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Fin de cavale pour le policier soupçonné de féminicide

Le policier soupçonné d'avoir tué sa compagne Amanda Glain fin janvier à Paris s'est rendu mardi dans le Var après trois semaines de cavale, la famille de la victime demandant que "justice...

Le policier soupçonné de féminicide à Paris s'est rendu dans le Var (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - DENIS CHARLET)

Le policier soupçonné d’avoir tué sa compagne Amanda Glain fin janvier à Paris s’est rendu mardi dans le Var après trois semaines de cavale, la famille de la victime demandant que « justice soit rendue » après ce « crime de sang-froid ».

Ce gardien de la paix de 29 ans, Arnaud B. a appelé la gendarmerie vers 09H45 pour signaler sa présence chez son père, à Montmeyan (Var) où il a été interpellé sans résistance, selon des sources concordantes.

Vendredi, dans une déclaration à BFMTV, son père lui avait demandé de se « rendre sans délai » et avait invité les personnes qui ont pu l’aider dans sa fuite à se manifester.

« Arnaud, si tu me vois, si tu m’entends, si tu vois ce message, je te demande de te rendre sans délai dans un commissariat ou une gendarmerie la plus proche », a dit son père, Gérard, dans ce message vidéo.

Il est en garde à vue pour « homicide volontaire sur conjoint, concubin ou partenaire », a précisé une source judiciaire.

Selon une source proche du dossier, le suspect était transféré à Paris mardi soir et devait être entendu dans la foulée par les enquêteurs du 2e district de la police judiciaire parisienne, chargés de l’enquête.

– « Il est venu me dire adieu » –

« Il est venu me dire adieu avant de se rendre. Toutes mes pensées vont vers Amanda », a déclaré mardi son père à BFMTV, ajoutant que son fils « ne comprend pas pourquoi elle a disparu ». Or, la jeune femme a été découverte étranglée dans la salle de bain du suspect.

Le père du gardien de la paix avait qualifié vendredi Amanda de « rayon de soleil, toujours souriante, adorable » et avait décrit son fils comme un homme « un brin possessif », mais qui n’avait « jamais été colérique ».

Arnaud B. était recherché depuis le 28 janvier, jour de la découverte dans son appartement du XIXe arrondissement de Paris du corps de sa compagne, âgée de 28 ans et décédée par strangulation, comme l’a révélé l’autopsie. 

Le corps de la jeune femme avait été découvert par des policiers parisiens venus au domicile du suspect, affecté au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). Ses collègues avaient donné l’alerte ne le voyant pas à sa prise de service.

Mardi soir, dans un communiqué à l’AFP, la famille d’Amanda Glain a demandé « que justice soit rendue pour l’acte inhumain infligé à celle qui restera à jamais leur petite fille et grande sœur chérie ».

Elle s’est « félicitée » du succès de l’appel à témoins lancé par le juge d’instruction qui a « enfin permis de mettre un terme à cette insupportable cavale ».

Elle a toutefois émis le « regret que ni les enquêteurs ni la procureure de la République de Paris n’aient procédé à la diffusion » immédiate d’un tel appel, une « carence (qui) a fatalement contribué à faciliter la fuite de l’auteur des faits et à accroître ainsi la souffrance et les craintes des proches d’Amanda ». 

L’interpellation a été annoncée mardi matin par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin via Twitter.

Sa voiture, son arme de service et ses deux chargeurs avaient été retrouvés les 11 et 12 février à Amiens sur le parking d’un fast-food, après un appel à témoins lancé le 10 février.

« Peu de temps après les faits », selon une source judiciaire, le policier avait retiré 1.500 euros à Breteuil, dans l’Oise, commune située à une centaine de kilomètres de la capitale.

Samedi, un nouvel appel à témoin avait été diffusé avec deux nouvelles photos du policier pour tenter de le retrouver.

Parallèlement, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a demandé une enquête administrative sur d’éventuels manquements concernant l’autorisation de port d’arme accordée au policier. Celui-ci est connu pour violences conjugales et sa fragilité psychologique, selon une source proche du dossier.

Arnaud B. avait été placé en garde à vue en octobre 2019 pour des violences sur sa compagne de l’époque et avait écopé d’une alternative aux poursuites, un stage de sensibilisation aux violences conjugales.

Sur le plan administratif, il avait été sanctionné d’un simple avertissement, la sanction disciplinaire la plus basse de la fonction publique, non inscrite dans le dossier de l’agent. 

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