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Ethiopie: mise en service dimanche du grand barrage de la Renaissance sur le Nil

L'Ethiopie commencera dimanche à produire de l'électricité de son grand barrage controversé sur le Nil, ont indique samedi à l'AFP...

Le Gerd en construction le 26 décembre 2019 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - EDUARDO SOTERAS)

L’Ethiopie commencera dimanche à produire de l’électricité de son grand barrage controversé sur le Nil, ont indique samedi à l’AFP des responsables éthiopiens. 

Carte d’Afrique de l’Est montrant le fleuve du Nil et la localisation du grand barrage éthiopien de la Renaissance (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Janis LATVELS)

« Demain (dimanche), interviendra la première production d’électricité du Grand barrage de la Renaissance » (Gerd), a affirmé à l’AFP un responsable du gouvernement éthiopien.

L’information a été confirmée par un second reponsable éthiopien, les deux hommes s’exprimant sous couvert d’anonymat en l’absence de communication officielle à ce sujet de la part des autorités éthiopiennes. 

« Cette nouvelle source d’électricité du Gerd vient à point pour relancer une économie minée par la combinaison d’une guerre dévastatrice, d’une hausse des prix des carburants et de la pandémie de covid-19 », a jugé Addisu Lashitew, expert de la Brookings Institution à Washington.

Le Gerd (« Grand Ethiopian Renaissance Dam ») constitue, depuis le lancement du projet en 2011, une sérieuse pomme de discorde avec le Soudan et l’Egypte, tous deux tributaires du Nil pour leurs ressources hydrauliques.

Le Caire invoque un « droit historique » sur le fleuve, garanti depuis un traité signé en 1929 entre l’Egypte et le Soudan, alors représenté par la Grande-Bretagne, puissance coloniale. L’Egypte avait obtenu un droit de veto sur la construction de projets sur le fleuve.

En 1959, après un accord avec Khartoum sur le partage des eaux, l’Egypte s’était attribué un quota de 66% du débit annuel du Nil, contre 22% pour le Soudan.

N’étant pas partie prenante de ces accords, l’Ethiopie ne s’est jamais considérée liée par eux et, en 2010, un nouveau traité signé par les pays du bassin du Nil, malgré l’opposition de l’Egypte et du Soudan, supprime le droit de veto égyptien et autorise des projets d’irrigation et de barrages hydroélectriques. 

Saisi l’été dernier, l’ONU avait recommandé aux trois pays de poursuivre leurs pourparlers sous l’égide l’Union africaine (UA). Le Caire et Khartoum, inquiets pour leur approvisionnement en eau avaient demandé à Addis Abeba de stopper le remplissage du barrage.  

L’Ethiopie avait néanmoins procédé en juillet dernier à la seconde phase de remplissage du barrage, annoncé comme un des plus gros d’Afrique avec un objectif de production initiale de 6.500 mégawatts, revue à la baisse à 5.000 MW, pour un coût total estimé à 4,2 milliards de dollars (3,7 mds d’euros).

Situé sur le Nil Bleu, à une trentaine de kilomètres de la frontière soudanaise, le Grand barrage de la Renaissance est long de 1,8 kilomètre et haut de 145 mètres.

rcb-txw/jhd 

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