bonheur et appétit le chemin...

Un enfant regarde une vache le 26 février 2022 au Salon de l'agriculture à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Ludovic MARIN)

La première gorgée de bière, l’odeur de la viande grillée, la beauté d’une robuste vache montagnarde: loin du conflit qui secoue l’Europe, le public retrouvait samedi avec bonheur et appétit le chemin de la ferme, au Salon de l’agriculture.

Des visiteurs le 26 février 2022 au Salon de l’agriculture à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ludovic MARIN)

« Elle est belle mais elle est petite, non ? » demande Valentin, 9 ans, à sa soeur, désignant Neige, la vache égérie de la 58e édition du salon et élite de la race montagnarde Abondance, 1,42 mètre au garrot pour plus de 650 kilogrammes. 

Un producteur de Beaufort au salon de l’agriculture le 26 février 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ludovic MARIN)

« Elle a vu le président, il paraît », répond sa soeur. Certes loin de la tonne affichée par certaines races à viande – Neige donne du lait pour fabriquer un reblochon crémeux que n’a pas manqué de goûter le Premier ministre Jean Castex -, la star du salon attire les visiteurs, venus en nombre retrouver la grande foire parisienne, après une année blanche due au Covid-19.

Au salon de l’agriculture le 26 février 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ludovic MARIN)

C’est bien sous le regard de Neige que le président Emmanuel Macron a coupé le ruban inaugural peu avant 09H00, au terme d’une visite écourtée par la crise en Ukraine.

Très vite, le salon se remplit. Une joie électrique parcourt la foule des badauds, qui passe très vite des viennoiseries à la bière, dans un ambiance toujours bon enfant.

« On est parties tôt ce matin en bus du Calvados, seulement pour la journée », raconte Sylvie Marie, 48 ans, femme de ménage, venue avec sa mère, sa sœur et sa fille. « C’est un vrai plaisir de revenir. Ça fait deux ans qu’on ne sort pas alors vous comprenez, ça fait du bien », se réjouit-elle auprès de l’AFP.

« On va voir les cochons! » hurle Thomas, 8 ans, qui découvre avec effarement que le porc cul noir du Limousin n’est pas rose et lisse mais « a des poils partout » avec des taches noires. Non loin, une famille cède au plaisir du selfie devant la Charolaise « Obama », colosse laineux et fameuse race à viande. 

Arthur, 10 ans, cherche les poules: « Y’en a pas cette année » lui répond son père, renonçant à lui parler de la grippe aviaire. Il apprend en revanche que le « géant des Flandres » est un lapin qu’il peut toucher à travers la cage.

         – Crème d’ail et tartiflette –

Etudiant, banquier, enseignante: beaucoup sont d’abord là pour « voir les animaux ». En master de droit rural à Lyon, Justine Dupont, 22 ans, est venue spécialement pour les « ovinpiades »: elle s’est fait « vacciner pour pouvoir être là » et soutenir son frère, qui participe à un concours de jeunes bergers.

Il y a les vieux habitués qui reviennent chaque année sur leur stand préféré – ici les fritures de l’Atlantique, là la crème d’ail de la Drôme – et ceux qui découvrent, souvent ébahis, la riche palette française, où l’orge sert à nourrir les bêtes, faire des pains et de la bière. 

Dans l’après-midi, rassasiés de tartiflette ou de sandwichs au jambon de pays, les enfants entraînent leurs parents aux sessions « quiz » qui fleurissent un peu partout dans le salon.

Au stand de la filière pêche, l’animatrice demande: « Qui vient acheter le poisson à la criée? ». « Heu… le maraîcher? Non, le mareyeur », risque un parent.

Le quiz de l’agence de la transition écologique Ademe prend quelques risques dans ce temple de la tradition. Constatant que « 70% de la surface agricole utile française sert à produire de l’alimentation animale », Fred, l’animateur, suggère « de manger peut-être un peu moins de viande ». 

« C’est pas manger moins de viande qu’il faut, c’est manger mieux! » réagi vivement un éleveur de vaches allaitantes. « Chez moi, dans le Lot, les vaches sont nourries à l’herbe des pâturages, on est quasiment autosuffisants », explique Joël au micro tendu par Fred. Ce dernier sourit: « C’est qu’on a affaire à des experts cette année ».

adr-sb/p/cm

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