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Feu vert de Rome à la privatisation de la nouvelle Alitalia

Après moult tentatives de Rome de se défaire d'Alitalia, qui a plombé les comptes publics, le gouvernement de Mario Draghi a ouvert vendredi la voie à la privatisation de la jeune...

ITA Airways est née le 15 octobre 2021 des cendres d'Alitalia (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Handout)

Après moult tentatives de Rome de se défaire d’Alitalia, qui a plombé les comptes publics, le gouvernement de Mario Draghi a ouvert vendredi la voie à la privatisation de la jeune pousse née de ses cendres, ITA Airways.

Le logo d’ITA Airways, qui est en quête de repreneurs (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Handout)

Premiers prétendants sur les rangs, le géant du transport maritime MSC et son allié Lufthansa avaient manifesté leur intérêt dès janvier, deux ans après un projet avorté de la compagnie allemande de s’emparer d’Alitalia.

Un avion d’ITA Airwys porte l’inscription « Born in 2021 », avant son décollage de l’aéroport Fiumicino à Rome, le 2 décembre 2021 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Vincenzo PINTO)

Le gouvernement a présenté en conseil des ministres « un décret permettant de commencer le processus de recherche de partenaires pour ITA Airways », en vue d’une « offre publique ou une vente directe », a annoncé le ministre de l’Economie Daniele Franco.

Rome a décidé d’ouvrir le processus de vente à tous les repreneurs potentiels, sans accorder à MSC et Lufthansa la « période de 90 jours d’exclusivité » qu’ils avaient demandée.

« Nous prévoyons que, dans une première phase, le gouvernement conservera une part minoritaire et non de contrôle, qui pourra être vendue ultérieurement », a précisé M. Franco.

MSC avait justement proposé de racheter « la majorité » du capital d’ITA Airways et demandé que le gouvernement « conserve une participation minoritaire ».

La valeur d’entreprise d’ITA Airways est estimée par les experts entre 1,2 et 1,4 milliard d’euros.

Une cession d’ITA Airways serait un succès majeur pour le gouvernement, car au fil des années, l’État italien a dû débourser plus de 13 milliards d’euros pour tenter de remettre à flot la compagnie nationale.

Mais rien n’y a fait: Alitalia, placée sous administration publique en 2017, a accumulé des pertes de 11,4 milliards d’euros entre 2000 et 2020 avant de mettre la clef sous la porte.

Sa dérive inexorable a été exacerbée par la pandémie de Covid-19, qui a cloué au sol les compagnies aériennes du monde entier.

ITA Airways, qui a pris son envol le 15 octobre 2021, est à la recherche de partenaires afin de se renforcer surtout dans le long-courrier.

– Argent du contribuable- 

« Une cession à MSC et Lufthansa pourrait être le dernier chapitre d’une histoire qui a déjà coûté trop d’argent au contribuable », a déclaré à l’AFP Andrea Giuricin, économiste des transports à l’université Bicocca de Milan.

Une alliance avec Lufthansa pourrait selon lui permettre à ITA Airways de développer son fort potentiel pour des vols en Amérique du Sud.

« ITA Airways ne pourra pas survivre seule, sans le soutien d’une grande compagnie européenne. Pendant les deux premiers mois et demi de son existence, elle a perdu 135 euros par passager transporté », fait valoir M. Giuricin.

Elle a essuyé une perte opérationnelle de 170 millions d’euros l’an dernier, transportant 1,26 million de passagers entre la mi-octobre et fin 2021.

L’armateur italo-suisse MSC compte, lui, sur des synergies dans le fret et le transport de passagers. Le groupe dirigé par la famille Aponte, dont fait partie MSC Croisières, est numéro un mondial du fret maritime.

MSC a profité de la flambée des prix du fret et de la forte demande que connaît le transport maritime mondial depuis mi-2020, une fois dépassé le choc initial de la pandémie.

– Concurrence des low cost –

ITA Airways n’est pas sa seule cible, MSC ayant proposé en décembre au groupe français Bolloré de lui racheter ses activités de logistique en Afrique.

Grâce à des alliés de taille, ITA Airways pourra « mieux résister à la concurrence des compagnies à bas coûts », a expliqué M. Giuricin.

La part de marché de son ancêtre Alitalia sur les lignes internationales au départ et à l’arrivée d’Italie était limitée à 7,7% en 2020, loin derrière Ryanair (29,5%), Easyjet et Lufthansa.

Le bouillant PDG de Ryanair Michael O’Leary a assuré mercredi à la presse italienne « n’avoir jamais eu peur » d’ITA Airways, qui finirait comme « compagnie low cost de Lufthansa ».

En guise de réponse, ITA s’est offert des pages de pub dans les journaux pour l’inviter à prendre place à bord d’un de ses vols pour « pouvoir enfin vivre cette expérience dont il n’a probablement pu que rêver, car très différente des low cost ».

bh/glr/LyS

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