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Elisabeth Borne, une nouvelle Première ministre déjà face aux urgences et aux oppositions

Tout juste nommée Première...

La Première ministre Elisabeth Borne sur le péron de Matignon, à Paris, lors de sa prise de fonctions, le 16 mai 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - CHRISTIAN HARTMANN)

Tout juste nommée Première ministre,

Le Premier ministre sortant Jean Castex aux côtés d’Elisabeth Borne, nommée Première ministre, dans la cour de Matignon à Paris le 16 mai 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – CHRISTIAN HARTMANN)

est face à une double urgence: constituer son équipe gouvernementale et mener la bataille des législatives, tout en répondant aux attentes sur le pouvoir d’achat et le climat, relayées par des oppositions qui l’attendent au tournant.

Portrait d’Élisabeth Borne, nommée Première ministre par Emmanuel Macron le 16 mai 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Paz PIZARRO)

Mme Borne a déjeuné mardi avec Emmanuel Macron à l’Elysée où elle a passé trois bonnes heures avec le chef de l’Etat à plancher sur la composition du futur gouvernement. Celui-ci pourrait être dévoilé mercredi ou jeudi avant le prochain Conseil des ministres organisé le lendemain.

Selon l’entourage de la nouvelle cheffe du gouvernement, les deux têtes de l’exécutif penchent d’abord pour une nouvelle équipe gouvernementale « resserrée », qui sera ensuite étoffée dans un deuxième temps, probablement après les législatives des 12 et 19 juin.

Car c’est d’abord en tant que patronne de la majorité que l’ex-ministre du Travail, des Transports et de la Transition écologique aborde ses nouvelles fonctions, avec pour feuille de route de donner à nouveau une majorité à la macronie à l’Assemblée nationale.

Elle a choisi pour directeur de cabinet Aurélien Rousseau, 45 ans, ancien directeur général de l’Agence régionale de Santé d’Ile-de-France, ex-directeur adjoint de cabinet des Premiers ministres socialistes Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

« Courage à tous, très bonne campagne à tous ! », a-t-elle lancé, selon des participants, mardi matin aux députés de la macronie réunis au Palais-Bourbon, souhaitant « la majorité la plus large possible » pour « porter » le « programme clair et ambitieux » du président Emmanuel Macron.

Elle-même jamais élue, elle se présente dans la sixième circonscription du Calvados, qui avait placé nettement en tête M. Macron aux deux tours de la présidentielle. Selon son entourage, elle devrait y faire campagne dès la fin de la semaine.

Devenue lundi la deuxième femme à diriger le gouvernement français sous la Ve République, 30 ans après Edith Cresson, Elisabeth Borne, 61 ans, est relativement peu connue des Français. Ancienne du Parti socialiste, cette diplômée de l’Ecole nationale des Ponts et chaussées et de Polytechnique a notamment été présidente de la RATP, grande entreprise publique de transports, après avoir été une pupille de la Nation suite à la mort de son père alors qu’elle avait 11 ans.

« C’est une femme remarquable, au parcours républicain exemplaire. Elle a connu le monde de l’entreprise et connaît bien l’Etat. C’est la bonne personne pour relever les défis du moment », s’est félicité le président LREM de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, auprès de l’AFP.

– « Du sang et des larmes » –

Pour autant, Mme Borne ne peut pas compter sur quelque état de grâce face aux oppositions: l’insoumis Jean-Luc Mélenchon la considère comme « parmi les figures les plus dures de la maltraitance sociale » dans la macronie, tandis que l’ancienne candidate RN Marine Le Pen pronostique la « poursuite de la politique de mépris, de déconstruction de l’État, de saccage social ».

A l’image du secrétaire général de la CGT Philippe Martinez – « elle écoute mais elle n’entend pas » -, la plupart des responsables syndicaux jugent Mme Borne, qui a notamment conduit la réforme de l’assurance chômage et l’ ouverture à la concurrence du réseau SNCF, ouverte à la discussion mais souvent trop peu encline à dévier de sa ligne.

A droite, Xavier Bertrand, président (ex-LR) des Hauts-de-France, estime au contraire qu’avec cette nomination, le « Macron de gauche veut imposer une politique de gauche ». C’est « une personne de grande qualité, très intelligente, une énorme bosseuse. Après, il y a le problème qu’Elisabeth Borne est une personnalité très engagée à gauche », a abondé l’ex-candidate LR Valérie Pécresse.

– « Concertation » –

Sur le fond, Mme Borne a appelé lors de sa courte prise de parole sur le perron de Matignon lundi à « agir plus vite et plus fort » face « au défi climatique et écologique ».

M. Macron, qui recherchait un profil « social », « écologique » et « productif », a tracé dans un tweet les priorités de sa nouvelle cheffe du gouvernement, qui aura la prérogative du portefeuille de la Transition écologique: « Ecologie, santé, éducation, plein emploi, renaissance démocratique, Europe et sécurité ».

Mais c’est sur le pouvoir d’achat, sujet de préoccupation numéro un des Français, qu’elle devra d’abord convaincre, dans un contexte de forte inflation. Elle est surtout attendue au tournant pour lancer la réforme explosive des retraites.

Et il y aura « deux chantiers à ouvrir très vite: l’organisation territoriale de la santé, et l’organisation nationale de l’Education nationale et de sa déclinaison locale », a rappelé le patron des députés LREM, Christophe Castaner, sur France Inter, promettant « concertation » et « débats » de la part de cette ancienne préfète, qui devra incarner la « méthode refondée » promise par M. Macron.

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