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« Coupable d’être flic »: rassemblements policiers après l’affaire du Pont-Neuf

"Se faire condamner ou se faire tuer ?": plus d'un millier de policiers ont manifesté lundi en France à l'appel de plusieurs syndicats pour protester contre la mise en examen pour "homicide volontaire" de leur collègue qui a tué deux hommes qui...

Une affichette "Coupable d'être flic" lors d'un rassemblement de policiers contre la mise en examen pour meurtre du policier qui a tué deux hommes sur le Pont-Neuf, le 2 mai 2022 à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Damien MEYER)

« Se faire condamner ou se faire tuer ? »: plus d’un millier de policiers ont manifesté lundi en France à l’appel de plusieurs syndicats pour protester contre la mise en examen pour « homicide volontaire » de leur collègue qui a tué deux hommes qui auraient forcé un contrôle la semaine dernière à Paris.

(Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Colin BERTIER)

A Paris, entre 800 et 1.000 fonctionnaires, selon une source policière, se sont rassemblés sur la place Saint-Michel, toute proche de l’ancien Palais de justice et du Pont-Neuf, où le policier a ouvert le feu.

Rassemblement de policiers contre la mise en examen pour meurtre du policier qui a tué deux hommes sur le Pont-Neuf, le 2 mai 2022 à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – STEPHANE DE SAKUTIN)

« Ça aurait pu finir ainsi, légitime défense pour notre collègue », pouvait-on lire sur des pancartes, avec la photo d’un corps dans une morgue ou celle d’un cercueil recouvert d’un drapeau bleu blanc rouge.

Des enquêteurs sur les lieux où deux personnes ont été tuées par la police à Paris sur le Pont Neuf le 25 avril 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ludovic MARIN)

« S’il n’avait pas tiré, il aurait pu être tué. Il a sauvé ses collègues et voilà comment il est remercié », a dit à l’AFP Yvan Assioma, secrétaire national pour l’Ile-de-France du syndicat Alliance, à l’initiative de l’appel à manifester auquel se sont joints Synergie et l’Unsa-Police.

Manifestation de policiers contre la mise en examen pour « homicide volontaire » de leur collègue qui a tué deux hommes sur le Pont-neuf, le 2 mai 2022 à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – STEPHANE DE SAKUTIN)

« On ne peut pas traiter un policier comme un délinquant », a ajouté Olivier Varlet, secrétaire général de l’Unsa. « Nous demandons une juridiction spécialisée pour qu’il y ait un positionnement commun des magistrats sur l’usage des armes ».

Des manifestants contre les violences policières contrôlés à Paris, le 2 mai 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – STEPHANE DE SAKUTIN)

« On ne demande pas un permis de tuer. Tirer ce n’est pas anodin, cela a un impact psychologique énorme », a expliqué Amandine, une policière des Hauts-de-Seine. « Il y a un refus d’obtempérer toutes les trente minutes. Qu’est ce qui est acceptable ? Se laisser rouler dessus ? »

– « Remise en cause systématique » –

Dans la nuit du 24 au 25 avril, un policier de la Compagnie de sécurisation de la Cité (CSC), armé d’un fusil d’assaut, a ouvert le feu sur le conducteur d’une voiture et son passager qui auraient tenté de se soustraire à un contrôle. 

Ils sont décédés sur place et un troisième homme, lui aussi passager du véhicule, a été blessé.

Le gardien de la paix, âgé de 24 ans, a été mis en examen, notamment pour « homicide volontaire » concernant le conducteur.

Alors que des élections syndicales sont prévues fin 2022, cette affaire a exacerbé les tensions entre représentants des gardiens de la paix.

Le syndicat Unité SGP Police, concurrent d’Alliance, a ainsi décidé de ne pas appeler à manifester et de ne pas « prendre des positions pouvant porter préjudice » au collègue mis en examen, rappelant qu’il est présumé innocent.

A la tribune, le secrétaire général d’Alliance Fabien Vanhemelryck a répété que « le problème de la police, c’est la justice », une formule polémique prononcée il y a près d’un an lors d’un rassemblement devant l’Assemblée nationale.

A l’époque, 35.000 policiers s’étaient réunis aux abords du Palais-Bourbon, à l’appel de tous leurs syndicats.

– Militants anti-violences policières –

Le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche) et l’Union syndicale des magistrats (majoritaire) ont respectivement dénoncé une attaque contre l’Etat de droit et « un appel à manifester (…) nuisible et dangereux dans une démocratie ».

L’appel à manifester a été suivi dans une quarantaine de villes du pays, selon les syndicats.

A Bordeaux et à Lyon, une petite centaine de policiers se sont rassemblées devant le tribunal.

« Ce n’est pas évident d’être policier, les magistrats bien souvent lisent des procès-verbaux, ils sont derrière un bureau, quand nous sommes dans des situations dangereuses », souligne Adrien Lopez, 41 ans, un policier lyonnais.

A Strasbourg, environ 80 policiers, certains venus de Nancy, Metz ou Mulhouse, se sont réunis en milieu de journée devant l’hôtel de police. Certains portaient des affichettes « coupable d’être flic », ainsi que des cibles accrochées à leurs vêtements.

A Rennes et Lille, ils étaient une quarantaine, à Toulouse une cinquantaine.

« On est surpris de la qualification légale retenue, d’autant qu’il s’agit d’un jeune policier qui n’a pas du tout un profil +borderline+ », a estimé Antoine Davy, secrétaire départemental de l’Unsa Police en Haute-Garonne.

A Paris, une quinzaine de militants contre les violences policières se sont rassemblés face aux policiers et ont brandi des affichettes: « les politiques à la botte d’Alliance, ça suffit !!! » ou « L435-1 = arme de destruction massive », en référence à l’article du code de sécurité intérieur régissant l’usage des armes chez les policiers.

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