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Chez Amazon à New York, des salariés cochent « oui » ou « non » pour un syndicat

Pour ou contre la création du premier syndicat américain chez Amazon en près de 30 ans? Dans le calme, des salariés de l'entrepôt JFK8 d'Amazon à New York attendent patiemment leur tour pour voter sous...

Des salariés attendent pour voter sur la création d'un syndicat, devant un entrepôt Amazon à Staten Island, aux Etats-Unis, le 25 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Ed JONES)

Pour ou contre la création du premier syndicat américain chez Amazon en près de 30 ans? Dans le calme, des salariés de l’entrepôt JFK8 d’Amazon à New York attendent patiemment leur tour pour voter sous une tente installée devant l’entrée principale du bâtiment.

Des salariés après avoir voté sur la création d’un syndicat, devant un entrepôt Amazon à Staten Island, aux Etats-Unis, le 25 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ed JONES)

Le scrutin, organisé par l’agence chargée du droit du travail, a débuté vendredi matin sous un ciel voilé, et doit s’étirer jusqu’au 30 mars. Sur deux plages horaires afin d’accommoder tous les travailleurs: de 08H00 à 13H00 et de 20H00 à 01H00 du matin. 

Des salariés vont voter sur la création d’un syndicat, devant un entrepôt Amazon à Staten Island, aux Etats-Unis, le 25 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ed JONES)

Amazon Labor Union (ALU), formé d’anciens et d’actuels employés d’Amazon à New York, a décroché le droit d’organiser un vote dans cet entrepôt situé dans une zone industrielle du quartier de Staten Island après avoir obtenu les signatures d’au moins 30% des employés. 

Une brochure devant un entrepôt Amazon à Staten Islan, aux Etats-Unis, le 25 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ed JONES)

Si l’organisation parvient à convaincre la majorité des votants, il s’agirait du premier syndicat aux Etats-Unis depuis la création d’Amazon en 1994.

Christian Smalls, président d’ALU, devant un entrepôt d’Amazon à Staten Island, aux Etats-Unis, le 25 mars 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ed JONES)

Par petits groupes ou seuls, les salariés rejoignent la queue. La majorité de ceux interrogés vendredi matin par l’AFP penchent pour le non. 

« On est payés plus que le salaire minimum, on a des avantages comme l’assurance santé dès le premier jour et si j’ai besoin de quelque chose, je peux aller parler directement à mon responsable », avance Georgina Aponte, 40 ans.

Habitant dans le Bronx, elle doit prendre le ferry, le métro et deux bus pour arriver à l’entrepôt, un trajet qui lui prend deux heures. « Mais j’aime travailler ici », assure-t-elle. 

Plusieurs salariés pointent du doigt l’inexpérience d’ALU. 

« Je leur accorde beaucoup de crédit pour ce qu’ils font », dit ainsi Vinny T., qui n’a pas souhaité donner son nom de famille complet. Mais « je pense qu’on a plus à perdre qu’à y gagner », ajoute-t-il.

Agé de 57 ans, il a lui-même été délégué syndical dans d’autres entreprises et trouve que son emploi chez Amazon « n’est pas si difficile ». 

– Textos et coups de fil –

Angel Arce a bien des revendications, en particulier le fait que les augmentations cessent après trois ans dans l’entreprise. Mais les dirigeants d’ALU « ne sont pas expérimentés », estime-t-il. 

Même son de cloche chez Natalie Monarrez, qui porte à la main un panneau: « J’ai rejoint ALU, j’ai quitté ALU, et je vote non ». 

Chez Amazon depuis cinq ans, elle avait adhéré à l’organisation en mai 2021, peu après sa création, et en est partie en janvier. 

« On a besoin d’un syndicat », assure-t-elle. 

« On travaille pour l’homme le plus riche au monde », Jeff Bezos, qui se dispute cette place convoitée avec Elon Musk. « La moindre chose qu’Amazon puisse faire est de nous donner un salaire décent et de traiter des problèmes de harcèlement, de discrimination », etc.

Mais elle aimerait un syndicat « établi, expérimenté (…), pas un petit syndicat indépendant dirigé par des garçons sans expérience et qui n’ont sans doute pas les qualifications », dit-elle. 

A l’arrêt de bus de l’autre côté de la barrière, puisqu’il n’a pas le droit de venir sur la propriété d’Amazon, le président d’ALU Christian Smalls, 33 ans, observe de loin depuis 07H00. 

Il a été licencié par l’entreprise en mars 2020 peu après avoir organisé un rassemblement réclamant plus de protections sanitaires face au Covid-19.

A ceux critiquant son inexpérience, il répond simplement: « Ca fait 28 ans que les grands syndicats auraient pu tenter leur chance, ils ne l’ont pas fait ».

Il reste optimiste sur le résultat du vote à JFK8, organisé quelques semaines avant un autre vote à l’entrepôt situé de l’autre côté de la rue, LDJ5.

Amazon a convoqué les salariés de ces entrepôts à de nombreuses réunions. 

« Ils nous ont dit de voter non », assure un jeune homme n’ayant pas souhaité donner son nom par peur de représailles, en affirmant avoir assisté à trois d’entre elles. 

Sur son téléphone, l’un des textos envoyés par Amazon se termine par: « Assurez-vous de voter, et si vous ne voulez pas de syndicat, nous vous encourageons à voter NON à Amazon Labor Union ». 

Le syndicat l’a aussi appelé et il a trouvé son interlocuteur « plus honnête ». Il s’est laissé convaincre et a voté « oui » vendredi.

Le décompte du vote débutera le 31 mars et pourra durer plusieurs heures, voire plusieurs jours.

Un autre scrutin se déroule dans l’Alabama, où plus de 6.000 travailleurs du site de Bessemer avaient jusqu’au 25 mars pour renvoyer leur bulletin par la poste. Le dépouillement doit débuter le 28 mars et pourrait prendre une à deux semaines.

jum/vmt/led

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