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Canicule: en Bretagne, branle-bas de combat pour rafraîchir truies et vaches

Alors que le mercure frôle les 35 degrés, Lydia s’inquiète pour sa soixantaine de truies qui s'apprêtent à mettre bas: l'éleveuse bretonne a activé un goutte-à-goutte sur leur nuque et dévié l'irrigation de ses champs...

Lydia, éleveuse, règle un goutte-à-goutte pour rafraîchir ses truies, le 17 juin 2022 à Kerfourn, dans le Morbihan (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - DAMIEN MEYER)

Alors que le mercure frôle les 35 degrés, Lydia s’inquiète pour sa soixantaine de truies qui s’apprêtent à mettre bas: l’éleveuse bretonne a activé un goutte-à-goutte sur leur nuque et dévié l’irrigation de ses champs pour arroser le toit de la porcherie. 

(Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Simon BARRAU)

« C’est complètement inédit, on est en Bretagne quoi! », s’exclame l’éleveuse qui, avec son mari Philippe, élève quelque 3.200 porcs à Kerfourn (Morbihan).

Lydia, éleveuse, surveille ses truies qui s’apprêtent à mettre bas, le 17 juin 2022 à Kerfourn, dans le Morbihan (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – DAMIEN MEYER)

L’eau, qui normalement irrigue ses cultures de blé, colza et maïs, est aspergée non stop sur le toit en plein cagnard. 

Arrosage du toit d’une porcherie pour faire baisser la température à l’intérieur, le 17 juin 2022 à Kerfourn, dans le Morbihan (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – DAMIEN MEYER)

Même si elle s’évapore presque immédiatement, l’éleveuse espère faire baisser la température d’un ou deux degrés à l’intérieur. 

L’éleveur Gaëllic Le Roux trait ses vaches, le 17 juin 2022 à Pipriac, en Ille-et-Vilaine (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Damien MEYER)

« La chaleur n’est jamais bonne pour les cochons parce qu’ils ne transpirent pas. Donc, leur température corporelle monte comme une cocotte minute, ils ventilent et ils peuvent en mourir », explique Lydia, 50 ans, qui ne souhaite pas donner son nom de famille. 

Des vaches passent sous un brumisateur pour les rafraîchir, le 17 juin 2022 à Pipriac, en Ille-et-Vilaine (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Damien MEYER)

Mais le risque est double aujourd’hui pour ses 65 truies qui doivent mettre bas entre dimanche et mercredi « car elles pourraient avoir leurs petits plus tôt que prévu », ce qui n’est jamais souhaitable, selon l’éleveuse qui s’occupe au total de 350 truies. 

Elle parcourt les couloirs de la maternité: toutes allongées, certaines ventilent déjà « mais difficile de savoir si c’est le travail qui commence ou si c’est la chaleur », affirme l’éleveuse.

A la mi-journée la température frôle les 30 degrés: elle décide d’activer le système de goutte-à-goutte. « Chaque heure, 2 litres d’eau gouttent délicatement sur la nuque », explique Lydia en caressant sa truie. 

– 16 litres par jour –

Cette éleveuse conventionnelle est également vigilante sur la consommation d’eau de ses truies pour qu’elles puissent produire assez de lait.

« Normalement, je leur donne 16 litres d’eau par jour; là, j’aimerais qu’elles en boivent au moins 25 », explique Lydia, qui avait déjà connu un épisode de chaleur similaire il y a deux ans.

« Ce qui pose problème, c’est que les températures baissent de moins en moins la nuit. Donc, je n’arrive pas à faire baisser la température du bâtiment », assure l’éleveuse qui, malgré la chaleur et sa combinaison complète, garde le sourire. 

-Bicarbonate pour ses vaches- 

A 70 kilomètres de là, près de Pipriac (Ille-et-Vilaine), Gaëllic Le Roux, 40 ans, est aussi sur le pont. 

Cet éleveur de 70 vaches laitières, qui cultive 80 hectares de blé, de maïs et de colza pour les nourrir, a commencé mercredi à ajouter du bicarbonate de soude dans leur portion de maïs, herbe et colza. 

L’objectif: préparer les vaches à la chaleur et faciliter leur digestion.

Par de telles températures, il utilise également un brumisateur artisanal: deux asperseurs sur un tuyau d’arrosage suspendu au-dessus de ses vaches qui passent à la traite, collées les unes aux autres.

M. Le Roux a mis en place ce système D avec sa femme Léna dès qu’ils ont repris cette exploitation, il y a 11 ans: « on vient du Finistère nous donc c’est des températures qu’on n’avait jamais vues ! »

« Quand il fait aussi chaud, les vaches produisent moins de lait », explique Léna Le Roux, 35 ans, casquette mouillée sur la tête. 

« Des pics de chaleur comme ça, ça va, mais faut pas que ça dure plus longtemps », poursuit l’éleveuse.

Ce qui inquiète son mari, c’est surtout la sécheresse: « elle est bien partie pour arriver cet été et, si jamais les rendements du maïs que je cultive sont mauvais, je ne sais pas comment je vais pouvoir nourrir les vaches l’année prochaine! » s’exclame Gaëllic Le Roux.

cka/et/mcl/lum

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