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Education: le Sénat note sévèrement le bilan de Jean-Michel Blanquer

Pour les sénateurs qui ont fait le bilan des mesures éducatives du quinquennat, la mise en oeuvre des réformes du ministre Jean-Michel Blanquer a été dans de nombreux cas "mal accompagnée" donnant ainsi le sentiment de "naviguer à...

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer le 25 janvier 2022 à l'Assemblée nationale à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Thomas COEX)

Pour les sénateurs qui ont fait le bilan des mesures éducatives du quinquennat, la mise en oeuvre des réformes du ministre Jean-Michel Blanquer a été dans de nombreux cas « mal accompagnée » donnant ainsi le sentiment de « naviguer à vue », et de créer des « générations d’élèves cobayes ».

Manifestation le 13 janvier 2022 à Bordeaux des enseignants contre le protocole sanitaire dans les écoles (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Philippe LOPEZ)

« Il ne s’agit pas d’un bilan de la personne du ministre mais un bilan des politiques publiques elles-mêmes, assorti de 36 propositions », a rappelé lors d’une conférence de presse le président centriste de la commission de la Culture, de l’Education et de la Communication, Laurent Lafon.

Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, lance un comité de consultation sur l’enseignement des maths au lycée (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Yann COATSALIOU)

Sous le quinquennat de Jean-Michel Blanquer – le plus long de la Vème République pour un ministre de l’Education -, plusieurs réformes d’envergure ont été adoptées.

Cette commission du Sénat s’est basée durant six mois sur l’analyse de six objectifs et mesures phares: le lien entre école et société, l’abaissement de l’âge d’instruction à trois ans, le développement de l’école inclusive, la priorité donnée au primaire à travers les politiques de limitation des effectifs de la grande section au CE1, la réforme du lycée et l’attractivité du métier d’enseignant.

Le ministre « voulait bâtir une école de la confiance » avec la loi du même nom adoptée en 2019, « mais le constat est que la relation entre les Français et l’école reste dégradée », a noté la socialiste Marie-Pierre Monier, sénatrice SER de la Drôme.

Selon elle, « les enseignants continuent à se sentir mal aimés par la société » et « seulement 4% des professeurs des écoles considèrent que leur métier est valorisé », a-t-elle dit, évoquant la « défiance » pour qualifier la relation entre les personnels de l’Education et leur ministre.

Les sénateurs souhaitent ainsi la mise en place automatique d’une protection fonctionnelle pour les enseignants et « la même célérité dans le suivi des dépôts de plainte des enseignants que pour d’autres personnes chargées d’une mission de service public ». Ils préconisent aussi « une accélération des rendez-vous de carrière, afin d’améliorer la rémunération des enseignants ».

– Réforme du bac « au milieu du gué » –

Le dédoublement des classes de grande section au CE1 en éducation prioritaire, promesse du candidat Macron, a conduit « à des premiers résultats mitigés ». Le dédoublement et le plafonnement à 24 élèves par classe nécessitent 19.300 emplois. « Sur l’ensemble du quinquennat, seuls un peu plus de 7.000 ont été créés », regrettent les élus.

La réforme du baccalauréat est selon eux « au milieu du gué ». « L’accompagnement des élèves fait aujourd’hui défaut. 85% des professeurs principaux et 65% des proviseurs n’ont reçu aucune formation spécifique pour exercer leur mission d’orientation » et « de nombreux élèves ne bénéficient pas de leurs 54 heures d’orientation annuelles », pointent les élus, soulignant que « la réforme du lycée risque d’accroître les inégalités territoriales » entre établissements.

Sur le sujet d’actualité de l’enseignement des mathématiques, « Jean-Michel Blanquer conteste l’effondrement de cette matière mais les chiffres sont là. Il y avait 90% des élèves de terminale qui avaient un enseignement en mathématiques avant sa réforme. On est tombé à 59% », a tancé le sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques Max Brisson.

Pour y remédier, les sénateurs préconisent « d’introduire pour tous les élèves de première et de terminale un enseignement de mathématiques pouvant prendre la forme de mathématiques appliquées, de lutter contre les stéréotypes de genre associés à certains enseignements et de favoriser l’orientation des filles vers les spécialités et poursuites d’études scientifiques ».

asm/cel/ide

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