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Deux-Sèvres: des milliers de manifestants contre les « méga-bassines »

Des milliers d'opposants aux "méga-bassines", ces réserves d'eau géantes dédiées à l'irrigation agricole, ont défilé samedi à La Rochénard (Deux-Sèvres), lors d'une mobilisation émaillée de heurts sporadiques avec les forces...

Heurts entre gendarmes et manifestants opposés aux "méga-bassines", des réserves d'eau géantes dédiées à l'irrigation agricole, le 26 mars 2022 à La Rochénard (Deux-Sèvres) (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Sebastien SALOM-GOMIS)

Des milliers d’opposants aux « méga-bassines », ces réserves d’eau géantes dédiées à l’irrigation agricole, ont défilé samedi à La Rochénard (Deux-Sèvres), lors d’une mobilisation émaillée de heurts sporadiques avec les forces de l’ordre, sans faire de blessés.

Heurts entre gendarmes et manifestants opposés aux « méga-bassines », des réserves d’eau géantes dédiées à l’irrigation agricole, le 26 mars 2022 à La Rochénard (Deux-Sèvres) (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Sebastien SALOM-GOMIS)

Cette manifestation dénommée « Printemps maraîchin », prévue pour durer jusqu’à dimanche, a rassemblé dans l’après-midi entre 5.000, selon le bilan définitif de la préfecture, et 7.000 personnes, selon le Collectif Bassines Non Merci et la Confédération paysanne, les fers de lance de la mobilisation.

Manifestation d’opposants aux « méga-bassines », des réserves d’eau géantes dédiées à l’irrigation agricole, le 26 mars 2022 à La Rochénard (Deux-Sèvres) (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Sebastien SALOM-GOMIS)

Dans un communiqué, les organisateurs se sont félicités de « l’ampleur et la détermination inédites de ce nouveau rassemblement » et appellent « à plusieurs mois de mobilisation intense contre les méga-bassines tant que ces projets ne seront pas stoppés ».

En marge du cortège, des heurts ont opposé dans l’après-midi certains manifestants avec les forces de l’ordre pendant une heure, avec échanges de jets de pierre, de mortiers d’artifice, et de gaz lacrymogènes et grenades de désencerclement.

Peu avant, certains manifestants venaient de déterrer à coups de pelles et de pioches des éléments de canalisation, « destinés à être raccordés au réseau de futures bassines », selon les Soulèvements de la Terre, co-organisateur de la mobilisation.

Aucun blessé n’était à déplorer et il n’y a pas eu d’interpellation au cours de la manifestation selon la préfecture  qui « condamne fermement les dégradations sur les installations agricoles ».

Egalement soutenus par la LPO, EELV, Attac, ou encore La France Insoumise, les manifestants dénoncent « l’accaparement de l’eau par l’agro-industrie », « exigent l’arrêt des travaux » et « la mise en place d’un moratoire sur les projets de méga-bassines ».

« L’eau est bien commun, partageons là » , « Rechargez les nappes phréatiques avant de stocker l’eau », pouvait-on lire sur les banderoles brandies dans une foule composée de jeunes adultes et de retraités, de familles, de militants associatifs et syndicaux, ainsi que de personnes venues en bleu de travail ou encagoulées.

Un très important dispositif de gendarmerie avait été mis en place, les autorités craignant des débordements déjà survenus lors de précédentes manifestations.

Deux hélicoptères ont survolé le rassemblement à basse altitude tout au long de la journée, et de nombreux fourgons et escadrons de gendarmerie avaient été disposés dans les champs alentour.

Plusieurs armes blanches, dont de gros couteaux et des mortiers d’artifice, ont été saisis lors de fouilles préventives dans la matinée, selon la préfecture qui, comme celle de Charente-Maritime, avait interdit de manifestation un périmètre d’une dizaine de km dans les communes avoisinantes.

Pour répondre aux « anti-bassines », environ 200 agriculteurs se sont également réunis à Cramchaban (Charente-Maritime), quelques km plus loin, à l’appel de la Coordination rurale, pour un « rassemblement de défense » près d’une retenue dégradée lors d’une précédente manifestation. Un petit nombre prévoyait d’y rester « en surveillance » jusqu’au dimanche après-midi.

Les « bassines », des excavations recouvertes d’une membrane plastifiée, doivent être alimentées par les cours d’eau et nappes phréatiques en hiver pour servir l’été à des agriculteurs irrigant quand la ressource manque. 

Mais ces dernières années, l’opposition à ces projets s’est cristallisée dans les Deux-Sèvres, notamment à Mauzé-sur-le-Mignon où a été creusée la première des seize retenues prévues sur le bassin de la Sèvre niortaise, crucial pour l’alimentation du Marais poitevin. 

wig-elm-tsq/ff/dlm

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