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Commando Erignac: la demande de semi-liberté d’Alain Ferrandi rejetée en appel

La cour d'appel de Paris a annoncé mardi avoir "rejeté la demande d'aménagement de peine formulée par Alain Ferrandi", condamné à la perpétuité en 2003 pour sa...

(g-d) Croquis d'audience du 11 juillet 2003 de Pierre Alessandri, Martin Ottaviani et Alain Ferrandi à la cour d'assises spéciale de Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - LAURENCE DE VELLOU)

La cour d’appel de Paris a annoncé mardi avoir « rejeté la demande d’aménagement de peine formulée par Alain Ferrandi », condamné à la perpétuité en 2003 pour sa participation à l’assassinat du préfet Erignac.

Sa demande, qui portait sur une période de semi-liberté probatoire à la prison de Borgo (Haute-Corse) – où il est détenu -, suivie par une libération conditionnelle, avait été acceptée en première instance, le 24 février, mais le parquet national antiterroriste (Pnat) avait fait appel.

Une première demande lui avait été refusée en 2019, un rejet confirmé en appel en janvier 2020.

« Le dossier qu’on présente répond à toutes les exigences de la loi en matière de réinsertion. Emploi, hébergement si des permissions de sortie sont accordées, indemnisation des parties civiles: toutes les cases sont remplies », avait estimé son avocate Françoise Davideau avant la décision.

Lors de l’audience devant la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Paris, le 21 avril, le procureur général avait requis un rejet de la demande d’aménagement de peine.

Interpellé en mai 1999, Alain Ferrandi avait été condamné en juillet 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de dix-huit ans. Il peut prétendre à une libération conditionnelle depuis mai 2017.

Le 12 mai, la semi-liberté avait été accordée à Pierre Alessandri, autre membre du commando condamné à la perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac le 6 février 1998, mais cette décision avait là aussi été frappée d’un appel suspensif du Pnat.

Pierre Alessandri a déjà essuyé deux refus en appel, en 2020 et 2021.

Ce nouveau refus est une « décision injuste qui marque un nouvel acharnement judiciaire préjudiciable au dialogue politique nécessaire sur l’avenir de la Corse et à l’apaisement », a réagi sur Twitter le président de la Ligue des droits de l’Homme, Malik Salemkour.

« Il n’y a pas de raison objective de bloquer le dossier de M. Ferrandi. Il est dans la logique que ces gens qui n’ont jamais posé le moindre problème de comportement depuis tant et tant d’années puissent avoir un aménagement de peine », a réagi auprès de l’AFP le député nationaliste de Haute-Corse Michel Castellani.

« La prison à vie n’existe pas en France et on est en train de l’inventer pour ces gens-là malgré leur comportement et malgré le drame qu’il y a eu à Arles », a-t-il ajouté, en référence à l’agression mortelle d’Yvan Colonna le 2 mars à la prison d’Arles (Bouches-du-Rhône) par un autre détenu.

Une dizaine de jours après cette agression, et alors que la Corse était en proie à d’importantes tensions, Jean Castex, alors Premier ministre, avait accepté de lever le statut de « détenu particulièrement signalé » d’Alain Ferrandi et de Pierre Alessandri.

Cette décision avait rendu possible leur transfèrement dans une prison corse, qu’ils réclamaient de longue date pour se rapprocher de leurs proches, mais qui avait toujours été refusé jusque-là. Les deux hommes sont arrivés le 11 avril à la prison de Borgo, depuis la maison centrale de Poissy (Yvelines).

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