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Décès de Leonardo Del Vecchio, l’empereur italien de la lunette

Leonardo Del Vecchio, président du géant mondial de l'optique EssilorLuxottica et deuxième fortune d'Italie, est décédé lundi à l'âge de 87 ans à Milan, une nouvelle qui a...

Leonardo Del Vecchio, fondateur du fabricant de lunettes Luxottica et deuxième fortune d'Italie, est décédé à l'âge de 87 ans à Milan (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Handout)

Leonardo Del Vecchio, président du géant mondial de l’optique EssilorLuxottica et deuxième fortune d’Italie, est décédé lundi à l’âge de 87 ans à Milan, une nouvelle qui a bouleversé les milieux d’affaires et politiques.

À partir d’une petite fabrique créée en 1961 dans la région de Venise, Leonardo Del Vecchio avait fondé un empire de la lunette. Jusqu’au bout, celui qui a commencé à travailler dès l’adolescence défendait sa vision du capitalisme italien.

« Nous devons commencer à abattre les murs et à créer des champions nationaux, puis européens, pour rivaliser sur un pied d’égalité avec les géants internationaux », disait-il dans l’une de ses dernières interviews, donnée fin 2021 au quotidien Corriere della Sera.

L’entrepreneur souffrait d’une pneumonie et se trouvait depuis plusieurs semaines en soins intensifs à l’hôpital San Raffaele à Milan, selon les médias italiens.

EssilorLuxottica lui a un rendu un vibrant hommage: « Aujourd’hui, le monde a perdu un visionnaire: un génie entrepreneurial, un bon ami pour beaucoup et un homme incroyable à tous points de vue ».

« Del Vecchio était un grand Italien », a réagi le chef du gouvernement Mario Draghi. « Figure de proue de l’entrepreneuriat italien depuis plus de soixante ans, Del Vecchio a créé l’une des plus grandes entreprises du pays à partir de débuts modestes ».

– Success story à l’italienne –

En 2018, le milliardaire réalise son « rêve » : donner naissance au géant mondial de l’optique, en fusionnant son groupe Luxottica avec le français Essilor.

Luxottica est l’histoire d’une « success story » à l’italienne et d’un entrepreneur parti de rien.

Benjamin d’une famille de quatre garçons, Leonardo Del Vecchio naît à Milan en 1935. Sa mère le confie très jeune à l’orphelinat des Martinitt, étant incapable de subvenir aux besoins de toute la famille après la mort du père, vendeur de fruits et de légumes.

À 15 ans, Leonardo commence à travailler dans une fabrique de coupes et de médailles, dont le propriétaire l’incite à s’inscrire aux cours du soir de l’académie du musée Brera, pour étudier notamment le design.

En 1958, il ouvre un atelier de montures de lunettes à Agordo, en Vénétie. Trois ans plus tard, ce sera la naissance de Luxottica, spécialisée dans la production de petites pièces de lunetterie.

L’envol a lieu à partir de 1971, quand l’entreprise cesse de fabriquer pour des tiers afin de se consacrer uniquement à la réalisation et à la commercialisation de lunettes. Puis, dix ans plus tard, Luxottica part à l’attaque du marché américain.

Le groupe est aujourd’hui un géant de l’optique, coté à la Bourse de Paris. Comptant 180.000 salariés dans le monde, il a réalisé en 2021 un bénéfice net d’1,4 milliard d’euros et un chiffre d’affaires de 17,8 milliards d’euros.

Propriétaire de Ray Ban, Oakley ou encore Sun Glass Hut, le mastodonte fabrique également des lunettes pour des marques prestigieuses telles que Chanel, Prada ou Versace.

– Actionnaire influent –

Grâce au succès de son groupe, M. Del Vecchio, chevelure blanche et toujours vêtu avec élégance, était la deuxième fortune d’Italie, avec notamment sa holding Delfin basée au Luxembourg.

La richesse de ce père de six enfants nés de trois mères différentes a été estimée en avril par le magazine Forbes à 27,3 milliards de dollars.

Del Vecchio était aussi actionnaire influent de la banque d’affaires Mediobanca et de l’assureur Generali.

Associé à un autre milliardaire, le magnat de la construction Francesco Gaetano Caltagirone, il menait la fronde contre la reconduction du PDG de Generali, Philippe Donnet. Mais ce dernier a fini par être réélu par les actionnaires en avril.

M. Caltagirone, 79 ans, a salué « un grand Italien », sa « loyauté », sa « volonté de travailler pour le bien de l’entreprise » et « sa grande vision, également sociale ».

À l’occasion de son 80e anniversaire, Leonardo Del Vecchio avait offert 140.000 actions Luxottica à ses salariés italiens d’une valeur de 9 millions d’euros. « Ce sont eux les véritables artisans du succès de notre entreprise », expliquait-il.

bur-bh/gab/rhl

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