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Cinéma fantastique: « Familles, je vous hante ! »

Des enfants aux pouvoirs surnaturels, une grand-mère qui hante sa petite-fille, une mère possédée: parce qu'elles parlent à tous, les histoires d'enfance et de famille restent une formidable source pour le...

Les membres du jury de la 29e édition du festival du film fantastique de Gérardmer, le 27 janvier 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN)

Des enfants aux pouvoirs surnaturels, une grand-mère qui hante sa petite-fille, une mère possédée: parce qu’elles parlent à tous, les histoires d’enfance et de famille restent une formidable source pour le cinéma fantastique, célébré au Festival de Gérardmer.

Sensation parmi les dix films de la compétition qui s’achève dimanche, « The Innocents » le prouve avec une plongée angoissante dans le monde magique, mais cruel, de l’enfance.

Le film, qui sort le 9 février en France, met en scène quatre petits Norvégiens qui se découvrent des pouvoirs de télépathie et de télékinésie. A l’abri du regard des adultes, leurs jeux menacent de tourner au massacre.

« Je voulais entrer dans ce monde fermé de l’enfance pour vraiment essayer de voir le monde comme les enfants, et que les spectateurs retrouvent leurs propres souvenirs », explique à l’AFP le réalisateur norvégien Eskil Vogt, l’une des étoiles montantes du cinéma d’auteur nordique. Il est aussi le compatriote et scénariste de Joachim Trier.

Au-delà de l’épouvante, le film célèbre ces « espaces libres où les enfants sont tout seuls, où ils peuvent expérimenter, transgresser, et qui existent de moins en moins », ajoute-t-il.

A l’autre extrémité de la pyramide des âges, c’est avec une grand-mère que le roi espagnol de l’horreur Paco Plaza, auteur des films à succès « (Rec) » fait frémir dans « La Abuela », attendu dans les salles françaises au printemps.

Pas de journaliste en immersion dans un immeuble hanté, comme dans la série qui l’a fait connaître, mais une histoire presque intimiste, celle d’une dame âgée et grabataire (l’ancien mannequin brésilien Vera Valdez) et de sa petite-fille (Almudena Amor), hantée par la peur de vieillir.

– Possession –

Cette jeune mannequin doit quitter en catastrophe les défilés de mode parisiens où elle commençait à percer pour se rendre au chevet de sa grand-mère, dans un sombre appartement madrilène au parquet qui grince et aux portes qui claquent.

Face à cette aïeule rendue mutique par la maladie, et aux événements surnaturels qui semblent l’entourer, la jeune femme va rapidement perdre pied, dans une atmosphère en partie inspirée par le « Rosemary’s Baby » de Roman Polanski.

« Je voulais exprimer cette peur de ne pas reconnaître » un membre de sa famille qui vieillit, dit à l’AFP Paco Plaza. Une angoisse née après avoir vu sa propre tante frappée par la maladie d’Alzheimer: « On voit la personne, mais dans ses yeux on voit qu’elle n’est plus là. C’est comme une possession, dont le démon serait la vieillesse », poursuit-il.

« Le genre horrifique est la façon la plus efficace pour exprimer (…) des choses qu’on a dans la tête », ajoute Paco Plaza. « Montrer que nous avons tous beaucoup de gens à l’intérieur de nous, nos parents, nos grands-parents. On ne fait qu’ajouter des couches à la famille ».

Des questions d’héritage dont se nourrit également « Samhain », qui doit sortir en France le 10 août, et met en scène une jeune Irlandaise, Char, harcelée au lycée, qui vit en compagnie de sa mère Angela, rongée par la dépression.

Dans une banlieue de Dublin en plein préparatifs d’Halloween (« Samhain » en est le nom celte), le comportement d’Angela devient de plus en plus mystérieux et violent…

Pouvoirs maléfiques empreintés au folklore celtique, dans lequel la réalisatrice Kate Dolan a grandi, ou fruit de l’imagination torturée d’une adolescente confrontée à la dépression de sa mère ? Le film ne tranche pas.

« Dans ma famille, il y a des histoires de maladie mentale. Et ça reste pour toujours une partie de soi, même quand on veut s’en échapper », confie la réalisatrice, dont c’est le premier long-métrage, à l’AFP. « Le film essaye de dire aussi qu’il faut l’accepter, s’y confronter et qu’alors on peut survivre ».

fbe/mch/tes

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