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La franco-iranienne Fariba Adelkhah réincarcérée à Téhéran

La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah a été de nouveau incarcérée à Téhéran, en pleine négociations sur le nucléaire iranien, poussant Paris, qui les trouve déjà trop lentes, à mettre en garde mercredi contre "les...

La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah en 2012 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - Thomas ARRIVE)

La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah a été de nouveau incarcérée à Téhéran, en pleine négociations sur le nucléaire iranien, poussant Paris, qui les trouve déjà trop lentes, à mettre en garde mercredi contre « les conséquences négatives » de ce retour en prison.

Le portrait de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah est affiché le 5 juin 2020 sur une porte de l’Hôtel de ville de Paris (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – BERTRAND GUAY)

« Nous apprenons avec stupeur et indignation la réincarcération dans la prison d’Evin de Fariba Adelkhah », a annoncé son comité de soutien à Paris dans un communiqué, dénonçant des agissements « cyniques » du pouvoir iranien qui utiliserait le cas de la chercheuse « selon des fins extérieures ou intérieures qui demeurent opaques ».

« La décision de sa réincarcération, que nous condamnons, ne peut qu’avoir des conséquences négatives sur la relation entre la France et l’Iran et réduire la confiance entre nos deux pays », a déclaré dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères, exigeant la « libération immédiate » de la chercheuse.

Arrêtée en juin 2019 et condamnée en mai 2020 à cinq ans de prison pour atteintes à la sécurité nationale, ce que ses soutiens ont toujours démenti. Elle était aux arrêts domiciliaires depuis octobre 2020.

Ce revirement survient alors que l’Iran et plusieurs pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie, Chine, plus les Etats-Unis de manière indirecte) ont relancé en novembre les pourparlers pour sauver l’accord de 2015 (« JCPOA »), censé empêcher Téhéran de se doter de l’arme atomique, un dossier particulièrement brûlant et scruté dans toute la région.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a estimé mardi que les négociations étaient « trop lentes », semblant réduire l’optimisme qu’il avait exprimé quelques jours plus tôt.

– Discussions « trop lentes » –

« Les discussions sont en cours mais de notre point de vue elles sont lentes, trop lentes », a-t-il déclaré. Cette situation « compromet la possibilité de trouver dans un calendrier réaliste une solution respectueuse des intérêts de chacun », a-t-il souligné.

Le chef de la diplomatie française s’était ainsi montré moins optimiste que quelques jours plus tôt, quand il estimait vendredi que les négociations évoluaient sur un « chemin plutôt positif » et se disant « convaincu » de la possibilité de trouver un accord.

Les pourparlers visent à faire revenir dans le pacte Washington, qui l’a quitté en 2018, et de ramener Téhéran au respect de ses engagements, rompus en réaction au rétablissement des sanctions américaines.

« Alors que la pandémie de Covid continue de battre son plein le gouvernement iranien met délibérément en danger la santé et même la vie de Fariba Adelkhah – la mort en détention du poète et réalisateur Baktash Abtin, samedi dernier, ayant démontré son incapacité ou son mauvais vouloir à garantir la sécurité de ses détenus », a dénoncé le comité de soutien de Mme Adelkhah.

Le poète, cinéaste et dissident iranien Baktash Abtin est décédé en prison après y avoir contracté le Covid-19, ont révélé samedi dernier plusieurs organisations de défense des droits humains, accusant Téhéran d’être responsable de ce décès.

L’Iran détient plusieurs ressortissants bi-nationaux et un autre citoyen français, Benjamin Brière. Ils sont parfois accusés d’espionnage. Au cours des dernières années, la République islamique a procédé à plusieurs échanges de détenus avec des pays étrangers.

L’avocate iranienne et Prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi a estimé par le passé que  Fariba Adelkhah était « otage » de Téhéran à des fins de marchandage.

Cette annonce du retour en prison de Mme Adelkhah survient le même jour que celle du BritishCouncil, organisme de promotion de la culture britannique à l’étranger, sur le retour au Royaume-Uni de l’une de ses employées, Aras Amiri, après son acquittement en Iran où elle avait été condamnée en 2019 pour espionnage.

fz/

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