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Fini le masque au bureau: « enfin! » disent les uns, « bêtise! » disent les autres

Un petit morceau de textile devenu un incontournable de la vie de bureau: le masque ne sera officiellement plus obligatoire en entreprise lundi, un soulagement pour les uns...

Les salariés pourront retirer leur masque en entreprise, à partir du 14 mars (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Christof STACHE)

Un petit morceau de textile devenu un incontournable de la vie de bureau: le masque ne sera officiellement plus obligatoire en entreprise lundi, un soulagement pour les uns, une source de tracas pour d’autres.

Dans le quartier de La Défense à Paris, où se trouvent de nombreux immeubles de bureaux, le 16 octobre 2020, pendant l’épidémie de coronavirus (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Christophe ARCHAMBAULT)

Face au Covid-19, cette protection a été imposée dans les entreprises le 1er septembre 2020. Le protocole sanitaire – document de référence face au virus – qui « disparaît » lundi, prévoyait que son port devait être « systématique au sein des entreprises dans les lieux collectifs clos ».

Des bureaux de La Défense, quartier d’affaires près de Paris, le 7 octobre 2020, lors d’un des pics de la pandémie de Covid-19 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Christophe ARCHAMBAULT)

Au vu de la décrue sur le front sanitaire, le Premier ministre Jean Castex a annoncé début mars la « fin du port du masque obligatoire dans tous les lieux où il est encore » appliqué, à compter du 14 mars, dont les lieux de travail.

Le masque étant « un vrai symbole », le pplus devoir le porter sur son lieu de travail peut même s’assimiler à « enlever la pandémie » (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Ina FASSBENDER)

Les employeurs, inquiets de voir leur responsabilité engagée, pourront toutefois continuer d’imposer le masque s’ils estiment qu’il y a « un risque spécifique dû à l’activité », selon des avocats en droit social interrogés par l’AFP. Ainsi, l’avocate Déborah David juge que son maintien pendant « un délai raisonnable » serait « légitime ».

Reste que pour les entreprises, la fin de l’obligation inscrite dans le protocole est un soulagement.

« C’est vraiment une attente d’impatience énorme des gens. Ils n’en peuvent plus! On sent que c’est vraiment une souffrance », assure Benoit Serre, vice-président de l’Association nationale des DRH. Lui-même, « arrivé chez L’Oréal il y a moins d’un an », n’a jamais vu le visage entier de certains collègues.

– « Enlever la pandémie » –

Il estime qu’en corolaire « cela va aider à relancer la convivialité ». Le masque étant « un vrai symbole », l’enlever peut même s’assimiler à « enlever la pandémie », dit-il… tout en glissant qu’il espère ne pas le voir revenir dans trois mois.

A propos des salariés vulnérables qui pourraient ainsi devenir plus visibles, Benoit Serre assure que ce sera une gestion « à l’individu »: « le masque était obligatoire pour tout le monde, on ne dit pas: le +sans masque+ est obligatoire pour tout le monde ».

Pour Corentin Boulanger, chargé de prévention en santé et sécurité au travail dans l’agroalimentaire dans le Nord-Pas-de-Calais, porter le masque pendant deux ans au bureau, « c’était compliqué ». Difficulté à « s’exprimer, se faire comprendre », c’était quelque chose de « relativement désagréable », dit-il, « franchement » content que cela s’arrête.

C’est la tonalité de nombreux messages sur les réseaux sociaux: « Enfin la fin du masque au travail, c’était un enfer », « Le retour de la liberté », un autre se dit impatient d’en « finir avec cette foutue histoire ».

Mais Paul, consultant dans l’automobile à Paris, estime « pas possible » la levée de l’obligation au vu de la situation sanitaire et déplore une décision « purement politique ». « Ca risque de repartir de plus belle », redoute ce quinquagénaire.

– « Il va nous manquer? » –

Quant à la possibilité de garder le masque, il souligne que cela « ne sert à rien si la personne en face n’en porte pas ». Des messages sur les réseaux sociaux jugent ainsi « égoïste » son retrait ou dénoncent « un doigt d’honneur » aux immunodéprimés.

Des internautes ont des soucis plus prosaïques: savoir comment cacher désormais leurs « gros bâillements en réunion », réapprendre à « sourire avec la bouche et non juste les yeux », « connaître à nouveau les joies des haleines fétides et des postillons »…

Au-delà d' »un certain soulagement, un meilleur confort » pour les salariés, Elisabeth Pélegrin-Genel, architecte et psychologue du travail, s’interroge: « La fin du masque veut-elle dire qu’on oublie cette espèce de bulle individuelle qu’on avait toujours avec nous en restant à distance des autres? »

Le masque avait « un effet protecteur au sens propre comme au figuré » et « redonnait une forme d’intimité », pointe-t-elle.

Une fois habitués à son port, le masque était devenu « une mini-victoire sur la visibilité permanente de tout et de tous », poursuit-elle. « Ne nous manquera-t-il pas? ». 

chl/bfa/fmp/vk

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