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Houellebecq promis à un best-seller avec « Anéantir »

"Anéantir", le huitième roman de Michel Houellebecq, est arrivé dans les rayons vendredi et semble promis à un démarrage en trombe après avoir suscité déjà une myriade de commentaires...

Michel Houellebecq le 25 avril 2019 à Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Lionel BONAVENTURE)

« Anéantir », le huitième roman de Michel Houellebecq, est arrivé dans les rayons vendredi et semble promis à un démarrage en trombe après avoir suscité déjà une myriade de commentaires et critiques, élogieux souvent, acerbes parfois.

(Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Greg OZAN)

Cette longue fiction (736 pages) anticipe les années 2026 et 2027 où « la France [est] en déclin » mais les élites bourgeoises ne s’en sortent pas si mal.

L’écrivain français le plus influent au monde n’est pas celui qui vend le plus de livres dans son pays. Mais Flammarion a misé sur un premier tirage considérable de 300.000 exemplaires, contre 400.000 en septembre pour le champion national Guillaume Musso.

Preuve de son succès au-delà des frontières: les traductions italienne (« Annientare »), allemande (« Vernichten ») et grecque paraissent entre vendredi et mardi. L’anglaise attendra le second semestre.

« C’est le plus grand écrivain français vivant, d’une part. Et puis je pense que c’est contre-culturel: c’est un mâle blanc hétérosexuel, donc c’est ce qu’il nous faut aujourd’hui », disait à l’AFP l’un de ses fans hispano-argentins qui achetait le roman vendredi matin à Paris, Leonardo Orlando.

Michel Houellebecq, qui cultive une image de dépressif réactionnaire, s’est moqué lui-même de son succès dans l’unique entretien qu’il ait accordé à l’occasion de cette parution, au Monde fin décembre.

« J’écris pour recueillir des applaudissements. Pas pour l’argent mais pour être aimé, admiré ». Et de se comparer son métier à la prostitution: « On est content de faire plaisir ».

Les provocations de cet acabit ne manquent pas dans « Anéantir ». Entre remarques misogynes, xénophobes, piques contre la médiocrité culturelle et spirituelle contemporaine et mépris des pauvres, le narrateur houellebecquien, non identifié, envoie son lot habituel d’aigreur.

Certains critiques, comme ceux de Mediapart, l’ont déploré. « Tous ces propos nauséabonds sont distillés par petites touches, comme en mode mineur », remarquent-ils.

– Fuite –

D’autres, comme celui du Monde, lui ont trouvé beaucoup de finesse: « Les pages les plus poignantes de son roman sont celles où il parvient à faire surnager, au milieu de la solitude et de la déréliction, des gestes fugaces qui vous font pleurer ».

« Ils ne semblent pas parler du même livre », a conclu le journaliste Daniel Schneidermann, après avoir lu ces deux critiques extrêmes.

L’Obs, les Inrocks, L’Humanité n’ont pas aimé du tout. Le romancier a dérivé loin des opinions traditionnelles de ces titres de gauche.

Les quotidiens Le Figaro et Libération, pourtant de bords opposés, sont tombés d’accord pour louer un récit abouti, tout comme le magazine Elle ou des journaux régionaux tels Ouest-France et La Voix du Nord.

Le débat critique n’est pas seul à aiguiser la curiosité des lecteurs.

Que faire contre le piratage qui a rendu le livre disponible dès avant Noël sur des sites internet illégaux? Certains sont allés jusqu’à émettre l’hypothèse (sans aucune preuve) que l’auteur était lui-même à l’origine de la fuite.

L’objet conçu par Flammarion, avec les directives de l’écrivain, vaut-il la comparaison, souvent entendue, avec un volume de la Bibliothèque de la Pléiade? Ce n’est pas l’avis de tous: « En vérité, le livre est vilain, il ressemble à une vieille édition de Ginette Mathiot, +Je sais cuisiner+ », d’après l’éditrice Cécile Dutheil de La Rochère dans la revue En attendant Nadeau.

Les acheteurs du roman interrogés par l’AFP vendredi, principalement des hommes, disaient être intéressés avant tout par le « contenu », pas par l’objet.

La sortie tant attendue devrait bien lancer l’année pour les libraires, alors que la précédente avait fini très fort. Beaucoup d’entre eux ont dû expliquer à leurs clients que non, avant le 7 janvier, ils ne vendaient pas le nouveau Houellebecq.

« Ça permet de faire entrer beaucoup de gens en librairie. (…) C’est un auteur qui compte, quelle que soit son opinion, et qui fait partie du patrimoine de la littérature française », a expliqué à l’AFP la directrice adjointe de la libraire parisienne Ici, Elodie Murzi.

hh/mch/or

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