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Changer de regard sur le chômage est « indispensable », plaident des associations

Sentiment d'être perçu comme un "boulet", de "ne plus rien valoir", "honte"...: il est "indispensable" de changer de regard sur le chômage, plaide un collectif d'associations dans un livre blanc construit à...

Un couloir d'une agence Pole Emploi à Marseille, le 14 décembre 2020 en France (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - NICOLAS TUCAT)

Sentiment d’être perçu comme un « boulet », de « ne plus rien valoir », « honte »…: il est « indispensable » de changer de regard sur le chômage, plaide un collectif d’associations dans un livre blanc construit à partir de paroles de chômeurs publié mardi.

Les 20 associations, qui composent ce collectif, dont Solidarités nouvelles face au chômage (SNC), ATD Quart monde, le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) ou encore Territoires zéro chômeur longue durée (TZCLD), entendent interpeller les candidats à la présidentielle sur ce besoin de « fissurer » le mur des préjugés. 

Ils notent que la campagne électorale est « un moment propice » pour un « changement de discours », alors que le pays compte encore plus de 5,6 millions de demandeurs d’emploi (catégories A, B et C), selon les derniers chiffres officiels.

Les paroles recueillies, articulées autour de cinq chapitres, se concentrent beaucoup, expliquent les auteurs, « sur les faiblesses du système actuel de soutien aux chômeurs, l’indifférence de l’opinion publique, mais aussi les désirs, les capacités » des chercheurs d’emploi.

Ceux-ci veulent « être entendus », alors que la crise sanitaire fait qu’ils sont « doublement pénalisés » et que la réforme de l’assurance chômage « va aggraver leur situation », soulignent les associations.

Le regard négatif porté sur eux « joue de manière importante » sur leur motivation, note le livre blanc, rapportant par exemple le témoignage d’un chômeur pour qui « le regard des gens est tellement insupportable », un autre plaidant qu’il faut cesser de les culpabiliser « en sous-entendant que ce sont des feignants ou des incompétents ».

Pourtant les chômeurs « restent des personnes actives », engagées dans des associations, des cours particuliers, se formant, soulignent les associations, qui dénoncent un « stéréotype de l’immobilité et de l’enfermement ».

« Je programme mes journées comme si j’étais au travail », dit l’un, « pas une journée sans que je sois sur mon ordinateur dès 8h le matin pour consulter les offres » d’emploi, dit l’autre.

– « Déshumanisation » –

Mais leur motivation « s’étiole avec le temps », et « il est urgent » que la question de la rapidité de prise en charge soit traitée, souligne le livre blanc, déplorant aussi une « déshumanisation des démarches », plusieurs demandeurs d’emploi se disant lassés d’avoir affaire à des « machines ».

Les demandeurs d’emploi sont en demande d' »un accompagnement sur mesure et un regard de confiance pour se remobiliser, plus qu’un accompagnement technique ». Ils portent un regard critique sur les institutions qui les accompagnent, dont Pôle emploi: « ces acteurs sont une nébuleuse », « à côté de la plaque », des conseillers « débordés »…

Ils rapportent aussi que « plus le temps du chômage est long, plus les effets du chômage sur la santé sont importants », une problématique « essentielle » pour les associations, qui abordent aussi les thématiques de l’âge, de la mobilité ou encore des salaires.

Pour améliorer la donne, les auteurs formulent une série de propositions: organiser une campagne nationale pour « revaloriser » l’image des chercheurs d’emploi, mieux reconnaître le rôle d’accompagnement des associations, ou encore proposer un accès gratuit à une aide psychologique.

Le collectif, dont le pilotage est assuré par le Comité chrétien de solidarité avec les chômeurs (CCSC), évoque aussi l’idée de faire de la lutte contre le chômage une « grande cause nationale ».

Le livre blanc « Paroles de chômeurs » repose sur une enquête menée essentiellement entre février et juin 2021 auprès de personnes en situation de chômage ou l’ayant été récemment, une population ayant une « réticence habituelle » à s’exprimer.

Un questionnaire a été établi – recueillant 270 réponses – et des groupes de parole ont permis d’obtenir des expressions complémentaires, la crise sanitaire ayant limité le nombre de retours, expliquent les auteurs.

Les trois quarts des répondants au questionnaire « sont de niveau Bac+3″ et le panel n’est donc pas caractéristique de la sociologie générale des demandeurs d’emploi, une situation qu' »assume » le collectif, arguant que les résultats convergent avec « de nombreux travaux » préalables.

chl/bfa/npk

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