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Décès de Françoise Rudetzki, inlassable porte-parole des victimes d’attentats

Françoise Rudetzki, grièvement blessée lors de l'attentat du Grand Véfour en 1983 et depuis inlassable porte-parole des victimes du terrorisme, est décédée dans la nuit de mardi à mercredi à Paris, à l'âge de 73 ans...

Françoise Rudetzki, fondatrice de SOS Attentats, première association de défense des victimes d'actes de terrorisme, le 18 février 2011 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Lionel BONAVENTURE)

Françoise Rudetzki, grièvement blessée lors de l’attentat du Grand Véfour en 1983 et depuis inlassable porte-parole des victimes du terrorisme, est décédée dans la nuit de mardi à mercredi à Paris, à l’âge de 73 ans, a-t-on appris mercredi auprès de sa famille. 

Francoise Rudetzki passed away at the age of 73, AFP learnt on May 18, 2022. (FILES) In this file photo taken on September 19, 1999, Francoise Rudetzki, then head of « SOS attentats » (SOS attacks), an association for victims of terrorism, poses in Paris. (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – FRANCOIS GUILLOT)

« Jusqu’au bout, elle aura milité pour la reconnaissance et la prise en charge des victimes d’attentats », a déclaré sa fille Deborah Rudetzki, contactée par l’AFP.

Juriste, Françoise Rudetzki avait créé SOS Attentats, première association de défense des victimes d’acte de terrorisme, en décembre 1985, une date qui marquait le début d’une vague d’attentats meurtriers liés au conflit du Proche-Orient à Paris.  

Et dès 1986, elle avait obtenu la création du Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme, financé par un petit prélèvement sur chaque contrat d’assurance de biens, une garantie étendue en 1990 à l’ensemble des victimes d’infractions pénales (viols, agressions, braquages).

« Jusqu’à son décès », elle est restée « membre du conseil d’administration » du Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme et autres infractions (FGTI), ont indiqué dans leur communiqué les familles Rudetzki et Dab.

Le 23 décembre 1983, Françoise Rudetzki avait été victime d’un attentat à la bombe au restaurant le Grand Véfour, sous les arcades du Palais-Royal, à Paris, où elle fêtait ses dix ans de mariage avec son mari. L’explosion avait projeté une porte métallique qui avait écrasé les jambes de la jeune femme d’affaires.

« A cette époque, on ne parlait jamais des victimes », avait plus tard confié à l’AFP Françoise Rudetzki. « Le mot +victime+ était un peu comme un mot qu’il ne fallait pas prononcer et seuls les médecins s’occupaient des victimes ».

Par la suite, les chroniqueurs judiciaires l’auront croisée d’innombrables fois aux audiences et dans les couloirs du palais de justice de Paris, où elle se déplaçait à l’aide des cannes anglaises, elle qui, après l’attentat, avait subi des dizaines d’opérations.

« Françoise Rudetzki a toujours voulu se battre pour la dignité, pour la reconnaissance des droits » des victimes et « elle ne lâche jamais prise », avait déclaré le président François Hollande en lui rendant hommage en 2016 à l’Elysée, avant de la décorer de l’Ordre national du mérite.

Elle avait réussi à faire reconnaître aux victimes du terrorisme le statut de victimes civiles de guerre et la possibilité pour les associations de se porter parties civiles lors des procès.

Ses obsèques auront lieu dans la plus stricte intimité familiale, ont indiqué ses proches.

lbx/cb/npk

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