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La pré-éclampsie, un poison pour la grossesse

Camille Abbey était à deux mois du terme de sa première grossesse lorsqu'elle a senti que quelque chose n'allait pas. Elle apprend alors qu'elle souffre de pré-éclampsie, une complication potentiellement mortelle qui...

La pré-éclampsie, maladie connue depuis des siècles et liée à un dysfonctionnement du placenta, se produit dans 2% à 8% des grossesses (Crédit photo : © MYCHELE DANIAU)

Camille Abbey était à deux mois du terme de sa première grossesse lorsqu’elle a senti que quelque chose n’allait pas. Elle apprend alors qu’elle souffre de pré-éclampsie, une complication potentiellement mortelle qui affecte 5 à 7% des femmes enceintes.

En cas de pré-éclampsie, même l’accouchement du bébé échoue parfois à mettre la mère complètement hors de danger (Crédit photo : © FRED DUFOUR)

« Je m’étais sentie bizarre toute la semaine », a raconté à l’AFP la jeune femme de 33 ans, qui attendait des jumeaux.

« J’avais énormément enflé. J’avais beaucoup de mal à bouger. Je ne me sentais vraiment pas bien ». Sa sage-femme constate que sa tension artérielle a augmenté et l’envoie à l’hôpital, où le diagnostic est posé: une pré-éclampsie. 

Cette maladie, connue depuis des siècles et liée à un dysfonctionnement du placenta, se produit dans 2% à 8% des grossesses – 2% en France. Elle se traduit par de l’hypertension et l’apparition de protéines dans les urines. 

Mais elle se développe d’abord en silence, sans que la femme enceinte ne ressente de symptôme. Un compte à rebours se déclenche alors. 

Une fois que les symptômes apparaissent, ils empirent et peuvent entraîner une défaillance des reins ou du foie, des hémorragies internes ou des convulsions, mettant en jeu la vie de la mère et de son bébé dans 10% des cas.

A ce stade, le seul traitement consiste à mettre au monde le fœtus, même s’il est prématuré, et expulser le placenta, pour espérer que tout rentre dans l’ordre. 

La pré-éclampsie et sa forme la plus grave, l’éclampsie –des crises potentiellement mortelles–, font partie des « causes majeures » de mortalité maternelle dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. La plupart des décès surviennent dans des pays à faible revenu. 

Emmanuelle Honoré a échappé au pire. Elle avait 34 ans et ne présentait aucun facteur de risque, mais ses mains et ses pieds avaient enflé dix jours avant la date de son accouchement programmé. Les médecins lui ont dit de ne pas s’inquiéter, mais elle a décidé de surveiller sa tension artérielle à la maison et finalement de se rendre à pied à l’hôpital – une décision qui lui a en fait sauvé la vie.    

– « Question de minute » –

« Quand je suis arrivée aux urgences de la maternité, ils ont pris ma tension et n’ont pas attendu le retour des résultats des tests sanguins pour décider une césarienne d’urgence. » 

Immédiatement après, elle a commencé à avoir des convulsions. « C’était une question de minute. Le bébé et moi avons été incroyablement chanceux », a-t-elle témoigné. « Pendant la crise, je me suis sentie partir. » 

Aujourd’hui, son fils est en bonne santé et aura trois ans en février. Mais une nouvelle grossesse serait encore plus risquée. « Pour moi, il y a un avant et un après, ce sont deux vies différentes », confie-t-elle. 

Même l’accouchement du bébé échoue parfois à mettre la mère complètement hors de danger. Frédérique Hood, 60 ans, était pré-éclamptique lorsqu’elle a eu son deuxième enfant en 2000. Des mois plus tard, elle se sentait toujours mal, mais son médecin a qualifié ses symptômes de « fatigue normale » après l’accouchement. « J’avais constamment l’impression d’être à bout de souffle », se souvient-elle. « Je me réveillais épuisée et je l’étais tout le temps. » 

Il a fallu cinq ans aux médecins pour lui prescrire des médicaments contre l’hypertension artérielle, un traitement qu’elle suivra à vie. 

« On est dans une ère où les innovations thérapeutiques sur le cancer, sur le vaccin, sur la thérapie génique, avancent très très vite. Malheureusement, dans le domaine de la grossesse, les choses vont beaucoup plus lentement », regrette Vassilis Tsatsaris, gynécologue-obstétricien à la Maternité Port-Royal (Hôpital Cochin AP-HP).

« La raison, c’est qu’il y a des freins éthiques liés au fait qu’on ne peut pas expérimenter de la même façon un traitement chez une femme qui n’est pas enceinte et chez une femme qui est enceinte parce qu’il y a toujours la crainte d’effets secondaires pour le fœtus », explique-t-il.

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